Blog Archives


Quels suppléments pour toujours atteindre la bonne dose de calcium ?

Résumé :

Le calcium est un nutriment indispensable à notre santé. Pour autant, une grande majorité de la population est en déficit de calcium, particulièrement les femmes, ce qui est une des causes de très nombreuses ostéoporoses. S’il vaut mieux favoriser les apports de calcium par l’alimentation, ce n’est pas toujours possible, ni facile. Il faut alors soigneusement choisir ses supplémentations, car certains suppléments traversent le système digestif sans aucun bénéfice pour le patient…

Calcium Ostéoporose - homNesLe calcium, c’est la vie !

Nous savions déjà que la calcium est indispensable à notre vie et à notre santé, aussi bien à court terme qu’à long terme…

En effet, chaque fois que le cœur se contracte, qu’un muscle se gonfle, qu’un influe nerveux court le long d’un nerf, une abondante quantité de calcium est mobilisée dans les manœuvres biochimiques de notre corps… Car le calcium intervient directement dans les échanges au niveau cellulaire.

En outre, le calcium protège le système digestif de plusieurs types de cancer (rectum, colon…), contribue à réguler la tension cardiovasculaire des personnes hypertendues… Il est également très important pour les femmes enceintes : d’une part, pour que le bébé commence à constituer son squelette sans que celui de la maman soit fragilisé, d’autre part pour diminuer les risques d’éclampsie.

De ce fait, sa concentration sanguine est régulée dans des proportions extrêmement étroites, ce qui fait qu’on ne repère presque jamais de déficit de calcium dans le sang.

Dès que le sang manque un tant soit peu de calcium, le corps envoie un ordre aux reins pour qu’ils diminuent les rejets, aux intestins pour qu’ils augmentent l’absorption. En cas d’insuffisance, le corps envoie l’ordre au squelette de libérer du calcium, ce qui, vous vous en doutez, entraîne une déminéralisation osseuse.

A long terme, si la déminéralisation l’emporte sur la reminéralisation, l’os se fragilise, et l’ostéoporose s’installe insidieusement…

Ni trop, ni trop peu

Il suffit d’un déséquilibre très léger : un déficit de métabolisation de 25 mg par jour au niveau de l’os est suffisant pour perdre 30% de ses os en 30 ans…

Mais pour assurer cet équilibre, il faut suffisamment de calcium dans l’alimentation.

Car si le corps est capable de diminuer les pertes de calcium par les urines, les fuites existent toujours, fuites qu’il est indispensable de compenser…

Et plus les apports sont importants, plus les fuites sont élevées.

Il est donc indispensable d’apporter beaucoup plus de calcium que ce dont notre corps aurait théoriquement besoin.

D’ailleurs, des études médicales ont montré qu’une supplémentation en calcium associée à la vitamine D permet de réduire la perte osseuse et les risques de fractures chez les personnes âgées. Pour autant, malgré ces preuves réelles, certains militants de la nature continue à écrire le contraire sur internet…

Pour autant, il est important d’éviter d’apporter trop de calcium : cela peut entraîner des problèmes de santé plus ou moins importants, à commencer par des troubles digestifs, des difficultés d’absorption d’autres nutriments (fer et zinc, notamment), des calculs rénaux, des calcifications des tissus et des tendons… Toutefois, les problèmes de calcification proviennent souvent d’un défaut d’absorption d’eau de boisson (calculs par exemple), ou d’une inflammation des tissus…

Comme pour beaucoup d’autres nutriments, trop peu ou beaucoup trop, l’excès et le déficit en calcium sont des ennemis de notre santé.

Les recommandations françaises (Apports Nutritionnels Conseillés) sont de :

  • 900 mg par jour pour les adultes de plus de 19 ans,

  • 1000 mg par jour pour les femmes enceintes ou allaitantes,

  • 1200 mg par jour pour les femmes de plus de 55 ans et les hommes de plus de 65 ans.

Les limites à ne pas dépasser ont été fixées par l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire à 2.500 mg/jour.

Le calcium dans l’alimentation

Les meilleures sources d’apports en calcium, les plus facilement assimilables, sont dans l’alimentation.

On trouve du calcium dans de très nombreux aliments, parfois en quantités importantes, parfois en quantités plus limitées.

Toutes les sources de calcium ne sont pas équivalentes, car certains aliments apportent un calcium que le corps ne sait pas assimiler (épinards par exemple) ou entraînent des effets négatifs à long terme (lait liquide non fermenté, qui entraîne une légère inflammation chronique).

On entend très souvent dire, sous l’influence de certains groupes, que le meilleur calcium vient des végétaux. C’est une grande simplification qui entraîne des déficits importants en calcium, si l’on n’y prend pas garde… La concentration de calcium dans les végétaux ne semble importante que quand on la mesure sur des végétaux complètement desséchée. Or, pour prendre l’exemple des choux, ils sont principalement consommés cuits à l’eau (brocolis, choucroute…), et s’il est possible de les consommer cru (choux fleurs, choux rouges par exemple), ils contiennent une proportion d’eau prépondérante.

Par les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales, les viandes, il est difficile de dépasser des apports de quelques centaines de mg de calcium par jour (300 à 400 mg/jour), très loin des apports conseillés (900 à 1.200 mg).

Il est donc important de consommer des aliments à haute densité en calcium pour atteindre les apports recommandés.

Il s’agit des produits laitiers fermentés, et particulièrement les yaourts dont des études récentes ont montré tous les bienfaits pour la santé osseuse et la santé générale (par contre, on évitera les produits laitiers non fermentés, particulièrement le lait liquide qui entraîne une inflammation chronique du corps et, à long terme, un affaiblissement osseux et général).

On trouve également du calcium assimilable dans de nombreuses eaux minérales (il est important de regarder les étiquettes pour trouver celles qui ont des contenus supérieurs à 400 mg/l).

Enfin, les petits poissons qui peuvent être consommés avec les arêtes (sardines, anchois, maquereaux, et, dans certains cas, saumon) apportent des quantités très intéressantes de calcium que le corps sait assimiler.

Pour savoir où l’on en est, il est important de faire un calcium manuel de ses apports en calcium pour vérifier à quel niveau on se trouve.

On sera souvent très surpris de la faible quantité de calcium que l’on consomme tous les jours et des déficits que cela entraîne.

Les suppléments de calcium

Il faudra envisager alors d’autres sources, soit parce que l’on ne peut pas atteindre par l’alimentation les niveaux de calcium recommandés, soit parce que l’on se refuse de consommer, par éthique, certaines sources de calcium alimentaire.

Différentes sortes de calcium existent : on ne consomme pas le calcium sous forme pure mais sous forme d’une molécule comprenant du calcium.

Ces différentes formes sont des molécules qui existent sous forme naturelle et peuvent avoir des caractéristiques très différentes pour ce qui concerne leur intégration par le corps.

Il existe en particulier certaines formes de suppléments de calcium qui sont tellement compactes qu’elles traversent le tube digestif sans apporter la moindre molécule de calcium au corps humain. Avec de tels suppléments, on a l’impression de protéger son squelette, mais en fait, on ne fait absolument rien d’utile.

Ainsi, on trouvera des suppléments de calcium venant de sources exotiques pouvant aller de minéraux marins à des coraux japonais pour lesquels aucune étude n’a été réalisée prouvant que le corps est capable de les utiliser correctement et qui sont vendus à des prix très élevés.

