Bisphosphonates & Ostéoporose : Fonctions, Dangers, Comment Arrêter

Reminéraliser nos os à tout âge de manière naturelle !!!Le livre de référence "Ostéoporose & Ostéopénie : Quand s'inquiéter et comment réagir"

Bisphosphonates & Ostéoporose : Fonctions, Dangers, Comment Arrêter

Les bisphosphonates : anges ou démons ?

Vous êtes concernée par l’ostéoporose, et vous avez déjà entendu parler des bisphosphonates.

Parfois, on les appelle aussi diphosphonates.

Et certains d’entre nous oublient un « s » au milieu et l’écrivent biphosphonates.

Vous savez que, d’après les médecins, les bisphosphonates permettent de diminuer votre risque de fractures.

Et les fractures, ce sont des perspectives de douleurs peu réjouissantes et d’invalidité à long terme.

D’un autre côté, vous savez, ou des « amis » vont ont parlé d’effets secondaires terrifiants qui se produiraient presque à coup sûr…

Bref, vous avez entendu parler des bisphosphonates en bien et en mal.

Car, comme pour beaucoup de choses, les avis sont très tranchés…

En conséquence, vous avez de quoi être perdue, vous avez de quoi ne plus savoir quoi penser.

Heureusement, nous allons poser les faits, expliquer les fonctions, analyser les données pour nous aider, finalement, à y voir plus clair.

Et nous verrons également quand il peut être intéressant d’arrêter les bisphosphonates.

Car – oui – il est possible de les arrêter, et les arrêter en toute sécurité !

Bisphosphonates & Ostéoporose = fonction, définition & arrêt - homNes

Plan de l’article sur les bisphosphonates

Les bisphosphonates : anges ou démons ?

À quoi servent les bisphosphonates : les fonctions

Des molécules qui freinent la déconstruction osseuse

Voici comment.

Une genèse époustouflante des bisphosphonates

Une longue histoire

Une amélioration des molécules

Bisphosphonates : étymologie (l’origine du mot)

Bisphosphonates : une famille de médicaments

Effets des bisphosphonates sur le squelette

Précautions d’utilisation

Un renforcement progressif

Les effets secondaires des bisphosphonates

Des notices anxiogènes

Des réseaux sociaux anxiogènes

Le vrai problème sanitaire et social

Un choix parfois psychologiquement difficile

Comment arrêter proprement les bisphosphonates

Adopter les comportements protecteurs

Conclusion : utiliser puis arrêter les bisphosphonates

Récapitulatif sur l’usage et l’arrêt des bisphosphonates

Sources

À quoi servent les bisphosphonates : les fonctions

Des molécules qui freinent la déconstruction osseuse

Les bisphosphonates sont des molécules particulièrement solides qui, en médecine, sont destinés à renforcer les os fragiles.

Ils sont utilisés en petites doses contre l’ostéoporose, et en doses beaucoup plus importantes en cas de tumeurs osseuses (cancers).

Les médecins les utilisent également pour d’autres maladies osseuses comme la maladie de Paget et l’ostéogénèse imparfaite (maladie des os de verre).

Car tous ces types de maladies entraînent des fragilités osseuses plus ou moins importantes.

Très, trop importantes, souvent, malheureusement.

Ainsi, dans le cas de l’ostéoporose, les cellules qui démontent l’os (ostéoclastes) travaillent trop vite par rapport à l’activité des cellules bâtisseuses d’os (ostéoblastes).

Or, les chercheurs se sont rendus compte que les bisphosphonates compliquaient la vie des ostéoclastes.

Voici comment.

Nos os, les vôtres comme les miens, contiennent différents minéraux, et particulièrement des molécules composées de phosphore et de calcium.

Les bisphosphonates viennent remplacer dans la structure osseuse d’autres molécules formées à partir de phosphore (pyrophosphate).

Une fois que les bisphosphonates sont en place dans l’os, les ostéoclastes éprouvent les plus grandes difficultés à les supprimer.

Les ostéoclastes ont alors plus de temps pour rattraper leur retard et pour renforcer progressivement l’os affaibli.

Faisons une comparaison, une métaphore (comme on dirait en rhétorique).

Imaginons un mur en briques de terre crue.

Quand il pleut, la pluie ravine et endommage très vite les briques en terre crue.

