Ostéoporose : comment arrêter proprement Prolia (Denosumab)

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Ostéoporose : comment arrêter proprement Prolia (Denosumab)

Comment arrêter le Prolia (denosumab) sans prendre de risque, ou en les maîtrisant fortement ?

Plan de l’article

Diminuer les risques de fractures

Ombres et lumières des médicaments

Le Prolia pour arrêter l’ostéoporose

Service médical important !

Arrêter le Prolia : effet rebond garanti de l’ostéoporose

Que faire, alors ?

Arrêter le Prolia ?

Stratégie alternative

Combiner les effets

Arrêter ou espacer les doses de Prolia ?

Conclusion

Arrêter le Prolia ?

Superviser la démarche

Sources

Diminuer les risques de fractures

Les fractures d’ostéoporose nous menacent et nous font peur…

Nous le savons… Si nous sommes atteints d’ostéoporose, les risques de fractures augmentent de manière exponentielle.

Et cela concerne aussi bien le col du fémur que la colonne vertébrale… ainsi que les poignets.

Bref, rien de très réjouissant !

Je suis d’accord.

Nous en avons déjà parlé précédemment…

Arrêter proprement le Prolia (denosumab) - Ostéoporose

Ombres et lumières des médicaments

Face aux risques élevés de fractures et aux très graves problèmes qui peuvent en résulter, nous voulons faire face.

Différences solutions sont envisageables, et notamment des solutions médicamenteuses.

Ce ne sont pas les seules, c’est vrai. Mais elles sont souvent relativement faciles à mettre en œuvre, surtout si la situation osseuse est très dégradée…

Quand notre médecin va nous conseiller un médicament contre l’ostéoporose, plusieurs réactions sont possibles.

Un certain nombre d’entre nous font immédiatement confiance à leur médecin. En effet, il nous a toujours bien conseillé(e)s. Ces personnes vont suivre ses conseils et prendre les médicaments, après avoir pris les précautions nécessaires pour limiter les problèmes.

D’autres personnes se renseignent, puis finalement décident, bon gré, mal gré, de suivre les recommandations médicales.

D’autres personnes chercheront des informations pour justifier qu’un traitement n’est théoriquement pas nécessaire. Et comme dans la vie, on trouve tout ce qu’on cherche (et son contraire), elles trouveront les justifications voulues.

D’autres encore ne voudront rien entendre, par principe.

Et pourquoi pas, après tout. Toute position assumée est respectable.

Enfin, certaines courront le risque d’une fracture pour éviter la chimie, qui ne leur plaît pas. C’est tout à fait respectable.

Le gros avantage des médicaments est qu’ils diminuent d’un facteur 2 à 4 les risques de fractures…

Tout cela au prix d’un inconfort assez fréquent (beaucoup de médicaments entraînent des troubles du bien-être). Il peut également arriver des problèmes plus graves, mais extrêmement rares, comme des ostéonécroses ou des fractures atypiques…

Nous avions évoqué la question précédemment dans deux articles. L’ostéonécrose frappe aussi beaucoup plus de personnes qui ne prennent pas de médicaments… C’est une maladie « naturelle ».

Le Prolia pour arrêter l’ostéoporose

Parmi l’ensemble des médicaments disponibles contre l’ostéoporose, il y a le Prolia. C’est son nom commercial.

Le nom technique de la molécule efficace du Prolia est le « denosumab ».

Le suffixe « mab », à la fin, signifie anticorps monoclonal (MAB = Monoclonal AntiBody, in english).

Le denosumab est une molécule qui diminue l’action des cellules qui déconstruisent l’os (ostéoclastes).

Nous savons que l’ostéoporose vient (en partie) d’un déséquilibre entre les cellules qui déconstruisent l’os et les cellules bâtisseuses d’os (ostéoblastes).

Des chercheurs ont alors eu l’idée de diminuer l’action des ostéoclastes pour conserver plus longtemps le vieil os. Cela laisse plus de temps aux ostéoblastes pour reconstruire de l’os neuf.

À cet effet, le Prolia tue une partie des ostéoclastes.

Service médical important !

Ce n’est pas une solution parfaite. C’est une solution qui fait le travail : Prolia permet de diminuer très nettement les risques de fractures liées à l’ostéoporose.

Ainsi, selon les études du fabricant, Prolia divise :

  • par 3 environ le risque de fractures des vertèbres
  • et par 2 les risques de fractures de la hanche.

Chez des personnes en grande fragilité osseuse, c’est une vraie performance !