Il vaudra bien mieux utiliser des produits vendus en pharmacie et disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). En effet, l’AMM garantit que des tests d’efficacité ont été faits de manière scientifique et que la qualité de fabrication du produit est suivie de manière rigoureuse.

Quelles molécules choisir ?

Les deux formes principales de suppléments de calcium sont le carbonate de calcium et le citrate de calcium.

Le carbonate de calcium est la forme la plus courante, la moins chère et elle est facile à prendre. Très peu soluble dans l’eau, le carbonate de calcium doit être absorbé en même temps que la nourriture, c’est-à-dire au milieu des repas pour favoriser son absorption. Il a pour inconvénient, parfois, chez quelques personnes plus sensibles, de pouvoir entraîner des troubles digestifs (gaz, ballonnement, constipation, diminution de l’acidité gastrique…).

A l’état naturel, on le trouve sous forme de roches calcaires (craie ou marbre, par exemple), dans les coquilles d’œufs, de crustacés ou d’escargots. Cela ne signifie par pour autant qu’il suffise de manger des coquilles d’huîtres ou d’œufs pour avoir le supplément de calcium dont on a besoin : il faut que le carbonate de calcium soit suffisamment digeste pour que le corps puisse le métaboliser…

Le citrate de calcium, plus cher, est plus facile à digérer (particulièrement en cas de troubles chroniques de digestion) et il peut être pris en dehors des repas.

D’autres formes de suppléments existent encore : gluconate de calcium, lactate de calcium, phosphate de calcium.

Toutefois, le lactate et le gluconate de calcium sont des formes insuffisamment concentrées pour être pratiques en supplémentation orale.

Le phosphate de calcium est largement utilisé dans l’alimentation animale, mais les études sur l’homme sont insuffisantes pour que l’on puisse recommander en toute sécurité son utilisation humaine.

Quelques recommandations supplémentaires

S’il est important d’avoir des apports suffisants de calcium, il est également important de limiter les apports totaux de calcium, particulièrement sous forme de suppléments, sous les doses limites journalières recommandées (2.500 mg/jour) pour éviter les conséquences négatives des excès de calcium, en particulier sur la digestion, et le métabolisme général. Certains spécialistes recommandent même de ne pas dépasser 1.500 mg/jour.

Il est à noter que, pour une meilleure absorption intestinale, il vaut mieux fractionner les prises de suppléments de calcium tout au long de la journée plutôt que de prendre toute la dose en une seule fois. Il est recommandé de ne pas prendre plus de 500 mg en une seule prise (ce qui représente déjà près de la moitié de la dose journalière recommandée).

Conclusion

Le calcium est indispensable à notre santé à court, moyen et long terme.

Si notre corps en manque, il va chercher le complément dont il a besoin dans les os, et les affaiblit à long terme.

Il est donc important d’avoir des apports alimentaires suffisants en calcium. Toutefois, les débats actuels sur les sources de calcium rendent impossible toute compréhension simple de la question.

Atteindre les niveaux recommandés est difficile avec les modes d’alimentation courants, et impossible dès que l’on suit certains régimes particuliers.

Il est alors important de mettre en œuvre une supplémentation intelligente.

Elle pourra se faire avec du carbonate de calcium, voire du citrate de calcium si l’on digère mal le premier.

Il vaut mieux acheter des suppléments disposant d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) en pharmacie pour des raisons de contrôle d’efficacité et de qualité. On peut demander conseil, voire même une prescription, à son médecin.

On fractionnera les prises de suppléments en les répartissant dans la journée (2 ou 3 prises) au moment des repas et on veillera à rester nettement sous les limites maximales (2.500 mg/jour).

Des doses suffisantes de calcium sont une condition nécessaire mais insuffisante pour une bonne santé osseuse à long terme.

Pour une bonne santé osseuse, il faudra soigner également les apports en vitamine D, l’exercice physique adapté, les apports en protéines

Prenons soin de nous.

Sources :

Calcium Fact Sheet for Health Professionals, National Institutes of Health, novembre 2017

Straub DA, Calcium supplementation in clinical practice: a review of forms, doses, and indications, Nutr Clin Pract. 2007 Jun;22(3):286-96.

Dawson-Hughes B, Harris SS, Krall EA, Dallal GE. Effect of calcium and vitamin D supplementation on bone density in men and women 65 years of age or older. N Engl J Med. 1997 Sep 4;337(10):670-6.

Heaney RP, Dowell MS, Bierman J, Hale CA, Bendich A. Absorbability and cost effectiveness in calcium supplementation. J Am Coll Nutr. 2001 Jun;20(3):239-46.

Heaney RP1, Dowell MS, Barger-Lux MJ, Absorption of calcium as the carbonate and citrate salts, with some observations on method, Osteoporos Int. 1999;9(1):19-23.

Kärkkäinen MU1, Lamberg-Allardt CJ, Ahonen S, Välimäki M, Does it make a difference how and when you take your calcium? The acute effects of calcium on calcium and bone metabolism, Am J Clin Nutr. 2001 Sep;74(3):335-42.

Curhan GC, Willet WC, Rimm EB, Stampfer MJ. A prospective study of dietary calcium and other nutrients and the risk of symptomatic kidney stones. N Engl J Med. 1993 ;328:833– 838.

Borghi L, Schianchi T, Meschi T, et al. Comparison of two diets for the prevention of recurrent stones in idiopathic hypercalciuria. N Engl J Med. 2002;346:77– 84.


Les onze sports qui renforcent les os !

Résumé

La Fondation américaine contre l’ostéoporose recommande 11 types de sports pour renforcer ses os et trois autres types d’activités physiques pour améliorer son équilibre (et éviter les chutes). La danse est une des activités à impact fort qu’il est utile (et agréable) de pratiquer…

 

Sport à impact fort !

Sport à impact fort !

Trois types d’activités

La Fondation américaine contre l’Ostéoporose a publié des indications concernant :

  • les activités physiques qui permettent de renforcer ou d’entretenir la densité des os
  • ainsi que celles qui permettent d’améliorer l’équilibre et la posture.

Il est possible de renforcer directement la densité des os par des activités physiques en charge à impact « fort » ou à impact « faible ».

En charge, signifie que l’on porte du poids, en général son propre poids tout simplement comme pour la marche à pied (et donc contrairement au vélo ou à la natation).

 

Exercices d’ossification à impact fort

Un impact « fort » ne nécessite pas de sauter du haut d’un escabeau sur le sol : il suffit de faire un exercice avec un pas un peu plus ferme et déterminé que la marche courante.

Ces activités sont à privilégier en prévention, quand les os sont en bon état et supportent des activités normales. Il s’agit de :

  • la danse,
  • l’aérobique à impact fort,
  • la randonnée,
  • la course à pied (jogging),
  • la corde à sauter,
  • l’utilisation des escaliers (montée ou descente),
  • le tennis…

 

Exercices d’ossification à faible impact

Ces exercices donnent lieu à des chocs plus faibles que les précédents : ils permettent :

  • de maintenir les os en bonne condition
  • ou d’entretenir l’ossature des personnes dont la condition physique ne permet pas de pratiquer les exercices à impact fort.