Si nous remplacions certaines briques en terre crue par des briques en terre cuite, le mur serait beaucoup plus solide.

Alors que la pluie attaque facilement les briques en terre crue, les dommages aux briques en terre cuite sont beaucoup plus lents.

Les maçons ont alors beaucoup plus de temps pour reconstruire les parties de murs endommagées par la pluie.

Après cette petite comparaison, revenons à nos os renforcés avec des bisphosphonates.

Grâce à eux, les risques de fractures des os des personnes atteintes d’ostéoporose sont donc considérablement diminués.

Les études réalisées par des hôpitaux montrent en effet que ces médicaments sont très efficaces.

Les bisphosphonates actuels permettent ainsi de diviser par 2 à 4 les risques de fractures par rapport à l’utilisation d’un placebo.

Parce que les bisphosphonates ont beaucoup évolué au cours du temps.

Une genèse époustouflante des bisphosphonates

Une longue histoire

La mise au point pharmaceutique des bisphosphonates est une longue histoire, qui s’étend sur plus de 50 ans maintenant.

En pharmacie, les premiers essais de ces molécules datent des années 1960.

À l’époque, on connaissait les bisphosphonates depuis fort longtemps.

Ils avaient des applications industrielles dans la chimie, comme de très nombreux autres médicaments très courants.

Dans les années 1960, les spécialistes de l’os commençaient à mieux comprendre le fonctionnement intime du remodelage osseux. C’est-à-dire le rôle des ostéoblastes et des ostéoclastes, les cellules qui construisent et détruisent la trame osseuse.

Ces chercheurs pensaient que différentes molécules proches des molécules naturelles de l’os pourraient être utiles pour raffermir les os.

Ils ont alors testé des pyrophosphates inorganiques puis des bisphosphonates.

Avec les pyrophosphates, les chercheurs ont rencontré un échec : les ostéoclastes arrivaient facilement à les dissoudre !

Bref, il fallait reprendre le processus de recherche avec d’autres molécules.

Par contre, les bisphosphonates résistaient beaucoup mieux et ralentissaient considérablement le travail des ostéoclastes.

Ces expériences ont été d’abord faites en laboratoire (in vitro), puis sur des animaux (in vivo).

Enfin, avec la prudence qu’exigent les essais pharmaceutiques (on a beaucoup progressé, depuis), les expériences ont été tentées sur des êtres humains.

Les résultats ont été favorables : l’os traité avec des bisphosphonates devenait plus solide.

Et pourtant, on n’utilisait, à l’époque, que des molécules très simples, comme l’étidronate ou le clodronate.

Une amélioration des molécules

Progressivement, les molécules initiales ont été complexifiées et améliorées.

Les pharmaciens ont rajouté de nouveaux « radicaux », des ensembles d’atomes, qui permettaient d’améliorer les performances des bisphosphonates.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, les médecins disposent de plusieurs molécules très efficaces.

Les effets des molécules les plus récentes peuvent être 10.000 fois plus puissants que les effets initiaux !

Et l’on dispose maintenant de molécules qui permettent de traiter différentes catégories de malades.

Enfin, ces molécules sont disponibles sous différentes formes « galéniques » : comprimés ou injections.

Ainsi, un choix relativement large existe en fonction des contraintes des personnes atteintes d’ostéoporose grave.

Bisphosphonates : étymologie (l’origine du mot)

Si nous connaissons maintenant la fonction et l’histoire des bisphosphonates, nous ignorons encore pourquoi ils portent ce nom.

Au cœur du mot, il y a phos : c’est un mot grec qui signifie la lumière.

Phos a donné ensuite phosphore, ce qui signifie, toujours en grec, « Qui porte la lumière ». Joli nom, n’est ce pas ?

En effet, en brûlant, le phosphore produit une lumière très intense.

Phosphonate est un dérivé du mot phosphore qui caractérise une famille de molécules particulières.

Car il y en a beaucoup, des molécules, dans la famille organophosphoré : phosphinate, phosphinite, phosphonite, phosphite…

Nous n’irons pas plus loin dans les détails.

Précisons simplement que le bis signifie que les molécules de bisphosphonates associent deux molécules de phosphonates.

Bisphosphonates : une famille de médicaments

Et donc, les bisphosphonates sont un ensemble de médicaments, une série de médicaments.

Ils ont tous dans leur cœur, deux atomes de phosphores reliés par un atome de carbone.

