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Protéger son squelette à la ménopause

Résumé

Une expérience menée tout récemment a montré que des femmes en cours de ménopause pouvaient conserver leur densité osseuse grâce à des exercices physiques adaptés. Cela montre une nouvelle fois l’importance de la stimulation physique de la croissance de l’os dans la stratégie de prévention de l’ostéoporose. La prévention intelligemment menée, ça donne des résultats significatifs !

Difficile ménopause

Nous savons toutes (et tous) que la ménopause est une période difficile de la vie des femmes.

La ménopause correspond à la période où les règles des femmes s’arrêtent en général (il y a des exceptions) vers la fin de la quarantaine ou le début de la cinquantaine voire plus tard…

Elle peut être caractérisée par un ralentissement progressif des règles, des ballonnements et de la constipation, de la fatigue, des changements d’humeur, des insomnies…

Elle entraîne également une dégradation de la santé cardiovasculaire, et de la santé osseuse…

C’est à ce moment que la personne en cours de ménopause risque de perdre une fraction importante de sa minéralisation osseuse, entraînant un début d’ostéopénie, pouvant glisser par la suite vers l’ostéoporose.

Une ménopause simulée

L’École de Médecine de l’Université du Colorado à Denver a décidé d’étudier s’il était possible de mettre en œuvre des comportements qui permettent de pallier à ces évolutions délétères…

Aussi, le Docteur Wendy Kohrt a mis en place un panel de 4 groupes physiologiquement comparables de femmes volontaires afin de mesurer l’impact de différents comportements. Les effets de la ménopause ont été simulés par une suppression temporaire des fonctions ovariennes.

  • Le 1° groupe de femmes ne modifiait pas ses comportements habituels (groupe contrôle),
  • Le 2° groupe de femmes pratiquait de l »exercice physique de musculation,
  • Le 3° groupe de femmes recevait un traitement d’hormones féminines (oestrogènes),
  • Le 4° groupe de femmes pratiquait de la musculation et recevait un traitement d’oestrogènes.

 

Les résultats : échec à l’ostéoporose

Les chercheurs ont mesuré les paramètres physiologiques de ces femmes avant et après les traitements proposés.

Ils ont constaté que les femmes du 1° groupe (groupe contrôle) avaient un métabolisme plus lent, une augmentation de la masse grasse abdominale, une diminution de la masse musculaire et une diminution de la minéralisation osseuse.

Par contre, il n’y avait pas de changement pour les femmes qui avaient un traitement hormonal à base d’oestrogènes : leur état physiologique restait le même qu’au moment du début de l’expérience.

Enfin, les femmes qui faisaient de l’exercice physique de musculation sans traitement hormonal conservaient leur masse osseuse, alors que leur métabolisme se ralentissait…

 

Un traitement médical et un traitement naturel

Cette expérience illustre donc deux façons de protéger son squelette.

La première consiste à mettre en place un traitement hormonal substitutif. Cela ne peut se faire qu’avec un suivi médical très précis pour vérifier qu’il est bien ajusté à chaque personne et pour effectuer les contrôles réguliers de bonne santé qu’il implique.

Il est donc également possible de protéger son squelette au moment de la ménopause en pratiquant des activités physiques adaptées pour stimuler la minéralisation de l’os. Ces exercices devront être adaptés à la physiologie de la personne (résistance osseuse, état des cartilages, santé cardiovasculaire, équilibre…) qui souhaite les mettre en œuvre et elle pourra se faire accompagner par un spécialiste (rhumatologue, généraliste, kinésithérapeute, etc…), si elle le juge utile.

 

Conclusion

Cette expérience confirme une nouvelle fois l’importance de l’exercice physique dans le maintien d’une bonne condition osseuse, ce que nous avions déjà souligné de multiples fois.

Ce qui est nouveau ici, c’est de montrer que des exercices adaptés permettent de maintenir la densité osseuse même pendant la période du démarrage de la ménopause, qui est souvent une période où la densité osseuse diminue très vite.

Il est important, alors, de bien choisir ses pratiques sportives pour stimuler au mieux son squelette et éviter les accidents, en particulier quand la densité est déjà affaiblie.

Il faudra bien sûr compléter l’exercice physique par un apport soigné des nutriments indispensables pour nourrir ses os (calcium, vitamine D, protéines, magnésium…) et de pratiquer des comportements diminuant l’inflammation.

Prendre soin de son squelette, ça marche et ça donne des résultats : c’est maintenant qu’il faut s’y mettre !

 

 

Source :

Wendy Kohrt, Bioenergetic and metabolic consequences of the loss of ovarian function in women, session « Physiology and Gender: Aging and Senescence », Congrès de la Société Américaine de Physiologie, 1° octobre 2018, Knoxville.


Protéger son cerveau en protégeant ses os

Résumé :

En prenant soin de nos os, nous prenons soin de notre cerveau : les comportements anti-inflammatoires, l’alimentation méditerranéenne, l’exercice physique qui sont adaptés à la prévention de l’ostéoporose contribuent également à la santé à long terme de notre cerveau et contribuent à nous protéger contre la maladie d’Alzheimer et autres démences.

Prévention Ostéoporose & Alzheimer Des maladies plus courantes quand on vieillit

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées sont des risques effroyables pour certains d’entre nous. Dans certaines familles, elles peuvent se déclarer avant 40 ans, mais c’est heureusement très rare. En général, elle se manifeste après 65 ans et entraîne un déclin intellectuel progressif et irréversible.

Comme pour de nombreuses maladies « modernes », comme pour l’ostéoporose, il s’agit d’une maladie de dégénérescence. Ce sont des maladies où l’interaction entre les comportements et le patrimoine génétique peuvent entraîner des catastrophes ou, au contraire, une très grande protection.

Des familles à risques

Ainsi, il est des familles où la maladie d’Alzheimer ou l’ostéoporose peuvent frapper des personnes très jeunes, de moins de 40 ans. Sans que l’on sache toujours comment y remédier parfaitement, malheureusement (vous trouverez toujours des personnes qui prétendent avoir guéri de l’une ou l’autre de ces maladies grâce à un régime étrange, mais vous ne pourrez jamais obtenir la preuve de ces affirmations, ni arriver à reproduire le résultat). Ce sont des formes familiales, heureusement très rares : 8.000 personnes de moins de 60 ans recensées en France en 2007 par l’Assurance-Maladie pour Alzheimer (pour 800.000 malades environ). Ces personnes ont un ADN qui comporte un ou plusieurs défauts dans le codage des protéines nécessaires à un bon fonctionnement du cerveau ou des os. Ainsi par exemple, il peut exister des troubles du métabolisme de la vitamine D entraînant des fragilités osseuses importantes (ostéomalacie) par défaut de minéralisation de la trame osseuse.

Des familles ultra-protégées

Inversement, il existe des familles qui semblent exemptes de ces maladies malgré des comportements défavorables, malgré une accumulation de ce qui serait pour les autres des erreurs délétères… Comment font-elles ? Elles ont hérité d’un patrimoine génétique favorable qui utilise toutes les ressources possibles pour consolider leur cerveau ou consolider leurs os. Là encore, les personnes protégées contre Alzheimer, ou les personnes protégées contre l’ostéoporose sont une toute petite minorité. Et il ne faut pas trop compter en faire partie par hasard…

Et l’immense majorité d’entre nous…

Et entre ces deux grandes populations, il y a nous tous, la population générale. Si nous n’avons pas de gênes défavorables, nous n’avons pas non plus de gênes particulièrement protecteurs… Aussi, la bonne santé de notre cerveau et celle de nos os va dépendre en premier lieu des comportements favorables que nous allons adopter.

Et la bonne nouvelle, c’est que les comportements favorables à la santé osseuse sont également protecteurs de notre cerveau.

En effet, les comportements favorables à la santé osseuse sont :

Calcium et vitamine D pour la minéralisation et pour l’influx

On sait tous l’importance du calcium dans la transmission des influx nerveux, puisqu’il participe à la polarisation-dépolarisation des membranes entre les neurones et les nerfs. Toutefois, le cerveau (et le système nerveux) en manque(nt) rarement : si notre corps en manque, il va le chercher dans les os (et les déminéralise progressivement) pour le fournir aux fonctions prioritaires.