Il s’agit de :

  • vélos et machines d’entraînement elliptiques,
  • l’aérobique doux (à faible impact),
  • les steppers (machines à marcher sur place),
  • la marche rapide en extérieur ou sur tapis…

 

Exercices de musculation

Leur fonction première est de renforcer la puissance des muscles. Or les muscles sont connectés aux os : ces exercices vont permettre de renforcer ou d’entretenir la résistance de l’ossature des muscles mis en œuvre. Il s’agit :

  • des poids et haltères,
  • des bandes élastiques,
  • des machines de musculation,
  • du soulèvement de son propre poids,
  • de mouvements spécifiques (gymnastique fonctionnelle)…

Les mouvements de yoga et les pilates peuvent être fort utiles. Néanmoins, il faut veiller au fait que certains types de mouvements peuvent être dangereux pour une colonne vertébrale fragile : les mouvements impliquant de se pencher en avant, par exemple.

 

Exercices sans impact

Enfin, des exercices qui peuvent être pratiqués par tout le monde (ou presque) ont une influence sur l’équilibre, la posture et les possibilités de bouger dans les activités quotidiennes :

  • exercices d’équilibre : ils renforcent les jambes et mettent en jeu le sens de l’équilibre, comme le Tai Chi Chuan,
  • exercices posturaux : ils améliorent la tenue du buste et évitent la chute des épaules, ce qui favorise l’intégrité de la colonne vertébrale,
  • exercices fonctionnels : ils facilitent la fluidité des mouvements et réduisent les risques de chutes et de fractures.

 

Pour pratiquer…

Avant de se remettre à l’exercice physique, indépendamment des contraintes réglementaires (certificat médical), il peut être bon de faire une visite médicale de contrôle pour déterminer les risques éventuels et les types d’activités les mieux adaptés.

Allez-y ensuite à votre rythme. Rappelez-vous aussi que les muscles qui ne travaillent pas beaucoup risquent de se rappeler à vous sous forme de courbatures temporaires. C’est sans gravité et cela passe en quelques jours pour ne plus revenir ensuite…

Vous pouvez faire des exercices à impact ou en charge au moins 30 mn par jour, y compris en les fractionnant : 3 x 10 mn ou 2 x 15 mn ou 10 mn + 20 mn par exemple. Plus vous en ferez, mieux cela sera (en veillant, bien sûr, à ne pas vous épuisez, ni vous blesser).

Deux ou trois fois par semaine, rajoutez quelques exercices de musculation.

Les autres exercices (sans impact) sont à faire en tant que de besoin, et éventuellement tous les jours.

 

Conclusion

Pratiquez, faites vous plaisir, choisissez l’activité qui vous plaît !

N’hésitez pas à vous servir de vos jambes et souvenez vous que la danse est un merveilleux exercice pour le renforcement osseux, pour la souplesse, pour l’entraînement cardiovasculaire et, ce qui n’est pas le moindre bénéfice, pour le moral !

Bref, dansez bien, dansez avec la vie !

 

Source :

National Osteoporosis Association

Exercise for strong bones


Combien de facteurs de risque d’ostéoporose avez-vous ?

 

Evolution courante de la masse osseuseRésumé

Le Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses a recensé 19 facteurs de risques d’ostéoporose dont cinq sont facilement modifiable : alcool, tabac, activité physique, calcium, vitamine D. Protégez-vous, protégez votre entourage et jouissez de toute votre taille ! Quoiqu’il en soit, vous pouvez en parler avec votre médecin.

 

Recenser ses facteurs de risque

Le GRIO (Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses, une association scientifique de médecins et de professionnels de santé intéressés par l’ostéoporose) a recensé les différents facteurs de risque conduisant à l’ostéoporose (ou à l’ostéopénie) et à la fragilisation de l’ossature.

Sans les hiérarchiser, ni leur donner de poids relatifs, le GRIO distingue dix-neuf facteurs de risques : des facteurs familiaux, des facteurs personnels, des facteurs spécifiques aux hommes ou aux femmes, et surtout, ce qui est fort intéressant sur le plan de la prévention, des facteurs comportementaux qu’il est possible de faire évoluer pour une meilleure protection.

Si vous avez un ou plusieurs facteurs de risque, quelque soit votre âge, vous pouvez en parler à votre médecin qui pourra vous aider à mesurer votre risque personnel, vous conseille pour prendre les mesures de prévention, voire de traitement utiles…

 

Les facteurs familiaux

  1. Ostéoporose diagnostiqué chez l’un ou deux des parents (père ou mère), fracture du col du fémur chez l’un des deux parents
  2. Un de vos parents est voûté

 

Les facteurs cliniques personnels

  1. Avoir plus de 40 ans
  2. Fracture suite à un choc ou une chute sans gravité
  3. Chute plus d’une fois par an ou crainte de chute parce que l’on se sent frêle
  4. Diminution de taille de plus plus de 3 cm depuis l’âge de 40 ans
  5. Maigreur (IMC : Indice de masse corporelle, de moins de 19 kg/m²)
  6. Prise de corticoïdes (médicaments) pendant plus de 3 mois
  7. Souffrir de polyarthrite rhumatoïde
  8. Souffrir d’hyperthyroïdie ou d’hyperparathyroïdie

 

Les facteurs spécifiques aux femmes

  1. Ménopause commencée avant l’âge de 45 ans,
  2. Interruption de règles de 12 mois ou plus (sauf grossesse, ménopause, hystérectomie)
  3. Ablation des ovaires avant 50 ans sans traitement hormonal substitutif

 

Les facteurs spécifiques aux hommes

  1. Faible taux de testostérone sanguin (impuissance, faible libido, autres symptômes…)

 

Les facteurs comportementaux

  1. Consommation d’alcool au-delà de deux verres par jour
  2. Fumeur ou ancien fumeur régulier
  3. Activité physique (même modérée) inférieure 30 mn par jour
  4. Évitement ou allergie aux laitages sans prendre de supplément en calcium
  5. Moins de 10 mn/jour à la lumière du jour en extérieur sans prendre de supplément de vitamine D

 

Conclusion

Limitez ou éliminez l’alcool, protégez-vous du tabac, bougez-vous au moins 30 mn par jour, mangez du lait (ou prenez un supplément de calcium facile à digérer), exposez-vous modérément au soleil (bras et jambes) ou prenez un supplément de vitamine D (particulièrement en automne et en hiver). Parlez en à votre médecin, pour des conseils utiles et une meilleure prise en compte de votre cas personnel précis.

 

Source :

Évaluer son risque individuel d’ostéoporose, 2010-2017

Groupe de recherche et d’information sur l’ostéoporose (GRIO)


Entre vitamine D et cancer de la peau : quelle dose de soleil ?

Ami des os, ennemi de la peau : le soleil !Résumé

Les rayons du soleil endommagent l’ADN de notre peau et y produisent de la vitamine D. Il est à la fois bénéfique et nocif et les deux type d’effets sont indissociables. Si l’on veut éviter tout risque à long terme, il vaut mieux éviter le soleil aux heures intenses au printemps et en été, et compenser par une supplémentation adéquate en vitamine D toute l’année.

Le double visage du soleil

Nous savons que le soleil est à la fois un ennemi et un ami, ou le contraire, si vous préférez…

Il est un ennemi car il est à l’origine de nombreux cancers de la peau.

Il est un ami car il nous permet de fabriquer de la vitamine D.

Un sourire du soleil…

En effet, il nous est impossible d’avoir la dose nécessaire de vitamine D, indispensable à notre santé, par la seule alimentation.

En effet, la vitamine D est en trop faible concentration dans les aliments que nous consommons pour couvrir nos besoins.