Le plus simple et le plus ancien des bisphosphonates s’appelle l’étidronate. C’est la molécule qui avait permis de démontrer l’utilité des bisphosphonates dans la lutte contre l’ostéoporose. Il n’est plus commercialisé depuis une dizaine d’années, environ, car les nouvelles molécules sont beaucoup plus efficaces.

Actuellement, la Haute Autorité de Santé ne mentionne plus, dans ses recommandations pour traiter l’ostéoporose, que trois catégories de bisphosphonates.

Ce sont l’alendronate, le risédronate et la zolédronate.

En fait, ce sont les noms chimiques des molécules.

Aussi, on les connaît plus souvent sous leur nom commercial : Fosamax ou Fosavance (alendronate), Actonel (risédronate), Aclasta (zolédronate).

Nous pouvons les trouver également sous d’autres noms car certains d’entre eux sont disponibles sous forme générique.

Certains existent sous forme de comprimés journaliers ou hebdomadaires (à prendre 1 fois/jour ou une fois par semaine) voire moins.

Zolédronate est administré comme une perfusion (« piqûre » 1 fois/an).

Ces différentes formes permettent ainsi d’adapter le traitement en fonction des préférences ou des difficultés des patients.

Effets des bisphosphonates sur le squelette

Précautions d’utilisation

Après avoir réfléchi, nous être fait conseiller, avoir éventuellement hésité, nous décidons finalement de prendre des bisphosphonates.

La première chose à faire est de prendre rendez-vous avec notre dentiste pour faire un bilan précis et éventuellement pour faire les soins lourds que notre dentition pourrait nécessiter. En effet, la cicatrisation de l’os de la mâchoire peut, parfois, être plus difficile quand nous prendrons des bisphosphonates.

Alors, il vaut mieux prendre nos précautions avant, et ensuite, de rendre visite à notre dentiste au moins une fois par an…

En outre, si c’est nécessaire, il est utile d’améliorer notre hygiène dentaire.

Parlez-en aussi à votre dentiste, même si cela ne vous concerne pas, bien sûr !

Rassurez-vous quand même : contrairement à ce que disent certains dentistes, l’utilisation de bisphosphonates n’est pas une contre-indication à la mise en place d’implants dentaires.

Ensuite, pour les bisphosphonates sous forme de comprimés, il convient de prendre des précautions particulières :

  • pour protéger notre système digestif,

  • pour favoriser un bon métabolisme du bisphosphonate.

Il convient de prendre les comprimés :

  • en étant à jeun,

  • au moins une demi-heure avant un repas (les aliments perturbent l’absorption des bisphosphonates),

  • en restant assis ou debout pendant une demi-heure,

  • en accompagnant le comprimé d’une grand verre d’eau.

Il est à noter, en outre, que les bisphosphonates interagissent avec le calcium et le fer. Si vous prenez du calcium ou du fer sous forme de suppléments, il est important de laisser suffisamment de temps entre les suppléments et les bisphosphonates. Votre pharmacien est la personne la plus qualifiée pour vous conseiller, bien sûr !

Oui ! C’est vrai : c’est bien contraignant.

D’où l’intérêt d’en prendre moins souvent (une fois par semaine) ou sous forme d’injection (1 fois par an).

Un renforcement progressif

Une fois absorbées, les molécules de bisphosphonates vont commencer progressivement à s’accumuler dans nos os.

Cela va se produire au fur et à mesure du remodelage naturel de l’os.

Et progressivement, les ostéoclastes vont avoir de plus en plus de difficultés à démonter l’os… laissant ainsi plus de temps à nos ostéoblastes pour travailler.

Des études médicales ont comparé des malades traités avec des malades non traités. On a constaté que les bisphosphonates permettent de diminuer les risques de fractures :

  • l’alendronate (Fosamax, par exemple) diminue le risque de 50% pour les fractures de la hanche et de la colonne vertébrale, de 23% pour le poignet et autres os,

  • le zoledronate (Aclasta, par exemple) diminue le risque de 70% pour la colonne vertébrale et de 40% pour la hanche.

L’accumulation des bisphosphonates dans nos os va se poursuivre pendant toutes les années où nous prendrons le médicament.

Au début, l’accumulation sera plus rapide et nos os vont se renforcer rapidement.