L’apport de vitamine D est indissociable d’un bon apport et d’une bonne intégration du calcium dans le corps. Il est inutile d’en dire plus ici, car nous avons déjà largement abordé la question par ailleurs.

Des acides aminés pour de bonne protéines et de bonnes enzymes

Les protéines de bonne qualité ont une une influence sur le bon fonctionnement du cerveau, et l’Association France-Alzheimer indique : « On a par exemple constaté une diminution des risques du déclin des fonctions supérieures (dites cognitives) touchant à la connaissance comme la mémoire chez des personnes qui consomment du poisson deux ou trois fois par semaine ».

Ainsi donc, les apports de protéines servent à la constitution de la trame biologique du squelette et aux protéines circulant autour et dans les cellules nerveuses.

Un joli besoin de magnésium

On sait que le magnésium est impliqué dans plus de 600 réactions bio-chimiques de notre corps. Il faut particulièrement noter qu’il intervient également dans la transmission de l’influx nerveux (on sait particulièrement le rôle important qu’il a dans la régulation de l’humeur) et dans la diminution de l’inflammation chronique du corps, qui est un des facteurs importants d’altération du fonctionnement du cerveau et des os.

Lutter contre l’inflammation chronique

Ce qui nous renvoie immédiatement à tous les comportements anti-inflammatoires dont il a été montré le rôle dans le bon fonctionnement du métabolisme osseux et des fonctions mentales. Il s’agit alors de pratiquer tout ce qui nous permet de diminuer l’inflammation et que nous avons déjà vu : hygiène mentale et relationnelle, exercice physique, alimentation méditerranéenne, maîtrise de son poids corporel, diminution drastique de la consommation d’alcool (qui perturbe le fonctionnement du cerveau et augmente l’inflammation du foie), protection contre le tabac y compris la fumée des autres (tabagisme passif)…

Je me permettrai d’insister sur l’importance de l’alimentation méditerranéenne qui apporte de nombreux végétaux anti-oxydants (protecteurs contre l’inflammation chronique), des viandes blanches et du poisson (qui limitent donc les molécules problématiques de beaucoup de viandes rouges, et en particulier les graisses saturées), des laitages fermentés (les laitages non-fermentés favorisent l’inflammation, les laitages fermentés la diminuent), des céréales complètes qui apportent des fibres régulatrices de la digestion…

Mieux digérer pour mieux métaboliser

Nous avons vu dans d’autres articles qu’une bonne digestion est un facteur important de notre santé osseuse puisqu’elle permet une meilleure assimilation des nutriments nécessaires à nos os, qu’elle diminue également l’inflammation (quand nos selles sont trop liquides, par exemple). De la même façon, une bonne digestion permet d’apporter les nutriments nécessaires à notre cerveau, qui bénéficiera encore une fois de la diminution de l’inflammation chronique.

Des endorphines des pieds à la tête

Enfin, rappelons l’importance de l’exercice physique pour stimuler les os, envoyer des signaux indiquant au squelette de se renforcer, diminuer l’inflammation, améliorer la santé cardiovasculaire qui elle-même est un facteur notable de santé osseuse. De la même façon, on connaît l’importance de la santé cardiovasculaire sur la santé du cerveau, sur la prévention des démences, sur la baisse du mauvais cholestérol qui diminue les risques d’obturation des artères et des artérioles aussi bien dans les os que dans le cerveau, et dans tout le corps (à commencer par le coeur)…

Conclusion

Si l’on fait le tour de tout ce qui permet de prévenir et d’éviter l’ostéoporose, et de tout ce qui permet de conserver un cerveau durablement en bon état, on s’aperçoit que les comportements protecteurs communs (ceux qui protègent le cerveau et le squelette) sont significatifs :

  • tout ce qui diminue l’inflammation chronique (hygiène mentale, relationnelle, alimentation, digestion, exercice physique…),

  • l’exercice physique adapté (sachant qu’il faut de l’impact pour stimuler le renforcement osseux)…

Bref, pour prendre soin de nous, les possibilités sont multiples et elles consistent à faire des activités plaisantes :

  • bonnes relations avec nous-mêmes et avec les tiers,

  • gastronomie méditerranéenne,

  • multiples activités sportives individuelles ou collectives…

En prenant soin de nos os, nous prendrons soin de notre cerveau…

Sources :

Thomas Vogel, Athanase Benetos, René Verreault, Georges Kaltenbach, Michèle Kiesmann, Marc Berthel, Facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer: vers une prévention?, La Presse Médicale, Volume 35, Issue 9, Part 2, September 2006, Pages 1309-1316

Christopher Patterson, John W. Feightner, Angeles Garcia, G.-Y. Robin Hsiung, Christopher MacKnight, A. Dessa Sadovnick, Diagnosis and treatment of dementia: 1. Risk assessment and primary prevention of Alzheimer disease, CMAJ, 26 fév 2008; 178(5): 548–556.

Mieux connaître la maladie d’Alzheimer, France Alzheimer, Paris, 2018

Evolutionary medicine and bone loss in chronic inflammatory diseases—A theory of inflammation-related osteopenia, Rainer H. Straub, Maurizio Cutolo, Roberto Pacifici, Seminars in Arthritis and Rheumatism, October 2015 Volume 45, Issue 2, Pages 220–228

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L’arme absolue contre l’ostéoporose ?

Résumé :

Il est une forme d’exercice physique qui un impact très important sur notre santé osseuse et qui est à la portée de la quasi-totalité d’entre nous. Il s’agit tout simplement d’utiliser un accessoire de nos architectures qui est disponible, sinon presque dans toutes les maisons, du moins dans tous les immeubles et dans tous les lieux d’habitation : il s’agit d’utiliser ces accessoires dans les deux sens car les stimulations qu’ils apportent à notre squelette le renforcent efficacement comme l’ont démontré de nombreuses études.

Les escaliers, prévention de l'ostéoporose - homNes.com

La fragilité osseuse nous guette…

Nous savons toutes et tous que l’ostéoporose fait des ravages parmi nous, et plus particulièrement quand nous prenons de l’âge.

Si nous ne faisons rien, à partir de 50 ans, nous allons perdre rapidement de la structure minérale osseuse (pour les femmes) et l’immense majorité d’entre nous aura des os fragilisés après 60 ans.

Longtemps, on a cru qu’on ne pouvait pas faire grand-chose.

Longtemps on a cru que le temps et l’âge faisait son œuvre chez chacun d’entre nous.

.. mais nous pouvons réagir

Et pourtant des indices concordants existait tout autour de nous.

Toutes les femmes ne sont pas touchées de la même façon par la fragilité osseuse.

Une petite minorité conserve des os très solides à 70 ans.

On pouvait croire que cela relevait de la chance, d’une bonne nature, d’un héritage biologique favorable.

Certes, l’héritage biologique joue un rôle non négligeable. Mais chaque fois que l’on étudie des jumeaux (qui ont le même héritage biologique), on se rend compte que des évolutions divergentes peuvent se produire : dans certains cas, un jumeau (ou une jumelle) est gravement touché(e) par une pathologie, alors que l’autre en est exempt(e).

Bref, il y a toujours quelque chose à faire, quelque chose qui relève des bons comportements préventifs.

Une amélioration très nette et prouvée

Une étude récente montrait tout l’intérêt d’un de ces comportements préventifs sur la santé générale des personnes (il s’agissait de femmes) qui le pratiquait.

Le communiqué de presse qui accompagnait cet article mentionnait tout l’intérêt de la pratique sur :

  • la diminution de la rigidité artérielle,

  • la diminution de la pression artérielle,

  • l’augmentation de la puissance des muscles jambes,

  • l’amélioration de la forme cardio-respiratoire,

  • la diminution de la masse grasse,

  • l’amélioration du profil lipidique,

  • la diminution du risque d’ostéoporose…

Il s’agissait de réaliser des exercices physiques très simples de manière régulière, des exercices qui ne coûtent rien, et de exercices que presque tout le monde peut faire.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Sans doute, n’y croirez-vous pas !