Heureusement, une dose importante de vitamine D est produite dans notre peau sous l’action des rayons ultra-violets B (UVB) du soleil.

Sous l’action des UVB, une des formes de cholestérol qui se trouve dans la peau se transforme en cholécalciférol (Vitamine D3), un précurseur inactif du calcitriol (qui est la forme active de la vitamine D).

Il faudra encore plusieurs transformations du cholécalciférol dans le foie et dans les reins pour arriver à la molécule active (calcitriol).

Je simplifie, bien sûr…

.

Or on sait que les UVB ne traversent l’atmosphère que si le soleil est au plus haut, et uniquement en été et au printemps (en Europe ou au Canada).

Le reste du temps, les rayons UVB du soleil sont les premiers à être arrêtés par l’épaisseur de l’atmosphère terrestre.

C’est le même phénomène qui fait que le soir, le soleil nous apparaît rouge, alors qu’il est jaune dans la journée.

Ce n’est pas parce qu’il a changé de couleur, non.

C’est parce que toutes les autres couleurs que le rouge sont arrêtées par l’épaisseur de l’air à traverser, à commencer par les rayons ultra-violets (et donc les UVB), puis les rayons violets, puis les rayons jaunes… dans l’ordre des couleurs de l’arc-en-ciel.

De ce fait, nous ne pouvons pas produire suffisamment de vitamine D dans notre peau en hiver et au printemps.

La question de la vitamine D est importante puisque l’on sait :

Un soleil de grimace

D’un autre côté, les rayons ultra-violets (A & B) sont capables d’engendrer des dégâts importants à la peau : sous forme de coups de soleil (UVB), de vieillissement prématuré de la peau (UVA) et sous forme de lésions de l’ADN de l’épiderme (UVB) et du derme (UVA).

Ces lésions de l’ADN de la peau, en s’accumulant, peuvent entraîner des dégénérescence sous forme de cancers (notamment mélanomes).

Et l’on sait que les mélanomes sont, à l’heure actuelle, des maladies très difficiles à guérir…

Il suffit de doses de rayons ultra-violets relativement faibles pour avoir des lésions définitives de l’ADN, des doses inférieures à celles entraînant des coups de soleil…

Néanmoins, il faut raison garder : même si le nombre augmente (près de 10% par an), il y a environ 9.000 nouveaux cas de mélanomes en France tous les ans (2014), soit moins de 2% de la population…

Des recommandations contradictoires

La question qui se pose alors est de définir le compromis acceptable entre exposition raisonnable permettant d’obtenir une dose suffisante de vitamine D et exposition maximale permettant de limiter les risques de dégénérescence de la peau.

Si vous cherchez des conseils dans la littérature courante, vous obtiendrez des recommandations contradictoires. Les unes mettent l’accent sur la nécessité de prendre suffisamment de soleil pour produire sa vitamine D (15 mn par jour en plein soleil). Les autres recommandent une protection active à l’heure où les UVB peuvent jouer leur rôle dans la production de vitamine D (éviter l’exposition au soleil entre 11h et 17h)…

Que faire alors ?

Si l’on veut éviter tout risque pour sa peau, il convient alors de se protéger du soleil et, pour avoir la dose de vitamine D nécessaire, de mettre en place une supplémentation tout au long de l’année.

Pour ceux qui ont une peau moins sensible, il sera de toute façon nécessaire de faire une supplémentation à l’automne et en hiver, saisons où les UVB sont presque complètement absorbés par l’atmosphère.

Ils pourront envisager de s’exposer au soleil régulièrement (tous les jours ou presque) et raisonnablement (un quart d’heure). Il conviendra de commencer dès le printemps, de telle manière à ce que la peau développe les protections de mélanine (bronzage) dont elle est capable. Ainsi la peau sera en grande partie protégée et prête à affronter les rayons plus intenses et plus nocifs de la fin du printemps et du début de l’été.

Conclusion

La solution idéale et naturelle pour conserver une peau en excellent état et avoir la dose de vitamine D nécessaire à la protection des os n’existe pas.

Il est nécessaire de faire un compromis entre supplémentation et exposition au soleil.

Les personnes qui craignent le plus le soleil devront envisager une supplémentation permanente (toute l’année) en vitamine D.

Les autres pourront s’exposer régulièrement (tous les jours) et de manière limitée (moins d’un quart d’heure) au printemps et en été. Ils n’échapperont pas à la supplémentation en automne et en hiver…

A titre d’information supplémentaire, le Ministère britannique de la Santé envisage de supplémenter toute la population toute l’année pour protéger sa santé squeletto-musculaire et sa peau…

A chacun de faire le choix qui lui convient le mieux…

Source :

Les rayonnements ultraviolets, Ministère de la Santé, Paris, 30 octobre 2014

Le soleil et la peau, Société Française de Dermatologie, 24 juin 2015

Programme prudence au soleil, Association Canadienne de Dermatologie, 2015

2

Comment faire pour avoir des os bien fragiles !

8 erreurs

Résumé :

Nos proches âgées souffrent à plus de 90% d’une fragilisation de leurs os. Soyons rassurés : dans quelques années, avec la vie que nous menons, nous serons exactement comme eux. Menons notre vie comme nous le faisons habituellement et soyons certains que nos os vont nous lâcher !

Presque tou(te)s en étaient touché(e)s…

  • Ma grand-mère est décédée (cela fait longtemps) suite à une fracture du col du fémur dont elle ne s’est pas remise…

  • Tous, nous avons connu ou entendu parler dans nos famille d’une aïeule, d’une tante ou d’une cousine qui s’est cassé le poignet sans faire d’effort particulier.

  • Nous avons aussi croisé des personnes qui marchaient péniblement, penchées en avant, voûtées, presque pliées en deux, agrippées à une canne.

En quelques mots, voici trois des manifestations les plus courantes de la fragilisation des os, de l’ostéoporose qui frappe la population âgée, à commencer par les femmes.

Une étude réalisée en 1998 en France sur 7598 femmes de plus de 75 ans a montré que seulement 6% d’entre elles avaient une densité osseuse considérée comme normale, alors que 46% avaient une diminution significative de cette densité osseuse (ostéopénie), et que 48% étaient considérées comme atteintes d’ostéoporose !

Belle réussite !

Comment est-ce possible ? Comment peut-on atteindre une telle fragilité qui brise une personne sans même un choc, alors que quelques années auparavant, la même personne était capable de supporter une chute brutale à vélo sans conséquence ?

Tout cela se fait insidieusement, bien sûr…

Une base de départ souvent insuffisante…

L’os est un organe vivant, qui se remodèle en permanence. A l’adolescence la croissance est rapide : toutes les hormones (et notamment l’hormone de croissance) entrent en jeu pour nous bâtir un corps aussi fort et solide que possible. En fonction des ressources disponibles, néanmoins : si certaines ressources manquent, en particulier le calcium mais également le magnésium, la charpente osseuse qui sera fabriquée sera un peu moins solide…

C’est la base de départ sur laquelle nous allons vivre notre vie d’adulte.

« Tout est joué » allez-vous me dire…

En partie, mais pas complètement : de la même façon qu’il est toujours possible de renforcer sa musculature à des âges avancées (des expériences de musculation réussies ont été faites sur des personnes de plus de 80 ans), il est possible de palier, au moins en partie, les faiblesses de son ossature… et, en tout cas, de conserver ce que nous avons.