Avec le temps, l’accumulation va continuer, tout en ralentissant progressivement.

Des expériences ont été faites pour vérifier l’impact des traitements à très long court par rapport à des traitements plus courts.

Il semble que l’effet maximal soit atteint au bout d’environ 3 à 5 ans suivant les molécules.

Mais dès que l’on arrête les bisphosphonates, l’effet diminue lentement et les risques de fractures augmentent à nouveau progressivement sur plusieurs années.

Une supervision médicale continue

Quoi qu’il en soit, il est important que les patients soient suivis par un médecin pendant toute la durée du traitement et après le traitement.

En effet, il s’agit de vérifier que le traitement fonctionne bien : les experts recommandent une nouvelle DMO deux ou trois ans après le début du traitement.

Il convient également de vérifier que la personne traitée supporte bien le traitement et que ses facteurs de risque ne s’aggravent pas.

Les effets secondaires des bisphosphonates

Car, comme c’est le cas pour tous les médicaments, les bisphosphonates ne sont pas correctement supportés par tout le monde…

Si la plupart des personnes ne sentent rien, certaines ont des petits désagréments, d’autres encore de gros désagréments et enfin, les rares dernières peuvent avoir des ennuis sérieux.

Les gros ennuis sont très rares : car s’ils étaient plus fréquents, les médicaments seraient retirés du marché, comme cela arrive parfois.

Ainsi, en matière d’ostéoporose, le Protelos (ce n’était pas un bisphosphonate) a été retiré du marché il y moins de 10 ans après quelques années d’autorisation. Il faut aussi dire qu’entre-temps, de nouveaux médicaments plus efficaces et plus sûrs étaient apparus…

Des notices anxiogènes

Mais j’imagine que vous avez déjà regardé la notice de vos médicaments.

Prenez-en une et regardez.

Quand nous arrivons à la liste des effets secondaires, nos cheveux se dressent sur notre tête. Y compris pour des molécules aussi courantes que l’aspirine en toute petite dose.

Pour éviter tout problème juridique, les fabricants de médicaments ont pris l’habitude de mentionner de très larges listes d’effets secondaires.

Si on listait tous les accidents qui peuvent impliquer une fourchette ou un cure-dent, on aurait une liste tout aussi effrayante !

C’est, hélas, un des défauts de la transparence : celui de tout nous dire sans rien nous expliquer.

Des réseaux sociaux anxiogènes

Les plus graves effets secondaires recensés sont l’ostéonécrose de la mâchoire et les fractures atypiques.

Nous avons déjà évoqué par ailleurs ce que sont les ostéonécroses. Rappelons simplement qu’elles se produisent même chez des personnes qui ne prennent aucun médicament et qu’elles peuvent guérir plus lentement avec des bisphosphonates.

Pour ce qui concerne les fractures atypiques, c’est un effet indirect des bisphosphonates : en rendant les os plus durs, ils les rendent parfois plus cassants : un peu comme la fonte par rapport à l’acier.

Mais rassurons-nous encore : ostéonécrose et fractures atypiques sont très courantes sur les réseaux sociaux… et très rares dans la vraie vie.

On compte en effet une personne souffrant d’ostéonécrose et 5 personnes souffrant de fractures atypiques pour 10.000 personnes traitées avec des bisphosphonates.

Nous avions déjà traité ces questions dans un autre article.

Le vrai problème sanitaire et social

Non, les vrais problèmes sociaux ne sont pas là, même si pour les personnes touchées, ce sont de vrais et graves problèmes individuels.

Les vrais problèmes sociaux sont plutôt dans le nombre de fractures constatées chaque année comme conséquences de l’ostéoporose. Plusieurs millions, rien que pour 2019 en Union Européenne !

Mais avant de clore le chapitre sur les effets secondaires, il faut aussi mentionner de nombreux (petits) désagréments qui peuvent se produire : douleurs diverses dont osseuses, difficultés digestives, inflammation, fibrillation auriculaire (trouble du rythme cardiaque, plus particulièrement avec le zolédronate)…

Bref, tout cela complique fortement la décision pour les malades qui pourraient bénéficier d’un bisphosphonates.

Un choix parfois psychologiquement difficile

En effet, si nous ne faisons rien, si nous ne prenons pas de médicaments, nous n’aurons peut-être jamais de fracture.