Sans doute, allez-vous vous dire : « Il y a une astuce… c’est trop simple pour être vrai ! Je ne m’y laisserai pas prendre ! ».

Et pourtant, si vous saviez… Vous pourriez déjà vous y mettre, vous pourriez faire du bien à vos os, et en même temps vous sentir plus forte, plus dynamique, plus en forme !

Mais le scepticisme est là, mais le doute est là.

« A quoi bon ! Cela ne fait que retarder l’évolution inéluctable de la nature… »

A ce train-là, on ne ferait rien. A ce train-là, ça ne vaut même pas la peine de naître.

C’est à notre portée immédiate !

En fait, il s’agit simplement de prendre les escaliers. Il s’agit de les monter et de les descendre. Il s’agit de les emprunter chaque fois qu’on en rencontre un et qu’il est nécessaire de monter ou de descendre.

Certes, plus on le fait, et plus c’est efficace. De là à se dire qu’il est inutile de s’y mettre car il faudrait monter 10 étages en courant pour que ce soit efficace, il y a un grand pas qu’il est inutile de franchir.

On peut, en effet, commencer pas descendre les escaliers. En se tenant à la rampe, si nécessaire. Car quand on descend un escalier, les muscles fonctionnent et se renforcent. En outre, il y a un petit choc chaque fois que l’on pose un pied sur la marche du dessous.

Quand on est à l’aise pour descendre un étage, on passe progressivement à la descente de deux étages.

Ensuite, on peut monter progressivement, en s’aidant de la rampe.

On peut monter un demi-étage, se reposer, puis continuer.

Et même, on peut monter un demi-étage, se reposer et redescendre…

Progressivement, on va pouvoir descendre et grimper de plus en plus bas et de plus en plus haut.

On va être en meilleure forme cardiaque, respiratoire, sanguine, artérielle, pondérale… et bien sûr osseuse !

Si en outre, on complète ce programme qui ne coûte rien avec des apports de nutriments adéquats, on met toutes les chances de notre côté !

Vous voyez, l’ascension de la Tour Eiffel par les escaliers est une option possible… mais ce n’est pas une nécessité : vous pourrez y penser quand vous serez bien entraîné(e), pour épater vos petits enfants, par exemple !

Conclusion

Bref, pour nous sentir bien avec nous-mêmes, pour être à l’aise dans notre corps et pour faire de vieux os solides :

Prenons soin de nous et de notre squelette : il nous le rendra bien !

Sources :

Alexei Wong; Arturo Figueroa; Won-Mok Son; Oksana Chernykh; Song-Young Park; The effects of stair climbing on arterial stiffness, blood pressure, and leg strength in postmenopausal women with stage 2 hypertension, Menopause, 12 février 2018

Eileen Petridis, Climb Stairs to Lower Blood Pressure and Strengthen Leg Muscles, The North American Menopause Society, 14 février 2018


Pourquoi les médecins ne font pas de prévention de l’ostéoporose

Résumé

Les patients sont peu conscients des possibilités de prévention de l’ostéoporose et se sentent peu concernés. Ils attendent de l’information de leurs généralistes. Ceux-ci estiment manquer d’information et d’orientations sur le sujet et n’ont pas vraiment le temps d’aborder la question. Ensemble, avançons sur la question !

Prévention ostéoporose homnes.com

Une chercheuse spécialiste de l’os

Le Dr Blandine MERLE travaille à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM).

Elle travaille depuis plus de 20 ans sur la santé des os et a publié de nombreux articles sur la question.

Elle s’est notamment intéressée à l’ostéocalcine (une protéine de l’os), aux récepteurs de glutamate (un acide aminé), au collagène (une autre protéine de l’os)…

Plus récemment, elle s’est intéressée à la prévention de l’ostéoporose chez les Françaises et les Français.

Et elle était allé présenter les résultats de son étude lors d’un congrès annuel de la Société Américaine pour la Recherche sur l’Os et les Minéraux qui s’est tenu début octobre 2015 à Seattle au nord-ouest des Etats-Unis.

Une enquête approfondie

Pour savoir quelle est la situation de la prévention en matière d’ostéoporose en France, elle a organisé des petits groupes d’études. Ils comprenaient 45 femmes de 50 à 85 ans, 57 hommes de 60 à 85 ans. Certains d’entre eux avaient des antécédents familiaux d’ostéoporose. D’autres avaient été diagnostiqués comme touchés par la maladie. D’autres enfin semblaient peu menacés.

En outre, elle a également interrogé 16 médecins généralistes.

Des enseignements passionnants

Le Dr MERLE a ainsi découvert que beaucoup de patients ne se sentent pas concernés parce que l’ostéoporose est une maladie silencieuse.

Pire même, l’ostéoporose n’est pas considérée comme une maladie par les patients : ils pensent simplement que cela fait partie du processus normal de vieillissement.

Aussi bien les hommes que les femmes, s’ils ont subi une fracture, ils considèrent que c’était lié à un accident et non à la fragilité due à l’ostéoporose.

Quand il s’agit de traitement, seules les femmes mentionnent la possibilité d’utiliser des médicaments. Toutefois, elles sont très suspicieuses vis-à-vis de ces traitements, et mentionnent immédiatement les effets secondaires envisageables.

D’ailleurs les hommes considèrent que c’est une maladie de femmes, une maladie qui ne les concerne pas.

Les difficultés des médecins généralistes

Les patients, hommes et femmes, estiment que leur meilleur interlocuteur sur la question de l’ostéoporose et de la prévention est leur médecin généraliste.

Et les médecins généralistes estiment que l’ostéoporose est associée avec les fractures de fragilité, les femmes, la ménopause et la vieillesse. Pour eux aussi, les hommes sont rarement concernés.

En fait, les médecins estiment avoir besoin d’une meilleure information sur l’ostéoporose ainsi qu’une meilleure compréhension des recommandations en matière de prévention et de traitements.

Une « épidémie » galopante !

Au final, il apparaît que les femmes attendent que leur médecin leur parlent de l’ostéoporose et de la prévention, que les hommes se sentent protégés et que les médecins voudraient des orientations plus claires.

Mais nos médecins généralistes n’ont pas vraiment le temps de s’en occuper, car les patients ont des questions plus urgentes à traiter.

Ainsi, personne n’est vraiment conscient des bénéfices et/ou des moyens de la prévention. Il en résulte la multiplication des cas d’ostéoporose qui a déjà commencé et qui ne va faire que s’aggraver avec l’avancée en âge des populations occidentales.

Homnes.com

C’est pour cela que nos articles existent : pour que, ensemble, nous nous protégions de ce fléau qui n’a aucune raison de prospérer, ni d’exister !

Nous le savons.

Faisons le savoir !

Sources :

Merle B. Abstract SA0271: Osteoporosis Prevention: Where are the barriers to improvement in patients and doctors? Presented at: American Society for Bone and Mineral Research (ASBMR) 2015 Annual Meeting; Oct. 9-12, 2015; Seattle

The multiple facets of periostin in bone metabolism.

Merle B, Garnero P.

Osteoporos Int. 2012 Apr;23(4):1199-212. doi: 10.1007/s00198-011-1892-7

Non-enzymatic glycation of bone collagen modifies osteoclastic activity and differentiation.

Valcourt U, Merle B, Gineyts E, Viguet-Carrin S, Delmas PD, Garnero P.

J Biol Chem. 2007 Feb 23;282(8):5691-703.

Molecular identification of NMDA glutamate receptors expressed in bone cells.

Itzstein C1, Cheynel H, Burt-Pichat B, Merle B, Espinosa L, Delmas PD, Chenu C.

J Cell Biochem. 2001 Apr 2-27;82(1):134-44.

Normal carboxylation of circulating osteocalcin (bone Gla-protein) in Paget’s disease of bone.

Merle B1, Delmas PD.

Bone Miner. 1990 Nov;11(2):237-45.


Comment les cosmétiques détruisent nos vertèbres !