…et des modes de vie rapidement délétères !

A contrario, il est très facile d’affaiblir notre squelette par des comportements délétères courants :

  • exercice physique insuffisant ou inadapté (sans impacts et sans port de charges),

  • trop faible consommation de calcium alimentaire (90% des femmes de plus de 50 ans),

  • trop faible consommation de magnésium alimentaire (environ 65% des femmes),

  • trop faible apport de vitamine D (80% de la population francilienne),

  • alimentation et comportements inflammatoires qui perturbent les fonctions biologiques,

  • alimentation trop salée qui accélère l’élimination des minéraux (plus de 60% de la population),

  • régime alimentaire amincissant poussé ou répété,

  • consommation d’alcool, de caféine ou de tabac (directe ou indirecte)…

 

Nos os vont nous lâcher !

Finalement, quand on analyse tous ces chiffres, tous ces comportements délétères que nous avons tous, nous sommes rassurés (c’est ironique…) : comme la génération précédente, nous allons payer le prix élevé de la fragilisation progressive de nos os. Il suffit que nous continuions à vivre comme nous le faisons habituellement…

Et ce d’autant plus que nous allons vivre plus longtemps que nos parents, du fait de l’allongement de l’espérance de vie : notre cœur tiendra, mais ce sont nos os qui vont nous lâcher !

Il est plus que temps de réagir !!!

Sources :

Épidémiologie des fractures liées à l’ostéoporose en France : revue de la littérature, Revue du Rhumatisme, Volume 77, Issue 6, Pages 579-585, Desmond Curran, Milka Maravic, Philippe Kiefer, Valérie Tochon, Patrice Fardellone

Preventing osteoporosis-related fractures: an overview, Am J Med. 2006 Apr;119(4 Suppl 1):S3-S11.

« Ostéoporose, à chaque âge sa prévention », Groupe de recherche et d’information sur l’ostéoporose, Journée mondiale contre l’ostéoporose, 20 octobre 2014

2

Que dire à votre médecin pour qu’il vous prescrive de la vitamine D ?

Vitamine D : les arguments pour la prescriptionRésumé

Souvent, il suffit d’en parler avec son médecin pour qu’il vous en prescrive. Parfois, il faut insister un petit peu. Disposer d’arguments scientifiques à cet effet facilitera la discussion. Ces arguments sont liés : à l’état de déficit général de la population, aux recommandations officielles britanniques et françaises, à l’impossibilité d’ingérer les quantités nécessaires, à l’absence et aux risques d’exposition au soleil, aux déficits liés à l’âge…

La vitamine D est indispensable à la santé.

Cela concerne aussi bien la santé des os (prévention de l’ostéoporose et de l’ostéopénie) que la santé générale.

On soupçonne d’ailleurs la vitamine D d’avoir des effets favorables en matière de prévention de nombreuses maladies de dégénérescence (cancer, maladies cardio-vasculaires, système immunitaire…), mais les preuves définitives restent encore à valider et nécessiteront des études approfondies supplémentaires. Elles sont en cours

Les études épidémiologiques ont montré que la très grande majorité de la population française était en déficit de vitamine D. Ceci se produit particulièrement en automne et en hiver (lorsque les rayons du soleil sont inefficaces pour en fabriquer dans la peau), mais également au printemps et en été (pour les personnes qui sortent peu aux heures où le soleil est au plus haut).

En effet, l’alimentation ne permet jamais d’apporter des quantités suffisantes en vitamine D, quelques soient les efforts que l’on fasse.

De ce fait, de nombreux médecins prescrivent de la vitamine D aux personnes âgées, dont on sait qu’elles ont plus de difficultés à la métaboliser (notamment en raison de la diminution de l’épaisseur de la peau). Toutefois, il reste beaucoup d’autres médecins qui sont encore réticents à en prescrire aussi bien aux personnes âgées, et encore plus aux autres adultes. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de leur part : certains, par exemple, sont convaincus que, dans la majorité des circonstances, le corps humain est constitué de manière à faire face à la plupart des circonstances, y compris face à des contraintes de santé légères. D’autres estiment que les études sur les déficits de vitamine D ne sont pas suffisamment probantes… Et il est possible de trouver d’autres explications, encore…

Tout cela ne va malheureusement pas dans le sens d’une prévention raisonnée de la fragilité des os…

Prévenir plutôt que guérir

Comme vous le savez, une bonne prévention implique :

Pour ce qui concerne la vitamine D, il est donc possible, utile et nécessaire de demander à son médecin d’en prescrire.

La plupart du temps, il le fera sans difficultés.

Parfois, il faudra un peu insister.

Les arguments en faveur de la vitamine D

A cet effet, nous pouvons utiliser les arguments suivants (à adapter et à sélectionner selon les cas) :

  1. les études menées en France ont montré que, comme dans de nombreux pays européens, les quantités de vitamine D dans l’alimentation et dans le sang des Français sont inférieures aux quantités nécessaires pour une très grande majorité de la population,
  2. les jeunes enfants et les personnes âgées sont supplémentées en vitamine D pour éviter le rachitisme et l’affaiblissement osseux,
  3. les spécialistes de santé publique du Royaume-Uni ont recommandé au gouvernement britannique en 2015 et en 2016 une supplémentation en vitamine D de toute la population britannique à tous les âges,
  4. il est très difficile d’arriver à ingérer les quantités nécessaires de vitamine D par l’alimentation, car les quantités disponibles dans la nourriture sont très inférieures aux besoins du corps,
  5. vous mangez très (trop) peu de poisson, donc vous avez des apports extrêmement faibles par l’alimentation,
  6. le soleil est beaucoup trop bas sur l’horizon en hiver et en automne pour permettre la production par la peau de vitamine D pendant ces saisons : les rayons UVB ne parviennent pas à traverser l’atmosphère en Europe durant ces saisons,
  7. le soleil est trop bas le matin et le soir au printemps et à l’été pour permettre la production par la peau de vitamine D,
  8. vous avez une peau très claire (le cas échéant), qui ne supporte pas le soleil (rougit ou brûle ou cloque très rapidement),
  9. le soleil est dangereux pour la peau (risque d’érythèmes, vieillissement accéléré, risque de cancérisation…) aux heures de la journée (à proximité de midi à l’heure du soleil) où les rayons UVB parviennent à traverser l’atmosphère en été et au printemps,
  10. vous ne pouvez pas sortir aux heures où les rayons UVB traversent l’atmosphère (parce que vous travaillez, parce que n’êtes pas disponibles à ces heures-là…),
  11. les rayons UVB du soleil sont arrêtés par n’importe quelle surface transparente (y compris le verre, les matériaux synthétiques, et donc les pare-brises, les vitres…),
  12. vous portez du maquillage qui vous protège la peau et qui arrête les rayons UVB,
  13. la peau des personnes âgées est trop amincie pour permettre une synthèse efficace et suffisante de vitamine D,
  14. la capacité des personnes âgées à absorber la vitamine D par le système digestif diminue progressivement.

Conclusion

En sélectionnant les bons arguments, en étant convaincu(e) de la nécessité de la vitamine D, vous allez pouvoir défendre votre point de vue brillamment et, tout en écoutant les arguments de votre médecin, être en mesure de lui apporter des éléments scientifiques incontestables.

Prenez soin de vous !

Vous en valez la peine.