Toutefois, la probabilité de nous fracturer un os est élevée, surtout si l’ostéoporose est importante et que l’on est plus jeune et plus actif.

Par contre, si nous prenons le médicament, par la suite, nous pouvons être victime d’un effet secondaire négatif.

La probabilité est faible, en réalité, et l’immense majorité des personnes qui prennent des bisphosphonates s’en sortent très bien.

Si les chiffres froids sont très en faveur des traitements (quand ils sont indiqués, médicalement parlant), les raisonnements rhétoriques sont capables de nous faire douter de manière très intense.

Notre esprit a bien du mal à relativiser les probabilités, les chiffres.

Nous avons tendance à plus regretter les conséquences de quelque chose qu’on a décidé de faire, plutôt que de supporter les conséquences de quelque chose qu’on n’a pas (consciemment) décidé.

C’est pourquoi il convient de prendre un peu de recul.

Par exemple, avec cette petite histoire.

Il arrive que les ambulances aient des accidents. Et même des accidents mortels !

Imaginons la situation suivante.

Supposons que nous gisons par terre sur le bord de la route avec une blessure grave (je ne nous le souhaite pas, bien sûr!).

Allons-nous refuser de monter dans l’ambulance parce qu’elle est susceptible d’avoir un accident ?

Allons-nous refuser l’ambulance parce que nous avons lu sur les réseaux sociaux que les ambulanciers conduisent mal ?

Je vous laisse y réfléchir…

Et je vous propose de passer aux possibilités d’arrêter proprement les bisphosphonates.

Comment arrêter proprement les bisphosphonates

Personne n’est condamné aux bisphosphonates pour sa vie entière.

Voici pourquoi.

Il y a en effet plusieurs raisons pour lesquelles il peut être intéressant ou nécessaire d’arrêter les bisphosphonates.

Commençons par les raisons les plus anecdotiques, mais qui sont celles qui nous viennent à l’esprit facilement.

Certaines personnes ne les supportent pas et il est nécessaire de trouver une autre solution avec leur médecin.

Cela n’a rien d’étonnant puisque même les fraises peuvent entraîner, chez certaines personnes, des réactions physiologiques violentes.

Chez d’autres personnes, il peut aussi être nécessaire d’arrêter les bisphosphonates pour entamer un autre traitement.

Passons maintenant à la raison pour laquelle il est possible d’arrêter les bisphosphonates en toute sécurité.

En effet, au bout de quelques années (3 à 5 ans environ), l’effet maximal des bisphosphonates peut être quasiment atteint.

Les recommandations médicales suggèrent alors de réévaluer l’intérêt de continuer ou d’arrêter le traitement.

Pour les médecins spécialistes, un arrêt du traitement de bisphosphonates peut alors être envisagé sous réserve que :

  • il n’y ait pas eu de fracture depuis le début du traitement,

  • aucun nouveau facteur de risque ne soit apparu,

  • la DMO est restée stable à la hanche et à la colonne vertébrale,

  • et, si une fracture importante était survenue avant le traitement, que la DMO soit supérieure à -2,5 voire -2,0.

Si ces conditions sont réunies, il ne sera pas nécessaire de continuer les bisphosphonates, ni d’enchaîner un nouveau traitement.

Nous pourrons donc arrêter définitivement, sous réserve que situation reste stable dans les temps qui suivent.

Réjouissons-nous !

Adopter les comportements protecteurs

Et si nous avons adopté les comportements qui permettent de reminéraliser naturellement le squelette, nous aurons mis toutes les chances de notre côté.

En effet, nous aurons contribué à faire en sorte que nos os soient plus solides qu’avec le seul traitement médicamenteux.

Et ainsi nous serons à même de continuer à renforcer nos os de manière efficace.

Il suffira d’intensifier ces comportements, en les adaptant en fonction de notre état physique bien sûr.

Comme vous le savez, les comportements protecteurs reposent en effet sur :

Conclusion : utiliser puis arrêter les bisphosphonates

Les bisphosphonates sont des médicaments utilisés depuis presque 30 ans pour renforcer les squelettes fragilisés par l’ostéoporose.

Ils permettent, en effet, d’insérer des molécules très solides dans les os pour ralentir leur déminéralisation et favoriser leur renforcement.

L’avantage est qu’ils permettent de diminuer les risques de fracture dans un facteur de 2 à 4 environ, sans les éviter complètement, toutefois.