Cosmétiques, maquillage, ostéoporoseRésumé

Les produits avec lesquels nous protégeons notre peau arrêtent les rayons solaires qui produisent la vitamine D. S’il est indispensable de protéger notre peau, il est est également important d’avoir suffisamment de vitamine D pour protéger notre squelette. Il convient alors de compléter nos besoins par des apports suffisants en vitamine D : c’est un pilier majeur de la protection contre l’ostéoporose et nous en manquons presque toutes et tous.

Les rayons UV endommagent notre peau

Notre peau est particulièrement sensible à certains rayonnements du soleil. Il suffit de comparer l’état du dos de nos mains et l’état de l’intérieur de nos bras, juste sous les aisselles. La peau des mains et beaucoup plus mince et beaucoup plus flétrie, souvent, que la peau près des bras.

Nos mains sont soumises, dès que nous sortons, au bombardement des rayons du soleil. Certains de ses rayons ont la capacité de faire vieillir rapidement et prématurément notre peau.

De ce fait, la peau du dos de nos mains devient fine, sèche, tachetée, rugueuse…

Comme nous voulons conserver une peau jeune, nous prenons les mesures adéquates pour nous protéger.

Notre peau a besoin de protection

Nous nous protégeons les mains, nous nous protégeons les bras, nous nous protégeons le visage.

Nous mettons des crèmes hydratantes et des écrans anti-UV…

Nous faisons attention à éviter de sortir pendant les heures où les rayons du soleil sont les plus brûlants.

Et quand cela est fait régulièrement et longtemps, la différence est extrêmement visible sur notre peau.

Il suffit de comparer les photos non retouchées de quelques personnes connues de 50 ou 60 ans pour constater les différences : c’est extraordinaire !

C’est un peu comme si l’on comparait une statue en marbre poli et une statue en pierre ponce…

Ce qui entraîne un déficit en vitamine D

Pour autant, en prenant grand soin de notre visage, nous faisons subir à notre squelette un déficit en vitamine D.

En effet, notre corps est (en partie) capable de fabriquer la vitamine D dont il a besoin.

A cet effet, il est nécessaire que le précurseur inactif de la vitamine D qui se trouve naturellement dans notre corps (une forme de cholestérol) soit transformé en vitamine D (cholécalciférol).

Cette transformation va se faire sous l’effet des rayons du soleil.

Tous les rayons du soleil ne sont pas efficaces pour effectuer cette transformation : seuls les rayons UVB permettent la réaction.

Or les rayons UVB atteignent difficilement la terre en Europe et en Amérique du Nord : seule une petite partie d’entre eux arrive à traverser toute l’atmosphère. Et cela se produit uniquement quand le soleil est très haut dans le ciel.

Dès que le soleil décline (en automne ou en hiver, ou en dehors des heures « chaudes » au printemps ou en été), les rayons UVB sont arrêtés par les couches d’air supplémentaires qu’ils ont à traverser : ils n’arrivent jusqu’à nous qu’en quantités beaucoup trop faibles pour permettre une production suffisante de vitamine D.

En outre, ces rayons UVB très fragiles sont arrêtés par la moindre vitre, le moindre vêtement un peu épais…

Ils sont également arrêtés par de nombreux composants des produits de maquillage et des crèmes solaires.

Autant dire que nous n’aurons jamais la bonne dose de vitamine D :

Protégeons efficacement notre peau et nos os !

Faut-il pour autant arrêter les soins et les protections pour bénéficier des bienfaits des rayons UVB ?

Si nous arrêtons les protections, les rayons UVB pourront atteindre notre peau au printemps et en été pendant les heures chaudes.

Pour autant, cela ne résoudra pas les problèmes de déficit en UVB en automne et en hiver.

En outre, en nous découvrant, nous allons laisser passer les rayons UVA, qui sont plus puissants que les rayons UVB et qui contribuent très fortement au vieillissement et aux dégâts sur notre peau…

A long terme, nous diminuerons un peu notre déficit en vitamine D une partie de l’année, mais nous ne réglerons pas le problème et nous aurons rapidement une peau en mauvais état..

La solution est alors de protéger notre peau contre les rayons UV (et donc les UVA, et également les UVB) et de faire en sorte d’avoir des apports suffisants de vitamine D sous d’autres formes.

On en trouve de petites quantités dans certains aliments, mais il est difficile d’avoir des apports alimentaires suffisants, qui présentent également des inconvénients de risques d’intoxications…

Il est alors nécessaire de mettre en place une supplémentation intelligente, qui peut se faire par exemple, avec l’aide de votre médecin…

Conclusion

En protégeant notre peau contre le dessèchement, contre les atteintes de l’environnement et du soleil, nous lui permettons de rester de longues années supplémentaires en bon état.

Et pour protéger la solidité de notre squelette, nous devons lui apporter les quantités de vitamine D dont il a besoin et dont la plupart d’entre nous sommes en déficit.

En veillant activement à :

nous pouvons protéger efficacement notre squelette contre l’ostéoporose et l’ostéopénie, et faire durablement de vieux os en grande forme !

Prenons soin de nous !

Sources :

N. Binkley, R. Novotny, D. Krueger, T. Kawahara, Y. G. Daida, G. Lensmeyer, B. W. Hollis, M. K. Drezner, Low Vitamin D Status despite Abundant Sun Exposure, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Volume 92, Issue 6, 1 Juin 2007, pages :2130-2135.

Webb AR, Kline L, Holick MF, « Influence of season and latitude on the cutaneous synthesis of vitamin D3: exposure to winter sunlight in Boston and Edmonton will not promote vitamin D3 synthesis in human skin. » J Clin Endocrinol Metab 1988;67(2):373-8

Les rayonnements ultraviolets, Ministère de la Santé, Paris, 30 octobre 2014


Pourquoi l’huile d’olive n’est pas la vraie amie de notre santé osseuse

huiles pour les os - homnesRésumé :

L’huile d’olive a, certes, des qualités. Elle a pour défaut majeur d’être dépourvue de lipides oméga-3. Or ceux-ci sont indispensables à notre bonne santé à long terme (diminution de l’inflammation, santés cardiovasculaire, mentale, visuelle, osseuse…) et la grande majorité d’entre nous sommes en quasi-carence… Il est donc important de penser à utiliser d’autres sources de lipides contenant beaucoup d’oméga 3 (fruits de mer, poissons gras, huiles de lin, de colza, de soja, de noix…).

Une réputation enviable

Nous avons tous entendu parler de l’huile d’olives et de ses multiples bienfaits pour la santé.

L’huile d’olive a des composants dont de nombreux études scientifiques ont montré l’effet favorable sur notre santé à long terme : acides gras mono-insaturés (acide oléique), squalène, une trentaine de composants phénoliques différents…

Et effectivement, les acides gras mono-insaturés apparaissent diminuer les risques de diabète, de syndrome métabolique, de diabète, d’obésité, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires…

Le squalène est un lipide essentiel dans la biosynthèse des hormones, considéré également comme un puissant anti-oxydant.

Les composants phénoliques ont des propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires qui jouent un rôle important dans la protection des cellules de notre corps, dans la lutte contre les bactéries, dans la protection contre les cancers, les maladies cardiovasculaires et le vieillissement.

En outre, autres avantages, l’huile d’olive résiste extrêmement bien à la chaleur (ce qui permet de l’utiliser pour la cuisson) et elle a un goût prononcé qui parfume très agréablement les assaisonnements des plats qui le nécessitent !

Que demander de plus, me direz-vous ?

Un déficit en oméga 3

Eh bien, si l’huile d’olive a des qualités tout à fait remarquables, il est très important de noter qu’elle ne contient quasiment pas de lipides oméga-3 (moins d’1 g d’oméga 3 pour 100 g d’huile d’olives).

Nous avions déjà vu, dans un autre article, que les oméga 3 sont indispensables à notre santé et que la plupart des Français et des Européens en manquent à des niveaux inimaginables : certains d’entre nous ne consomment même pas le dixième de ce qu’il convient pour une santé optimale.