Sources :

Vitamine D : Présentation, sources alimentaires et besoins nutritionnels, ANSES, 22 février 2013, Maisons-Alfort

Draft Vitamin D and Health report, Professor Hilary Powers, Scientific Advisory Committee on Nutrition, Londres, 2015

Professor Hilary Powers et alii, Vitamin D and Health, Scientific Advisory Committee on Nutrition, Londres, 304 pages, juillet 2016

Webb AR, Kline L, Holick MF, « Influence of season and latitude on the cutaneous synthesis of vitamin D3: exposure to winter sunlight in Boston and Edmonton will not promote vitamin D3 synthesis in human skin. » J Clin Endocrinol Metab 1988;67(2):373-8.

Les rayonnements ultraviolets, Ministère de la Santé, Paris, 30 octobre 2014

Le soleil et la peau, Société Française de Dermatologie, 24 juin 2015

Programme prudence au soleil, Association Canadienne de Dermatologie, 2015


Ce que nous apprend l’ostéoporose des astronautes

Les astronautes, vainqueurs de l'ostéoporose !Résumé :

Lors de leur séjour dans l’espace, l’ossature de nos astronautes se fragilise en une ostéoporose accélérée. La récupération est longue, et pas toujours totale. Pour prévenir et remédier à cette perte osseuse, différentes mesures (médicaments, alimentation, exercices physiques…) ont été testées et sont mises en œuvre (exercice physique).

L’espace du vieillissement réversible

Nos chers astronautes, Claudie ou Jean-Pierre, Michel ou Jean-François, ont eu le grand privilège de faire des séjours dans l’espace qu’ils ont longuement commentés, à l’époque… Ce que tout le monde sait, c’est que ces séjours intenses et enviés entraînent une fonte musculaire et une affaiblissement de l’ossature, une décalcification, en quelques semaines, une sorte de vieillissement accéléré lié à l’absence de pesanteur dans l’espace… (Au passage, si vous vous sentez solidaires des astronautes, vous pouvez rester allongés 24h/24 dans votre lit pendant 30 jours et les conséquences seront tout à fait comparables…) Heureusement pour les astronautes, ce vieillissement est réversible, au moins en partie, car en revenant sur terre, ils retrouvent cette bonne vieille gravité qui contribue à une reminéralisation lente de leur ossature.

Prévenir et guérir l’ostéoporose spatiale

La perte osseuse peut représenter chez les astronautes entre 15% et 30% de la structure de la hanche (les os non porteurs sont moins touchés), un taux comparable à celui que l’on trouve chez les femmes âgées. Les conséquences potentielles sont telles que les services scientifiques cherchent à mettre au point des « contre-mesures » permettant de prévenir les modifications osseuses :

  • A cet effet, des médicaments du type biphosphonates ont été utilisés, avec les inconvénients que l’on connaît et des résultats trop insuffisants pour que l’utilisation ait été généralisée à tous les astronautes. En outre, les canadiens ont testé l’hormonothérapie avec, là encore, des résultats insuffisants.

  • Actuellement sont en cours des études sur les contre-mesures nutritionnelles avec des oméga 3, des oméga 6, de la vitamine K, etc. On prévoit que des études prochaines (2015) testent l’intérêt des antioxydants…

  • Les seules mesures qui ont été généralisées sont liées à l’activité physique. Les astronautes font plus de deux heures d’exercice physique par jour, avec des exercices de résistance nécessitant des pressions importantes au niveau des jambes afin de stimuler les muscles et les os des membres inférieurs. Il a également été démontré que les vibrations, les chocs répétés étaient favorables au ralentissement de la décalcification…

Au moment de leur retour sur terre, même avec les contre-mesures actuelles, il faut compter presque un an (9 à 10 mois) avant que la minéralisation ne revienne à un niveau proche de celle d’origine. La bonne nouvelle est que cette reminéralisation est possible et que l’arrêt des conditions qui ont favorisé la décalcification permet la recalcification.

Prévenir et guérir l’ostéoporose terrestre

De ces expériences, il ressort que nous pouvons retirer les enseignements suivants pour lutter contre l’ostéoporose sur terre. En dehors des mesures concernant l’alimentation (calcium, magnésium, vitamine D), il ressort que l’exercice physique avec vibrations et chocs sur les jambes est un excellent moyen de prévenir l’ostéoporose. La marche rapide et la course à pied (ou même le saut à la corde) sont alors parmi les meilleures activités sportives permettant de nous conserver des os solides. Si en outre, nous ajoutons un sac sur notre dos (sac à dos pour randonnée) ou des paniers à provisions pour faire nos courses, nous aurons mis un maximum de chances de notre côté.

Source :

Emission radiophonique sur France-Culture

Révolutions médicales par René Frydman

Leçons scientifiques et médicales des vols spatiaux

Invité(s) :

Anne Pavy-Le Traon, neurologue

Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des Sciences de la Vie au CNES

Thierry Pozzo, spécialiste en neurosciences


Les 5 règles pour optimiser votre consommation de sel

Limiter le selRésumé :

Pour une meilleure santé et une bonne prévention, vous avez décidé de diminuer votre consommation de sel. Comment faire ? En s’inspirant des recommandations de Harvard : consommer beaucoup de fruits et légumes, utiliser des graisses et des huiles saines, bien choisir vos plats, rééduquer vos papilles gustatives, traquer le sel caché…

Vous avez pris votre décision…

Ça y est !

Vous êtes convaincu(e). Après avoir étudié la question de manière précise, vous savez que votre consommation de sel est élevée, très élevée, trop élevée, deux à trois fois trop élevée par rapport aux normes de l’OMS (5 g/j de sel) ou par rapport aux besoins nutritionnels (1,2 à 1,5 g/j de sel selon l’âge). Vous avez décidé de remédier à la situation pour diminuer votre pression artérielle et soulager votre cœur et vos artères, reposer vos reins, diminuer votre risque d’ostéoporose, protéger votre système digestif, améliorer le fonctionnement du système immunitaire…

Il s’agit d’appliquer…

Mais comment faire ?

Le goût du sel a été tellement développé dans nos sociétés, le sel est en telle quantité dans notre alimentation que cela semble une gageure… Nous avions déjà, en partie, traité la question dans un précédent article et il s’agit maintenant de compléter la question en saisissant le prétexte que l’école de santé publique de Harvard a publié, voici quelques semaines, des recommandations sur la question.

Que disent ces sommités que le monde entier leur envie ? Qu’ont-ils de plus à nous apprendre sur la question ? Quelles avancées révolutionnaires vont-ils nous proposer sur la question ?

Les conseils de l’école de santé publique de Harvard

Ils rappellent, tout d’abord, que le sel est un élément essentiel pour la vie : il intervient dans la transmission des flux nerveux, la contraction des fibres musculaires, l’équilibre des fluides dans les cellules. Néanmoins, il est important d’en limiter la consommation.

Les cinq premières recommandations principales consistent à :

  • Avoir une alimentation composée pour moitié de fruits et légumes :
    ils contiennent très peu de sodium et sont souvent une bonne source de potassium, ce qui va contribuer à améliorer le rapport entre le potassium et le sodium dans notre organisme ;

  • Utiliser des graisses et des huiles saines :
    Les produits allégés (sans lipides ou avec peu de lipides) des années 1990 n’étaient pas fondés sur des connaissances suffisantes… Beaucoup de ces produits ont supprimé les bons et les mauvais lipides et, pour que les consommateurs les acceptent, les doses de sucre et de sel ont été augmentées. Il vaut donc mieux éviter les assaisonnements sans lipides et autres produits similaires (mayonnaises et autres sauces allégées par exemple). Votre pression artérielle vous en saura gré.