Cette diminution des risques de fractures s’explique par une forte augmentation de la densité minérale osseuse (DMO). Cette augmentation est spectaculaire au niveau de la colonne et très importante à la hanche et au col du fémur.

D’ailleurs, en France, la Haute Autorité de Santé a rendu un nouvel avis en milieu d’année 2018. Elle estimait que Prolia rendait un Service Médical Important. Un Service Médical Rendu de niveau Important est le plus haut niveau de service qu’un médicament peut rendre. Ce critère prend en compte la gravité de la maladie, l’efficacité du médicament, ses effets secondaires, son utilisation potentielle.

Bref, pour les autorités de santé françaises et européennes, Prolia reste incontournable.

Une revue médicale professionnelle suisse indiquait d’ailleurs : « Le dénosumab est un traitement très efficace de l’ostéoporose, simple d’utilisation et très bien toléré ».

C’est avis ne fait pourtant pas l’unanimité… y compris chez certains professionnels. Mais ce n’est pas très étonnant, puisqu’il s’agit de santé…

En matière de santé, il y a à peu près autant d’avis que de personnes… Y compris celles qui ne sont pas concernées.

Arrêter le Prolia : effet rebond garanti de l’ostéoporose

On s’est rendu compte, depuis quelques années, qu’à l’arrêt du Prolia, des fractures extrêmement graves pouvaient survenir au bout de quelques mois.

Cela peut s’expliquer aisément. Après l’arrêt du traitement par Prolia, les ostéoclastes se remettent à travailler à plein régime…

Ils reprennent leur travail de sape.

Ce travail de sape de l’ostéoporose recommence avec autant d’intensité qu’avant le démarrage du Prolia.

On peut même supposer que, dans certains cas, les ostéoclastes sont encore plus actifs qu’initialement. En effet, pendant toute la prise du médicament, les zones d’os endommagé, à remanier, se sont étendues. De ce fait, lors de leur reprise d’activité, les ostéoclastes ont beaucoup de chantiers de démolition à accomplir.

Ils font des heures supplémentaires pour rattraper le retard. « Ils se vengent » me disait une patiente.

Et de nouveau, les ostéoblastes n’ont plus le temps de suivre !

Une étude sur la question a été publiée en 2020. Elle montre que les augmentations de densité minérale osseuse (DMO) s’estompent nettement dès que l’on espace les injections de Prolia de plus de 10 mois.

Que faire, alors ?

On pourrait se demander s’il est utile d’arrêter Prolia, une fois qu’on l’a démarré.

En effet, les études cliniques n’ont pas fait apparaître de durée maximale d’utilisation. De durée après laquelle il est impératif d’arrêter le traitement.

Les recommandations médicales en matière de traitement de l’ostéoporose sont de réévaluer périodiquement l’utilisation du Prolia. Particulièrement après une période de 5 ans.

Il s’agit notamment de vérifier que les effets indésirables restent acceptables pour la patiente (ou le patient).

Bref, tant qu’aucun effet indésirable important n’est apparu, il est possible de continuer l’utilisation du Prolia.

Toutefois, les études menées au long court montrent que les incidents deviennent plus nombreux avec la durée de prise du traitement.

Bref, les experts, les plus grandes sommités médiales en matière d’ostéoporose (rhumatologie, endocrinologie, gérontologie) ont statué sur la question de l’arrêt des médicaments.

Ces sommités indiquent que l’arrêt d’un traitement médicamenteux de l’ostéoporose peut se discuter, après une première séquence de traitement :

  • en l’absence de fracture sous traitement,

  • s’il n’y a pas de nouveau facteur de risque,

  • si la densité osseuse est suffisante.

Une réévaluation est recommandée après l’arrêt du traitement, en étant particulièrement vigilant avec le Prolia.

Arrêter le Prolia ?

Depuis qu’on s’est rendu compte des risques qui existent, les autorités de santé (HAS, par exemple) recommandent de traiter les patients qui veulent arrêter le Prolia avec des bisphophonates.

Les bisphophonates sont des médicaments qui insèrent des molécules très solides dans la trame osseuse.

Cette stratégie a l’avantage de diminuer les risques de fractures. Elle a aussi pour inconvénient les effets secondaires et les contraintes des bisphophonates. En effet, beaucoup de patient(e)s les supportent plus ou moins mal et il est important de prendre des précautions au moment où on les prend.