Si l’huile d’olives est ridiculement pauvre en oméga-3, elle contient des proportions non négligeables d’oméga 6. Les oméga 6 ont un rôle indispensable à la santé et sont considérés comme des nutriments essentiels (dont on ne peut pas se passer). Et ils ont aussi l’inconvénient de favoriser l’inflammation. Si l’inflammation est indispensable pour nous protéger des agressions extérieures à notre corps, trop d’inflammation est délétère, toxique pour notre santé à long terme (cf. l’article correspondant).

Des quantités suffisantes d’oméga 3

Il est donc extrêmement important que la proportion entre oméga 6 et oméga 3 dans notre alimentation soit bien dosée afin que les oméga 3 nous protègent des inconvénients des oméga 6.

Les recommandations en matière en oméga 3 sont de 2 g par jour, dont 250 mg de DHA (acide docosahexaénoïque).

Ce sont des quantités importantes, puisque tous les corps gras disponibles dans l’alimentation ne contiennent que des fractions d’oméga 3.

Un groupe de travail de l’ANSES avait recommandé, dès 2003, une consommation de poisson deux fois par semaine : ils constituent une excellente source d’oméga 3. Le même groupe de travail avait également indiqué que « les huiles riches en acides gras alpha-linoléniques (par exemple, huile de colza) constitue(nt) un bon moyen de rééquilibrer les apports en acides gras oméga-3 ». Ils conseillaient également les huiles de soja et les mélanges d’huiles spécialement confectionnées pour être riches en oméga-3.

On trouve également l’ALA (acides gras alpha-linoléniques) dans les végétaux à feuilles vertes (en petites quantités) ainsi que dans les graines oléagineuses (lin, cameline, colza, chanvre, soja, noix…).

Conclusion

Si l’huile d’olive a des qualités indéniables en matière de protection de notre santé et d’apports de molécules indispensables, elle n’est pas suffisantes pour nous apporter toutes les familles d’acides gras essentiels dont nous avons besoin pour notre santé durable, particulièrement les acides gras oméga-3.

Il est donc essentiel de compléter ses apports en produits gras en veillant à la quantité d’oméga 3 que nous consommons en :

  • dégustant plusieurs fois par semaine, des poissons gras en bas de la chaîne alimentaire (donc plus propres en polluants) comme le maquereau, la sardine…
  • assaisonnant avec des huiles végétales riches en oméga 3 (lin, cameline, soja, colza, noix) choisies en fonction de notre goût et de notre budget…

Et nous retrouvons des bases modernes de l’alimentation méditerranéenne, dont nous savons parfaitement qu’elle est l’une des meilleures à long terme pour notre santé durable et notre santé osseuse.

Si nous ajoutons à cela une activité physique adaptée, nous sommes tout proches de mettre en œuvre la meilleure protection qui soit contre l’ostéoporose et de conserver durablement un squelette d’une solidité à toute épreuve.

Bonne gastronomie méditerranéenne, bon appétit et portez vous bien !

Sources

López-Miranda, Pérez-Jiménez F, Ros E, De Caterina R, Badimón L, Covas MI, Escrich E, Ordovás JM, Soriguer F, Abiá R, de la Lastra CA, Battino M, Corella D, Chamorro-Quirós J, Delgado-Lista J, Giugliano D, Esposito K, Estruch R, Fernandez-Real JM, Gaforio JJ, La Vecchia C, Lairon D, López-Segura F, Mata P, Menéndez JA, Muriana FJ, Osada J, Panagiotakos DB, Paniagua JA, Pérez-Martinez P, Perona J, Peinado MA, Pineda-Priego M, Poulsen HE, Quiles JL, Ramírez-Tortosa MC, Ruano J, Serra-Majem L, Solá R, Solanas M, Solfrizzi V, de la Torre-Fornell R, Trichopoulou A, Uceda M, Villalba-Montoro JM, Villar-Ortiz JR, Visioli F, Yiannakouris N., Olive oil and health: summary of the II international conference on olive oil and health consensus report, Jaén and Córdoba (Spain) 2008, Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2010 May;20(4):284-94.

Owen RW, Giacosa A, Hull WE, Haubner R, Würtele G, Spiegelhalder B, Bartsch H., Olive-oil consumption and health: the possible role of antioxidants, Lancet Oncol. 2000 Oct;1:107-12.

Kellie L Tuck, Peter J Hayballa, Major phenolic compounds in olive oil: metabolism and health effects, The Journal of Nutritional Biochemistry, Volume 13, Issue 11, November 2002, Pages 636–644

ACIDES GRAS DE LA FAMILLE OMÉGA 3 ET SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE : intérêt nutritionnel et allégations, Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Paris, 2003, 104 pages


Pourquoi l’ostéoporose fait vraiment souffrir les femmes

400.000 fractures de fragilité par anRésumé

Nous connaissons mal les conséquences réelles de l’ostéoporose et nous les sous-estimons. En fait, après 50 ans, plus d’une femme sur deux aura une fracture de fragilité, soit près de 400.000 fractures par an (hommes et femmes), des mois de convalescence, des douleurs à long terme, des années de qualité de vie perdue, des milliers de décès… L’incidence des fractures de fragilité chez les femmes est très supérieure aux hospitalisations annuelles pour maladies cardiovasculaires… Il est pourtant possible de prévenir l’ostéoporose. Il est important de commencer dès aujourd’hui.

Les conséquences de l’ostéoporose

Une étude réalisée au niveau européen a chiffré les conséquences de l’ostéoporose sur la population européenne en général, et sur la population française en particulier.

Les chiffres mentionnés sont terribles, glaçants. Ils montrent le poids, le fardeau que représente l’ostéoporose sur le bien-être des hommes et surtout des femmes de nos pays. Ils mettent clairement en avant les fractures qui se produisent, les douleurs qui en résultent, la perte de qualité de vie pour la plupart des personnes concernées, les décès prématurés des malades…

On sait pourtant que cette maladie est parfaitement évitable et qu’il est possible de la prévenir pour de nombreuses années pourvu que l’on s’y prenne à temps, c’est-à-dire dès aujourd’hui.

Revenons sur les chiffres

Nous avons déjà vu, depuis des mois, que 94% des femmes de plus de 70 ans ont des os fragiles (ostéoporose, ostéopénie) dans les grandes villes françaises.

L’article européen donne des chiffres plus détaillés sur l’ostéoporose.

Il y avait ainsi 3.475.000 personnes atteintes d’ostéoporose en France en 2010, dont 2.785.000 femmes et 690.000 hommes.

Age (années) Femmes Hommes Total

50–54

134.757

50.850

185.607

55–59

199.968

69.020

268.988

60–64

284.141

109.330

393.471

65–69

271.286

91.538

362.824

70–74

361.305

84.474

445.779

75–79

481.125

95.996

577.121

80 et plus

1.051.616

189.904

1.241.520

50 et plus

2.784.198

691.112

3.475.310

On voit que, si l’épidémie est déjà fort grave chez les hommes, elle est encore beaucoup plus grave chez les femmes.

D’ailleurs l’INSERM indique que « autour de l’âge de 65 ans, on estime que 39% des femmes souffrent d’ostéoporose. Chez celles âgées de 80 ans et plus, cette proportion monte à 70% ».

Si les conséquences étaient minimes, il n’y aurait pas lieu de s’en inquiéter. Mais les conséquences sont, en fait, gravissimes, puisque cette faiblesse de l’ossature va aboutir à des fractures de plus en plus nombreuses avec l’avancée en âge.

On recense ainsi, tous les ans, 74 000 fractures de la hanche (les fractures du col du fémur), au moins 56 000 fractures douloureuses des vertèbres (anciennement appelées tassements vertébraux), 56 000 fractures du poignet et 191 000 fractures affectant d’autres os (bassin, côtes, humérus, tibia, fibula, clavicule, scapula, sternum…).

Ceci représente donc 377.000 fractures par an en France, actuellement.

Là encore si les hommes sont touchés (environ 120.000 fractures par an), les femmes payent un tribu particulièrement lourd : 256.000 fractures par an.