  • Choisir les bons repas :
    la plupart d’entre nous ressentent peu la différence de goût d’une variation de 25% de la quantité de sel dans un aliment. Certains industriels et certaines chaînes de restaurants réalisent ou ont déjà réalisé de telles diminutions (parfois en une seule fois, parfois progressivement) que leurs clients sont incapables de détecter ;

  • Rééduquer les papilles gustatives :
    il est possible de faire évoluer son sens du goût pour apprécier des aliments moins salés. Une des clefs du succès est de changer progressivement et continûment, plutôt que brutalement en une seule fois. Une astuce consiste, par exemple, à mélanger progressivement (quelques jours ou quelques semaines) de moins en moins de soupe aux légumes normalement salée à de plus en plus de soupe moins salée ;

  • Traquez le sodium caché :
    Les viandes et les volailles « fraîches » et « naturelles » peuvent être, en Amérique du Nord, chargées en saumure (solution salée) sans que l’indication de la teneur en sel figure sur les étiquettes. En outre, certains aliments peuvent être fort salés sans avoir un goût salé : céréales du petit-déjeuner, viennoiseries, boissons énergiques ou boissons pour sportifs… Bref, soyons vigilants !

Bon appétit et excellente santé !

Source :

Conquering your salt habit

Harvard Health Publications

Harvard Medical School

28 février 2015


Comment les cosmétiques détruisent nos vertèbres !

Cosmétiques, maquillage, ostéoporoseRésumé

Les produits avec lesquels nous protégeons notre peau arrêtent les rayons solaires qui produisent la vitamine D. S’il est indispensable de protéger notre peau, il est est également important d’avoir suffisamment de vitamine D pour protéger notre squelette. Il convient alors de compléter nos besoins par des apports suffisants en vitamine D : c’est un pilier majeur de la protection contre l’ostéoporose et nous en manquons presque toutes et tous.

Les rayons UV endommagent notre peau

Notre peau est particulièrement sensible à certains rayonnements du soleil. Il suffit de comparer l’état du dos de nos mains et l’état de l’intérieur de nos bras, juste sous les aisselles. La peau des mains et beaucoup plus mince et beaucoup plus flétrie, souvent, que la peau près des bras.

Nos mains sont soumises, dès que nous sortons, au bombardement des rayons du soleil. Certains de ses rayons ont la capacité de faire vieillir rapidement et prématurément notre peau.

De ce fait, la peau du dos de nos mains devient fine, sèche, tachetée, rugueuse…

Comme nous voulons conserver une peau jeune, nous prenons les mesures adéquates pour nous protéger.

Notre peau a besoin de protection

Nous nous protégeons les mains, nous nous protégeons les bras, nous nous protégeons le visage.

Nous mettons des crèmes hydratantes et des écrans anti-UV…

Nous faisons attention à éviter de sortir pendant les heures où les rayons du soleil sont les plus brûlants.

Et quand cela est fait régulièrement et longtemps, la différence est extrêmement visible sur notre peau.

Il suffit de comparer les photos non retouchées de quelques personnes connues de 50 ou 60 ans pour constater les différences : c’est extraordinaire !

C’est un peu comme si l’on comparait une statue en marbre poli et une statue en pierre ponce…

Ce qui entraîne un déficit en vitamine D

Pour autant, en prenant grand soin de notre visage, nous faisons subir à notre squelette un déficit en vitamine D.

En effet, notre corps est (en partie) capable de fabriquer la vitamine D dont il a besoin.

A cet effet, il est nécessaire que le précurseur inactif de la vitamine D qui se trouve naturellement dans notre corps (une forme de cholestérol) soit transformé en vitamine D (cholécalciférol).

Cette transformation va se faire sous l’effet des rayons du soleil.

Tous les rayons du soleil ne sont pas efficaces pour effectuer cette transformation : seuls les rayons UVB permettent la réaction.

Or les rayons UVB atteignent difficilement la terre en Europe et en Amérique du Nord : seule une petite partie d’entre eux arrive à traverser toute l’atmosphère. Et cela se produit uniquement quand le soleil est très haut dans le ciel.

Dès que le soleil décline (en automne ou en hiver, ou en dehors des heures « chaudes » au printemps ou en été), les rayons UVB sont arrêtés par les couches d’air supplémentaires qu’ils ont à traverser : ils n’arrivent jusqu’à nous qu’en quantités beaucoup trop faibles pour permettre une production suffisante de vitamine D.

En outre, ces rayons UVB très fragiles sont arrêtés par la moindre vitre, le moindre vêtement un peu épais…

Ils sont également arrêtés par de nombreux composants des produits de maquillage et des crèmes solaires.

Autant dire que nous n’aurons jamais la bonne dose de vitamine D :

Protégeons efficacement notre peau et nos os !

Faut-il pour autant arrêter les soins et les protections pour bénéficier des bienfaits des rayons UVB ?

Si nous arrêtons les protections, les rayons UVB pourront atteindre notre peau au printemps et en été pendant les heures chaudes.

Pour autant, cela ne résoudra pas les problèmes de déficit en UVB en automne et en hiver.

En outre, en nous découvrant, nous allons laisser passer les rayons UVA, qui sont plus puissants que les rayons UVB et qui contribuent très fortement au vieillissement et aux dégâts sur notre peau…

A long terme, nous diminuerons un peu notre déficit en vitamine D une partie de l’année, mais nous ne réglerons pas le problème et nous aurons rapidement une peau en mauvais état..

La solution est alors de protéger notre peau contre les rayons UV (et donc les UVA, et également les UVB) et de faire en sorte d’avoir des apports suffisants de vitamine D sous d’autres formes.

On en trouve de petites quantités dans certains aliments, mais il est difficile d’avoir des apports alimentaires suffisants, qui présentent également des inconvénients de risques d’intoxications…

Il est alors nécessaire de mettre en place une supplémentation intelligente, qui peut se faire par exemple, avec l’aide de votre médecin…

Conclusion

En protégeant notre peau contre le dessèchement, contre les atteintes de l’environnement et du soleil, nous lui permettons de rester de longues années supplémentaires en bon état.

Et pour protéger la solidité de notre squelette, nous devons lui apporter les quantités de vitamine D dont il a besoin et dont la plupart d’entre nous sommes en déficit.

En veillant activement à :

nous pouvons protéger efficacement notre squelette contre l’ostéoporose et l’ostéopénie, et faire durablement de vieux os en grande forme !

Prenons soin de nous !

Sources :

N. Binkley, R. Novotny, D. Krueger, T. Kawahara, Y. G. Daida, G. Lensmeyer, B. W. Hollis, M. K. Drezner, Low Vitamin D Status despite Abundant Sun Exposure, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Volume 92, Issue 6, 1 Juin 2007, pages :2130-2135.

Webb AR, Kline L, Holick MF, « Influence of season and latitude on the cutaneous synthesis of vitamin D3: exposure to winter sunlight in Boston and Edmonton will not promote vitamin D3 synthesis in human skin. » J Clin Endocrinol Metab 1988;67(2):373-8

Les rayonnements ultraviolets, Ministère de la Santé, Paris, 30 octobre 2014


Le bore : un produit miracle, mais pas forcément dans le bons sens !