D’ailleurs, Prolia est souvent utilisé par des patient(e)s qui supportent mal les bisphophonates. Les protéger des effets rebonds du Prolia avec des bisphosphonates serait alors délicat, et dans certains cas, impossible.

Stratégie alternative

Combiner les effets

On peut alors envisager la stratégie suivante : elle pourrait être utilisée pour des personnes ne supportant pas les bisphosphonates ou des personnes souhaitant diminuer voire arrêter les doses de Prolia.

Une personne atteinte d’ostéoporose, avec des risques importants de fractures, utiliserait un médicament comme Prolia pendant quelques semestres. Cela lui permettrait de faire remonter significativement sa densité osseuse. Et donc de diminuer les risques de fractures.

En parallèle, cette personne entamera un programme de reminéralisation naturelle par la prévention active en 7 étapes.

Nous savons toutes et tous l’importance de la stimulation osseuse par des exercices physiques adaptés.

Au fur et à mesure du renforcement osseux dû au médicament, cette personne adaptera son activité physique. Il s’agira de mener des exercices aussi intenses que ce que son squelette est à même de supporter.

Après quelques mois, cette personne aurait ainsi un double bénéfice :

Dès que la reminéralisation sera suffisamment importante, la personne pourra alors diminuer les doses de Prolia. Théoriquement, cela peut se faire en espaçant les doses ou en diminuant les quantités.

Arrêter ou espacer les doses de Prolia ?

En effet, Prolia est administré sous forme de piqûres de 60 mg de médicaments à injecter tous les 6 mois.

En pratique, les médecins qui accompagnent les personnes qui souhaitent arrêter Prolia diminuent progressivement les doses en maintenant le rythme des injections à 6 mois. Ils commencent par passer à une demi-dose 30 mg, puis à un quart de dose 15 mg… si la situation osseuse est favorable.

Il est alors éventuellement possible de continuer à utiliser Prolia sur des durées beaucoup plus longues, en diminuant drastiquement les risques d’effets secondaires.

Après l’arrêt, il serait également possible de prévoir des périodes longues sans traitement médicamenteux. Il conviendra d’avoir un bon suivi médical, tout en continuant le programme de reminéralisation naturelle. Celui-ci, mené avec suffisamment d’intensité et de régularité, permet en effet de maintenir une minéralisation osseuse suffisante.

Car, souvenons-nous en, le renforcement osseux est possible jusqu’à plus de 90 ans !

Bien sûr, une telle démarche ne peut être menée qu’en liaison étroite avec un spécialiste. Notre rhumatologue supervisera le traitement. Il vérifiera que la minéralisation osseuse est suffisante pour que les risques de fractures soient sous contrôle. C’est extrêmement important pour limiter les risques de fractures des vertèbres et leurs conséquences dramatiques.

Et il ne faudra jamais arrêter les bonnes pratiques de reminéralisation naturelle : la déminéralisation recommence dès qu’on arrête…

Conclusion

Arrêter le Prolia ?

Prolia est très décrié depuis l’été 2018.

On s’est rendu compte qu’à l’arrêt du médicament Prolia, les risques de fractures peuvent remonter en flèche en quelques mois.

Prolia ne protège contre les fractures liées à l’ostéoporose que durant la durée du traitement.

Pourquoi arrêter, alors ?

Cela peut se produire notamment en cas d’effets indésirables importants (il y en a rarement, mais cela existe). Mais aussi, parce que les risques d’inconvénients augmentent avec la durée d’utilisation.

Il est théoriquement possible, alors, de limiter les risques d’effets indésirables en diminuant progressivement les doses, puis en les arrêtant au moins momentanément. Toutefois, sans mesures de prévention, on risque d’affaiblir à nouveau gravement son squelette… et de subir des fractures…

Une stratégie plus favorable consiste alors à combiner différents effets positifs sur la densité osseuse :

  • les effets positifs à court terme du Prolia
  • et les effets positifs d’un programme de reminéralisation naturelle à long terme.

Les seconds effets prendront le relais des premiers effets progressivement.

Le Prolia permet souvent de solidifier suffisamment les os majeurs du squelette pour qu’ils soient en mesure de supporter des stimulations suffisantes pour se renforcer de manière naturelle.

Quand la minéralisation est suffisante (densité osseuse), il est alors possible, progressivement, de diminuer (ou d’espacer), voire de suspendre l’utilisation du Prolia.