L’inconvénient est, bien sûr, qu’ils entraînent des contraintes d’utilisation et des risques d’effets secondaires divers.

Après quelques années, il est généralement possible de les arrêter, quand ils ont donné leurs effets les plus importants.

Bref, vous serez à nouveau libérée de la contrainte et vous aurez des os plus solides.

Tout cela nécessite, bien sûr, une supervision médicale pour vérifier que tout se passe correctement.

Idéalement, il aurait mieux valu, il vaut mieux, bien sûr, commencer dès que possible les comportements protecteurs.

Ces comportements protecteurs (nutrition, digestion, diminution de l’inflammation chronique, exercice physique adapté, stimulation de l’équilibre) peuvent arrêter une évolution défavorable et même renforcer les os. Il est tout à fait utile de s’y prendre suffisamment tôt avec ténacité, persévérance et méthode.

Y compris si l’on est atteint d’ostéoporose, car ces comportements ont non seulement un effet positif sur nos os, mais également sur notre santé durable générale.

Pour en savoir plus, vous pouvez demander le petit livret sur la reminéralisation osseuse en laissant vos coordonnées sur le site.

Prenez soin de nous : nous en valons la peine !

Récapitulatif sur l’usage et l’arrêt des bisphosphonates

Nom chimique Alendronate Risédronate Zolédronate
Nom commercial Fosamax,

Fosavance (avec vitamine D)

Actonel, Atelvia, Benet Zométa, Aclasta
Existence de générique

Oui

Forme galénique

Comprimés

Injection (piqure)
Puissance / Étidronate 1.000 1.000 à 5.000 15.000
Indications (Source HAS) Ostéoporose post-ménopausique,

Ostéoporose masculine

Ostéoporose post-ménopausique

Risque lié à une corticothérapie

Ostéoporose masculine à haut risque

Ostéoporose post-ménopausique

Risque lié à une corticothérapie

Ostéoporose masculine à haut risque

Service Médical Rendu (HAS) (*)

Important

Durée préconisée (Suisse)

(3 ans à) 5 ans

3 ans (à 5 ans)
Compléments médicalement préconisés

Vitamine D + calcium

(*) : En France, un Service Médical Rendu de niveau Important est le plus haut niveau de service qu’un médicament peut rendre. Ce critère prend en compte la gravité de la maladie, l’efficacité du médicament, ses effets secondaires, son utilisation potentielle.

Sources

Allen CS, Yeung JHS, Vandermeer B, Homik J. Bisphosphonates for steroid-induced osteoporosis. Cochrane Database of Systematic Reviews 2016, Issue 10, 5 Octobre 2016

Wells GA, Cranney A, Peterson J, Boucher M, Shea B, Welch V, Coyle D, Tugwell P. Etidronate for the primary and secondary prevention of osteoporotic fractures in postmenopausal women. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008, Issue 1, 23 janvier 2008

Les médicaments de l’ostéoporose, Haute Autorité de Santé, Avril 2019, Paris, 6 pages

Quelle place pour l’acide zolédronique (Aclasta®) dans l’ostéoporose post-ménopausique ?, Haute Autorité de Santé, Avril 2008, Paris, 4 pages

Prs René Rizzoli et Serge Ferrari, Bisphosphonates et traitements combinés de l’ostéoporose, Revue Médicale Suisse 2005; volume 1. 30674

Russell RG. Bisphosphonates: the first 40 years. Bone. 2011 ; 49(1):2-19.

Brigitte Uebelhart, Serge Ferrari, Jusqu’où et jusqu’à quand traiter l’ostéoporose ?, Revue Médicale Suisse 2017; volume 13. pages 859-862

Karine Briot, Christian Roux, Thierry Thomas, Hubert Blainc, Daniel Buchond, Roland Chapurlate, Françoise Debiais, Jean-Marc Ferong, Jean-Bernard Gauvain, Pascal Guggenbuhl, Eric Legrand, Anne-Marie Lehr-Drylewicz, Eric Lespessailles, Florence Tremollieres, Georges Weryha, Bernard Cortet, Actualisation 2018 des recommandations françaises du traitement de l’ostéoporose post-ménopausique, Revue du rhumatisme, 85(2018), pages 428–440

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Et je serai tenu(e) au courant des nouveaux articles.

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