Bore et ostéoporoseRésumé :

Le bore est un métalloïde indispensable à la croissance des plantes. Selon certaines études, il semblerait également avoir un impact positif sur notre santé, particulièrement sur notre système sanguin, notre cerveau et la santé de nos os. En prendre sous forme de supplément, n’est pas forcément une bonne idée car on sait que de fortes doses de bore sont mortelles. Et la dose à partir de laquelle le bore devient réellement toxique est mal connue pour les êtres humains, faute d’avoir suffisamment étudié la question. Heureusement, l’alimentation courante nous apporte de petites quantités qui nous permettent de bénéficier de ses bienfaits sans prendre de risques. La nature est parfois bien faite, finalement !

Essentiel aux plantes

Le bore est un métalloïde, c’est à dire un matériau qui ressemble aux métaux, mais qui est beaucoup plus fragile et moins bon conducteur de l’électricité que les vrais métaux. En chimie, il a un rôle de catalyseur, c’est-à-dire qu’il facilite les réactions chimiques sans pour autant être modifié par ces réactions. C’est une sorte d’accélérateur de réactions chimiques, ce qui peut peut-être expliquer tout son intérêt dans la biologie humaine…

Le bore est indispensable à la croissance et au développement des plantes : il intervient directement dans le maintien de l’intégrité des parois des cellules végétales et dans la synthèse du pollen.

On pourrait imaginer, à partir de là, que le bore est également indispensable à la vie animale et à la vie humaine…

Et bien, ce n’est pas aussi simple !

Utile et peut-être plus pour les hommes

Le bore ne fait pas partie des minéraux essentiels : ceci veut dire que les spécialistes n’ont pas encore réussi à comprendre à quoi il pouvait être indispensable dans notre métabolisme. Pour autant, l’OMS estime qu’il est sans doute indispensable pour notre santé et notre vie. Bref, la situation n’est pas absolument limpide, faute d’études suffisantes sur la question.

  • Eh, me direz-vous, qu’attend-on pour se lancer dans les études nécessaires pour comprendre le rôle du bore ?
  • Eh bien, on attend qu’un ministère de la santé de référence dans le monde se décide à financer de telles études… et donc que la question du bore devienne prioritaire.
  • Parce qu’elle n’est pas prioritaire, peut-être ?
  • Eh bien, non. Nous allons voir pourquoi ! Suivez-moi dans mon raisonnement…

Est-ce un catalyseur ?

Mais voyons tout de suite ce que nous savons sur son utilité dans le métabolisme humain.

Si l’on n’a pas exactement compris le détail des réactions physiologiques dans lesquelles le bore est impliqué, les biologistes ont remarqué que le bore interagissait avec le magnésium, le cuivre, la vitamine D, les œstrogènes pour modifier (et améliorer) le métabolisme du calcium. La suppression du bore entraînerait, selon certaines études (mais pas toutes les études), une augmentation de l’élimination urinaire de calcium et de magnésium. Certains experts estiment donc que le bore joue un rôle significatif dans la réduction du risque d’ostéoporose.

On a pu montrer également que des carences en bore entraînent des problèmes de développement des embryons, des diminutions des capacités cérébrales et des fonctions cognitives.

  • Supplémentons-nous vite ! me direz-vous.
  • Attendez la suite, vous répondrai-je…

En fait, le rôle du bore est d’autant plus important que des déficits dans les différents nutriments mentionnés existent : déficit en cuivre, en magnésium, en calcium ou en vitamine D. Pour les personnes qui n’ont pas de déficit, le supplément de bore ne semble pas avoir d’intérêt particulier.

Car en fait, nous absorbons tous de petites quantités de bore qui, en l’absence de déficit d’autres nutriments, nous permettent d’avoir un bon fonctionnement métabolique.

Des apports végétaux suffisants

Nous avons vu que le bore est indispensable à la croissance des plantes. Ce qui veut dire que les plantes en contiennent des petites quantités qu’elles accumulent progressivement en les pompant dans la terre.

Ainsi, les légumes, les fruits et les céréales contiennent-ils de manière naturelle des petites quantités de bore que nous allons absorber en même temps que nous les consommons…

Car la biodisponibilité du bore est excellente : la quasi-totalité des quantités que nous absorbons passe de notre système digestif directement dans notre système sanguin. De là, il circule dans le sang, d’où les quantités absorbées sont ensuite progressivement éliminées par les reins, alors qu’une petite partie s’accumule… dans les os.

Quelques études limitées ont montré qu’une grande partie de la population occidentale a des apports journaliers d’environ 1 à 3 mg/jour en moyenne.

Ces quantités semblent largement suffisantes au vu des connaissances limitées disponibles actuellement.

Des risques certains mais mal connus

Pour autant, nous savons que tous les aliments, tous les nutriments peuvent être toxiques si nous les ingérons en trop grandes quantités.

Différentes études ont été menées sur des animaux et sur des humains pour estimer quelles étaient les doses à ne pas dépasser.

Les troubles entraînés par des excès importants de bore se rapportent à la santé reproductive, à la santé des enfants à naître (malformation des embryons),

Pour ces différentes raisons, le ministère de la santé du Canada a décidé que la dose maximale journalière admissible était de 6,7 mg/jour.

De son côté, l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire a fixé une dose limite de 10 mg/jour pour les adultes, proche de celle fixée au Canada. Les quantités maximales recommandées pour les enfants sont décroissantes. De son côté, l’OMS estime que la fourchette de non-toxicité est comprise entre 1 et 13 mg/jour.

La plupart d’entre nous sommes en-deçà de ces limites, mais une petite fraction de la population les dépasse largement : ce sont les personnes qui utilisent certains suppléments alimentaires dans le cadre d’une musculation intensive. Ces culturistes peuvent atteindre des consommations journalières de 30 mg/jour !

Conclusion

Le bore est vraisemblablement indispensable à notre santé à très faible dose.

A plus forte dose, les risques sont mal connus pour les êtres humains, faute de données suffisantes, mais on sait que le bore est toxique et mortel à des doses élevées.

La nature étant pour une fois bien faite, nous trouvons ces faibles doses dans notre alimentation courante, particulièrement dans les aliments végétaux que nous consommons : fruits, légumes, champignons, les fruits à coques (noix, noisettes…), certaines eaux minérales…

Ces très faibles doses de bore que nous absorbons dans notre alimentation courante impliquent des apports suffisants d’autres nutriments essentiels : le calcium, le magnésium, la vitamine D, ainsi que le cuivre.

Si notre alimentation nous apporte en général suffisamment de cuivre, c’est rarement le cas pour le calcium, le magnésium et la vitamine D.

On peut d’ailleurs affirmer sans beaucoup d’erreurs que la quasi-totalité de la population européenne est en déficit de l’un ou l’autre de ces éléments.

Cela nous ramène à notre refrain habituel. La bonne santé de nos os implique :

Une alimentation méditerranéenne raisonnée nous permettra de couvrir nos besoins en bore (aliments végétaux à commencer par les fruits et légumes) et une grande partie de nos besoins en calcium, magnésium et protéines, limitera l’inflammation, améliorera notre digestion…

Il restera à soigner nos apports en vitamine D et nos activités physiques.

Prenons soin de nous !

Sources :

Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, Tolerable upper intake levels for vitamines and minerals, février 2006.

Boron as a Medicinal Ingredient in Oral Natural Health Products, Natural Health Products Directorate, Health Canada, July 2007