Superviser la démarche

Naturellement, une telle stratégie ne peut être tentée que sous la supervision d’une expertise médicale avérée. Votre médecin vérifiera de manière précise et personnelle ce qui vous est possible sur le plan physique, compte tenu de l’état structurel de votre squelette.

Il est donc important d’avoir toute confiance en lui, et de se souvenir qu’il est impossible d’éviter tous risques dans la vie.

Le jeu en vaut vraiment la chandelle. Aussi bien sur le plan osseux que sur le plan de la santé générale.

Car la reminéralisation naturelle a un impact positif sur tous les aspects de la santé durable. Et ce, jusqu’à plus de 90 ans. Y compris quand nous avons encore des os solides !

Vous pouvez d’ailleurs demander le petit livret gratuit sur la reminéralisation osseuse en bas de l’article.

Prenons soin de nous !

Nous en valons la peine.

Sources

Olivier Lamy, Elena Gonzalez-Rodriguez, Delphine Stoll, Bérengère Aubry-Rozier, Dénosumab en routine clinique: précautions à prendre avant, pendant et après, Rev Med Suisse 2017; volume 13. 863-866

PROLIA(denosumab), anticorps monoclonal, Avis de la commission de la Transparence, Haute Autorité de Santé, Paris, 25 juillet 2018

Risque accru de fracture vertébrale après l’arrêt de denosumab, Ostéoporose Canada, Toronto, 23 octobre 2018,

Le Denosumab, Ostéoporose Canada, Toronto, juillet 2019

« Dénosumab : fractures vertébrales multiples à l’arrêt » Rev Prescrire 2018 ; 38 (418) : 584.

Karine Briot, Christian Roux, Thierry Thomas, Hubert Blainc, Daniel Buchond, Roland Chapurlate, Françoise Debiais, Jean-Marc Ferong, Jean-Bernard Gauvain, Pascal Guggenbuhl, Eric Legrand, Anne-Marie Lehr-Drylewicz, Eric Lespessailles, Florence Tremollieres, Georges Weryha, Bernard Cortet, Actualisation 2018 des recommandations françaises du traitement de l’ostéoporose post-ménopausique, Revue du rhumatisme, 85(2018), pages 428–440

Aliya Aziz Khan, MD,FRCP,FACP, FACE, Hajar Abu Alrob, MSc, Iman M’Hiri, MSc, Hosay Said, MD, Sharjil Hussain, MD, Ismail Hweija, Salman Iqbal, MSc, Shawn K Davison, PhD, Romanovschi Mihai, Hafsa Haneef, Mona Qutub, Heather Zariffeh, SUN-377 Efficacy of Low Dose Denosumab in Maintaining Bone Mineral Density in Postmenopausal Women with Osteoporosis: A Real World, Prospective Observational Study, Journal of the Endocrine Society, Volume 4, Issue Supplement_1, April-May 2020, SUN–377

Houchen Lyu, Sizheng S Zhao, Kazuki Yoshida, Sara K Tedeschi, Chang Xu, Sagar U Nigwekar, Benjamin Z Leder, Daniel H Solomon, Delayed Denosumab Injections and Bone Mineral Density Response: An Electronic Health Record-based Study, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 1° Mai 2020, 105(5):1435-1444

Article mis à jour le 18 juin 2020.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Homnes

    Pour information complémentaire :
    Les injections de Prolia doivent normalement se faire tous les 6 mois.
    Une étude publiée en janvier 2020 montre que les augmentations de densité minérale osseuse (DMO) s’estompent nettement dès que l’on espace les injections de Prolia de plus de 10 mois, soit 4 mois au-delà de ce qui est préconisé pour le traitement.
    Pour une personne qui souhaite suspendre son traitement pour une raison ou une autre, il est donc très important de profiter des 10 mois pendant lesquels on bénéficie d’un renforcement osseux par Prolia. Ces dix mois seront utiles pour mettre en place un second programme de renforcement (naturel, si on le souhaite) qui va venir relayer les effets du Prolia.
    Il faudra bien sûr faire cela sous contrôle médical de façon à vérifier que le second programme mis en place fonctionne correctement, car tout le monde ne réagit pas de la même façon aux mêmes stimulations.
    Prenons soin de nous : nous en valons la peine !
    Source :
    Houchen Lyu, Sizheng S Zhao, Kazuki Yoshida, Sara K Tedeschi, Chang Xu, Sagar U Nigwekar, Benjamin Z Leder, Daniel H Solomon, Delayed Denosumab Injections and Bone Mineral Density Response: An Electronic Health Record-based Study, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, , dgz321

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