Âge (années)

Hanche

Vertèbre

Poignet

Autres

Total fractures

Femmes

50-74 ans

7791

12194

23416

30422

73823

75 et plus

47143

23875

23716

87530

182264

Total

54935

36069

47131

117952

256087

Hommes

50-74 ans

5265

9493

6186

35642

56586

75 et plus

13430

10063

2783

37825

64101

Total

18695

19556

8969

73467

120687

Total (Femmes et Hommes)

50-74 ans

13057

21687

29602

66063

130409

75 et plus

60573

33938

26498

125355

246365

Total

73630

55625

56100

191418

376774

Si ces résultats ne sont pas assez terribles comme cela, il convient de constater qu’ils signifient qu’une femme sur deux de 50 ans ou plus aura une fracture de fragilité au cours de sa vie. Une très grande partie de ces fractures se produiront après 75 ans, à un âge où les réparations se font moins bien, où les séquelles sont lourdes et la récupération plus difficile.

Les conséquences sont alors des immobilisations prolongées, des douleurs longues et souvent des décès prématurés…

Comparaison de l’incidence avec d’autres maladies

Si l’on compare ces chiffres des fractures avec ceux d’autres maladies graves, on s’aperçoit que :

  • le nombre annuel de fractures chez les personnes (hommes et femmes) de plus de 50 ans est très supérieur à l’ensemble des hospitalisations annuelles en France pour maladies cardiovasculaires (240.000 hommes ou femmes en 2013),
  • le nombre annuel de fractures chez les femmes de plus de 50 ans est plus du double des hospitalisations annuelles de femmes en France pour maladies cardiovasculaires (116.000 femmes en 2013),
  • le nombre annuel de fractures chez les personnes (hommes et femmes) de plus de 50 ans est supérieur au nombre de personnes touchées par de nouveaux cancers (355.000 hommes ou femmes en 2012),
  • le nombre annuel de fractures chez les femmes de plus de 50 ans est très supérieur au nombre total annuel de femmes touchées par de nouveaux cancers (155.000 femmes en 2012),
  • le nombre annuel de fractures chez les femmes de plus de 50 ans est comparable au nombre annuel des femmes hospitalisées pour maladies cardiovasculaires ou touchées par de nouveaux cancers…

Perte de qualité de vie

Devant ces chiffres terribles, on pourra objecter que les maladies ne sont pas du tout du même type et que les conséquences peuvent être très différentes.

Il convient de préciser à ce stade que les chiffres cités sont ceux des personnes malades et nullement ceux des personnes décédées : on a voulu comparer des incidences et vérifier le poids sous-estimé de l’ostéoporose sur la santé des femmes, particulièrement.

Il convient également de préciser que l’ostéoporose peut également être une maladie mortelle ou terriblement invalidante. En effet, les fractures de la hanche ont fréquemment des pronostics très mauvais chez les personnes les plus âgées. On précisera en particulier, qu’en France, les fractures entraînent plus de 4.000 décès par an (décès causés par les fractures) dans l’année qui suit la fracture.

Enfin, on indiquera que le nombre d’années de vie de qualité perdues en raison des fractures est estimé en France à 139.400 années dont 97.100 années pour les femmes, soit des durées moyennes de cinq mois d’effondrement de la qualité de vie par fracture.

Conclusion

Le fardeau que représentent les conséquences de l’ostéoporose en terme de fractures, de souffrances, d’années de vie de qualité de vie perdues, de décès est très largement sous-estimé dans l’esprit de nos concitoyens.

Ainsi, le nombre annuel de fractures chez les femmes de plus de 50 ans est très supérieur aux hospitalisations cardiovasculaires de femmes tous les ans et très supérieur aux nombres de nouveaux cancers se produisant tous les ans.

Rien d’étonnant puisque 94% des femmes françaises de plus de 70 ans ont des os fragiles (ostéoporose ou ostéopénie)…

Or, nous savons que ces maladies des os peuvent être prévenues et évitées, dans la plupart des cas, grâce à une prévention adaptée.

Il est temps que nous prenions soin de nous. Dès aujourd’hui.

Vous trouverez les meilleurs conseils de prévention disponibles sur ce blog.

Si vos os sont en bon état, ces conseils vous permettront de les maintenir.

Si vos os sont fragiles, ces conseils vous permettront de leur redonner un coup de jeune.

Prenez soin de vous.

Portez-vous bien !

Sources :

Ostéoporose, Dossier réalisé en collaboration avec le Pr Francis Berenbaum et le Dr Mickael Rousière (Service de rhumatologie et unité Inserm 938 /UPMC, Hôpital Saint-Antoine, AP-HP), INSERM, avril 2016

A. Svedbom, E. Hernlund, M. Ivergård, J. Compston, C. Cooper, J. Stenmark, E. V. McCloskey, B. Jönsson, J. A. Kanis,corresponding author and the EU review panel of the IOF, Osteoporosis in the European Union: a compendium of country-specific reports, Arch Osteoporos. 2013; 8(1-2): 137.

Evolution de l’incidence et de la mortalité par cancer en France entre 1980 et 2012, Institut National de Veille Sanitaire, Institut National du Cancer, Communiqué de presse, 11 juillet 2013

Les maladies cérébro-vasculaires, Institut National de Veille Sanitaire, 08/03/2016

Desmond Curran, Milka Maravic, Philippe Kiefer, Valérie Tochon, Patrice Fardellone, Épidémiologie des fractures liées à l’ostéoporose en France : revue de la littérature, Revue du Rhumatisme, Volume 77, Issue 6, Pages 579-585


Comment maîtriser les risques liés à des excès de vitamine D

Déficit & Excès de vitamine DRésumé

Les experts disputent au sujet de la quantité journalière adéquate de vitamine D. Tous sont d’accord sur son importance. Certains pensent que des doses plus importantes que les doses actuellement recommandées sont favorables à la santé, alors que d’autres estiment que les doses actuelles sont suffisantes. Pour en avoir le cœur net, les spécialistes en santé publique ont lancé plusieurs études de cohorte dont les premiers résultats arriveront bientôt…

Les recommandations actuelles

Nous savons déjà que la quasi-totalité d’entre nous, Européens et Américains du Nord, manquons de vitamine D. Nous en manquons en hiver et en automne car le soleil est trop faible pour que notre peau puisse en fabriquer. Nous en manquons très souvent en été et au printemps, car nous ne sommes pas suffisamment exposés au soleil aux heures intenses.

Les autorités de santé se dirigent progressivement et lentement vers une supplémentation générale de la population et la démarche est déjà largement engagée au Royaume-Uni.

Pour ce qui concerne la France, les recommandations actuelles sont les suivantes :

En France, les doses journalières recommandées (ANC 2001) sont faibles : 5 microgrammes (ou 200 UI unités internationales) pour les adultes. La limite supérieure à ne pas dépasser a été fixée à 25 microgrammes/jour (50 microgrammes/jour selon l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire).

Catégorie Nourrissons Enfants de 1 à 3 ans De 4 ans à 74 ans Femmes enceintes ou allaitantes A partir de 75 ans
Dose journalière 20-25 microgramme/j 10 microgramme/j 5 microgramme/j 10 microgramme/j 10-15 microgramme/j

Apports Nutritionnels Conseillés (2001) en France pour la vitamine D

Aux Etats-Unis les doses journalières recommandées sont de 15 microgrammes/jour pour les personnes de 1 à 70 ans (y compris les femmes enceintes et les femmes allaitantes) et de 20 microgrammes/jour après 70 ans (Institut of Medecine 2011). Les doses maximales dépendent de l’âge et atteignent 100 microgrammes par jour pour les adultes.

Au passage, il est à noter que l’on ne connaît pas d’intoxication liée à la vitamine D fabriquée par la peau sous l’influence des rayons UVB du soleil. Cela ne signifie pas pour autant qu’il est favorable de s’exposer en permanence au grand soleil de l’été : d’autres risques sont à craindre pour la pérennité de la peau

Des effets insuffisamment connus

Pour autant, les effets de doses importantes de vitamine D sont controversés. Il semble que des doses importantes de vitamine D pourraient avoir certains effets favorables (réduction des risques de certains cancers, prévention cardiovasculaire, activation du système immunitaire inné…), mais les preuves sont encore insuffisamment fondées selon de nombreux experts.

Des indices ont été d’abord fournis par des études d’observation où l’on a remarqué que les taux de cancers et maladies cardiovasculaires semblaient inversement liées à l’ensoleillement. Des études de laboratoire ont permis de confirmer la possibilité de mécanismes biologiques expliquant l’impact favorable de la vitamine D sur les cancers, les maladies cardiovasculaires et d’autres maladies chroniques.

D’un autre côté, nous savons également qu’il est possible de s’intoxiquer avec des doses très élevées de vitamine D (hypercalcémie, notamment). En outre, les médecins suspectent d’autres risques sanitaires pour des doses moins importantes (cancer du pancréas, affaiblissement du système immunitaire adaptatif…). Ainsi, il semble que des problèmes de santé commencent à se produire chez les personnes ayant plus de 50 à 60 ng/ml de vitamine D 25(OH)D dans le sang.

Bref, les doses les plus adaptées pour un bénéfice avéré sur notre espérance de vie ne sont pas encore connues avec certitude. C’est d’ailleurs ce qui ressort de la diversité des recommandations journalières que nous avons vues plus haut dans le présent article.

Si certains chercheurs pensent que des études supplémentaires sont inutiles, les autorités sanitaires ont estimé qu’il était urgent de procéder à des études supplémentaires qui permettront de conclure définitivement la question de la vitamine D.

Une clarification nécessaire

Pour avoir, sinon le cœur net, du moins des éléments plus solides, l’école de santé publique de l’université de Harvard, aux Etats-Unis a décidé de lancer l’étude VITAL. Il ‘agit d’une étude sur une cohorte de 25.000 personnes (hommes de plus de 50 ans, femmes de plus de 55 ans) démarrée en 2012 pour une durée de 5 ans. Elle permettra de vérifier si une supplémentation de vitamine D (2000 UI/jour, soit environ 50 microgrammes/jour) ou une supplémentation d’acides gras oméga 3 (1 g/jour) permettent de réduire les risques de cancer, de maladies cardiaques, d’attaques cérébrales…

Quatre groupes de patients ont été sélectionnés au hasard et reçoivent soit un supplément de vitamine D et d’oméga 3, soit un supplément de vitamine D et un placébo d’oméga 3, soit un placébo de vitamine D et un supplément d’oméga 3, soit un placébo de vitamine D et un placébo d’oméga 3.

Bref, il s’agit d’une fort belle étude aléatoire en double aveugle, qui permettra d’avoir un très bon niveau de preuve quant aux résultats obtenus.

Afin de discriminer en outre les autres comportements (mode de vie, traitements médicaux, supplémentation, histoire familial de santé…) qui pourraient avoir des conséquences sur les maladies étudiées, des questionnaires sont régulièrement envoyés aux participants et des précisions peuvent leur être demandées par téléphone, si nécessaire. De plus, des analyses de sang sont effectuées sur les participants volontaires. On voit que l’étude a été parfaitement conçue pour déterminer l’impact de chaque type de supplément et leur effet conjugué.

Et pour couronner le tout, l’étude s’intéressera également à d’autres composantes de la santé humaine : intolérance de glucose et diabète, hypertension, déclin cognitif, dépression, ostéoporose et fracture, déficience physique et chutes, asthme et autres maladies respiratoires, infections, polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, maladies de la thyroïde et autres maladies auto-immunes.

Il est intéressant de noter que des études comparables sont également en cours en Australie (5 ans, 20.000 personnes de 60 à 84 ans), en Finlande (5 ans 18.000 personnes de plus de 60 ans), en Grande-Bretagne (5 ans, 20.000 personnes de 60 à 84 ans).

Menées dans différentes régions du monde, ces études vont permettre de baser les conclusions générales sur une population totale d’environ 100.000 personnes avec des modes de vie très variés.

Les atouts de cette étude

L’étude VITAL de Harvard (qui ne doit pas être confondue avec une étude du même nom menée dans l’état de Washington) va permettre d’apporter des informations de meilleure qualité que ce qui est disponible jusqu’à présent. En effet, la plupart des informations disponibles sur l’impact réel de la vitamine D et des oméga 3 vient de ce que l’on appelle des études observationnelles. Dans ces études, on compare la santé de personnes qui ont choisi de prendre des suppléments à la santé de personnes qui ont choisi de n’en pas prendre. Il arrive fréquemment que le mode de vie des personnes qui se supplémentent soit différent de celles qui ne le font sans qu’il soit aisé de le mesurer (activité physique, alimentation…).

En tirant au sort les personnes supplémentées et celles qui ne le sont pas, une étude aléatoire en double aveugle permet de s’affranchir de ces différences qui sont réparties entre tous les groupes étudiés, dès que ces groupes sont suffisamment nombreux.

Conclusion

En raison des débats qui existent entre les spécialistes sur le niveau adéquat de supplémentation en vitamine D, Mme Manson et Bassuck (de l’école de santé publique de Harvard), ont écrit un petit article de recommandations aux médecins. Dans cet article, elles indiquent que « Compte tenu des incertitudes sur la question, le principe habituel de la médecine est de se tenir sagement du côté de la prudence et d’éviter tout excès ». En conséquence, elles suggèrent aux médecins de s’en tenir aux recommandations officielles existantes.

De toute façon, il ne nous reste plus beaucoup de temps à attendre, puisque les premières études vont se conclure dans un an, environ.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

En attendant, n’oubliez pas de prendre des doses recommandées de vitamine D, surtout en hiver et en automne, ou si vous êtes âgé(e)s, ou si vous sortez rarement aux heures où le soleil est au plus haut en été et au printemps.

Portez-vous bien.

Sources :

Manson JE1, Bassuk SS, Lee IM, Cook NR, Albert MA, Gordon D, Zaharris E, Macfadyen JG, Danielson E, Lin J, Zhang SM, Buring JE, The VITamin D and OmegA-3 TriaL (VITAL): rationale and design of a large randomized controlled trial of vitamin D and marine omega-3 fatty acid supplements for the primary prevention of cancer and cardiovascular disease.  Contemp Clin Trials. 2012 Jan;33(1):159-71.

Hewison M, « Vitamin D and innate and adaptive immunity », Vitam. Horm., vol. 86,‎ 2011, p. 23–62

Helzlsouer KJ, « Overview of the Cohort Consortium Vitamin D Pooling Project of Rarer Cancers », American Journal of Epidemiology, vol. 172, no 1,‎ juin 2010, p. 4–9

Lappe, JM, Travers-Gustafson, D, Davies, M, Recker, R et Heaney, R, « Vitamin D and calcium supplementation reduces cancer risk: results of a randomized trial », Am J Clin Nutr, vol. 85, no 6,‎ juin 2007, p. 1586–91

JoAnn E. Manson, Shari S. Bassuk, Vitamin D Research and Clinical PracticeAt a Crossroads, JAMA. 2015;313(13):1311-1312

Besoins nutritionnels et apports conseillés pour la satisfaction de ces besoins, G Potier de Courcy, ML Frelut, J Fricker, A Martin, H Dupin, Encyclopédie médico-chirurgicale, Elsevier, 2003

Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, Tolerable upper intake levels for vitamines and minerals, février 2006.


Cellules-souches osseuses : les remplacer pour réparer le squelette !

Soigner l'ostéoporose grâce aux cellules souchesRésumé

Les cellules-souches sont à l’origine de tous nos organes, squelette compris, qu’elles reconstituent tout au long de notre vie. En remplaçant des cellules-souches défectueuses par des cellules-souches fonctionnelles, des médecins ont pu restaurer la structure des os. C’est un grand espoir pour les personnes qui ont ce type de problème. Néanmoins, il est important de continuer à apporter à son squelette tous les éléments dont il a besoin.

Nous connaissons déjà les cellules-souches.

Nous savons tous que ce sont des cellules différenciées chez l’adulte, qui sont à l’origine des lignées cellulaires d’un organe (je simplifie). Des cellules-mères pour d’autres cellules-filles, souvent plusieurs types de cellules-filles.

Elles sont très peu nombreuses, relativement, puisqu’elles ne représentent qu’une cellule sur 10.000 ou sur 100.000 au sein d’un organe.

En se divisant moins souvent que les cellules normales, elles se préservent pour l’avenir : elles évitent de multiplier les rares erreurs qui se produisent au moment de la division cellulaire (mitose).

Nous savons également qu’elles sont un immense espoir en matière médicale. En effet, en « reprogrammant » des cellules-souches et en les réinjectant dans des organes malades, dans quelques années, il sera possible de remettre les fonctions vitales en état. Et de rétablir le fonctionnement normal des organes concernés…

Il y a quelques années, c’était encore de la science fiction, mais des expériences sont en cours, dans des hôpitaux, pour tester les protocoles et étudier la meilleure façon de s’y prendre.

Transfert de cellules-souches dans les os

Un article récent (mars 2016) présentait un expérience réalisée sur des souris par les spécialistes de l’hôpital de Toronto, au Canada.

Ces spécialistes avaient déjà démontré, dans le passé, que l’ostéoporose pouvait être liée à des cellules-souches défectueuses au sein des os (cellules-souches mésenchymateuses, c’est-à-dire appartenant au tissu squelettique : os, cartilage, graisse…).

Dans la nouvelle expérience qui vient d’être publiée (mars 2016), les médecins ont démontré qu’il était possible de traiter les os ayant des cellules-souches défectueuses. A cet effet, ils ont transféré des cellules-souches osseuses saines provenant de souris en bonne santé sur des souris ayant des cellules-souches défectueuses.

Les souris malades avaient une structure osseuse très désorganisée, avant le traitement. Un retour à la normale a été observée après le traitement, au bout de 6 mois (le quart de l’espérance de vie d’une souris). Un des co-auteurs de l’étude, le Pr John Davies, a d’ailleurs déclaré : « Nous espérions une amélioration globale de la santé des os. Mais la grande surprise a été de trouver que l’architecture interne « corallienne » de la structure osseuse des animaux injectés, qui est gravement compromise dans l’ostéoporose, a été restaurée à la normale ».

Et pour prolonger cette étude, des patients âgés (humains), aux Etats-Unis, ont reçu récemment des injections de cellules-souches. Un suivi est en cours pour vérifier les signes biologiques d’une amélioration osseuse. En fonction des résultats, des essais plus importants pourraient être lancés au cours des cinq prochaines années.

Il est important de raison garder et de se rappeler que les causes de l’ostéoporose peuvent être multiples. Les défauts intrinsèques de fonctionnement des cellules-souches ne concernent pas tous les malades…

Prévenir avant de guérir

Si de tels traitements suscitent de très grands espoirs chez toutes les personnes susceptibles d’être concernées, ils ne sont pas encore près de rentrer dans la routine médicale. Il faudra encore quelques années. Et de toute façon, des cellules-souches en bon état ne pourront jamais correctement fonctionner si les apports de nutriments nécessaires sont déficients et si la stimulation physique est absente.

La prévention s’impose donc dès à présent en soignant ses apports de calcium, de magnésium, de vitamine D, de protéines, par une activité physique adaptée (pour stimuler le renforcement osseux), par la limitation du sel, par la mise en place d’un régime alimentaire anti-inflammatoire (méditerranéen par exemple)…

Prenez soin de vous !

Sources :

Systemic Mesenchymal Stromal Cell Transplantation Prevents Functional Bone Loss in a Mouse Model of Age-Related Osteoporosis, Jeffrey Kiernan, Sally Hu, Marc D. Grynpas, John E. Davies, William L. Stanford, Stem Cells Translational Medicine, Mars 2016


Pourquoi nous ne prenons pas bien soin de nos os

Nos grands mythes autour de l'ostéoporoseRésumé :

Plus de la moitié des femmes auront des fractures après 50 ans. Pourtant, le lien avec l’ostéoporose n’est pas clair dans l’esprit de la plupart de nos contemporaines. Néanmoins, les apports en calcium et en vitamine D ont beaucoup progressé d’une manière générale. Mais quand les os sont vraiment affaiblis, il est un peu tard pour la prévention : il s’agit de consolider le squelette à court terme pour éviter les fractures. Et les malades n’y pensent pas (ou ne veulent pas y penser)…

Si peu de prévention volontaire

Les rhumatologues le savent depuis longtemps, et l’écrivent noir sur blanc depuis des années dans leurs revues scientifiques : il est possible de prévenir et d’éviter l’ostéoporose et ses conséquences.

Cela peut se faire par l’alimentation, l’exercice physique, la supplémentation et aussi, en dernière extrémité, par les traitements médicamenteux…

Pour autant les personnes concernées sont fort peu nombreuses à s’en préoccuper à temps comme le montrent les statistiques internationales ou françaises : à 70 ans, 94% des femmes françaises vivant dans des grandes villes ont des os affaiblis (ostéoporose ou ostéopénie)…

Nous savons toutes et tous qu’il y a du danger pour nous et que nous risquons d’en souffrir cruellement par des fractures douloureuses, voire mortelles. Comment se fait-il alors que, d’une manière générale, nous fassions si peu pour nous prémunir et conserver les os que nous méritons ?

Des croyances erronées…

On sait que cela provient en partie du manque de connaissances de l’ostéoporose qu’ont les personnes concernées.

On sait également que beaucoup de futur(e)s malades estiment que la maladie est inévitable et que c’est une simple conséquence du vieillissement chez les femmes âgées. De ce fait, ces personnes ne feront rien, ou pas grand chose, en matière de prévention…

On sait en effet, depuis quelques années, que nous faisons d’autant plus de prévention que nous estimons :

  • que nous avons un risque,
  • et que nous croyons que nous pouvons y faire quelque chose de manière suffisamment simple.

Or, la plupart des femmes estiment, à tort, que d’autres maladies graves sont plus susceptibles de leur arriver que l’ostéoporose. Elles minorent considérablement les risques de fractures ostéoporotiques dont plus de la moitié d’entre elles souffrira après 50 ans.

Une enquête australienne

Pour approfondir cette question, des médecins australiens ont réalisé une étude qui a été publiée dans la presse scientifique en 2014.

Pour répondre à la dite question, ils ont interrogé, entre 2007 et 2010, 3011 femmes australiennes. Elles n’étaient pas traitées pour l’ostéoporose à l’origine de l’étude.

Ils voulaient savoir, si, en fonction de leur niveau de préoccupation au sujet de l’ostéoporose et des fractures, ces femmes allaient s’engager dans des comportements de prévention et de soins (suppléments de vitamine D et de calcium, informations sur l’ostéoporose et sur les tests de densité osseuse, information sur les traitements médicamenteux…).

L’ostéoporose : une maladie théorique ?

1095 australiennes, d’âge moyen 66 ans, ont fourni des réponses exploitables.

71% des personnes qui ont répondu se sentaient concernées par l’ostéoporose sans pour autant penser personnellement devoir être touchées par la maladie ou les fractures.

Toutefois, les australiennes qui se sentaient concernées par l’ostéoporose ne ressentaient pas plus de risque de maladies et de fractures que la moyenne de la population interrogée.

Par contre, le fait de se sentir concerné, entraînait une demande accrue de conseil médical, de mesure de la densité osseuse, et de traitements.

Pour autant, en raison de grandes campagnes médiatiques, plus de la moitié des femmes interrogées prenaient des suppléments de calcium ou de vitamine D. Ainsi, 65% de celles qui perçoivent un risque personnel en prennent, contre 48% de celles qui n’en perçoivent pas. Ce n’est pas une très grande différence, qui peut s’expliquer par le fait qu’une partie des femmes interrogées s’estiment protégées par le supplément qu’elles prennent.

Curieusement, les femmes qui estiment avoir des risques supérieurs d’ostéoporose, pensent qu’elles n’ont pas plus de risque que les autres femmes d’avoir des fractures…

En outre, celles qui ont été diagnostiquées avec une ostéoporose sont peu nombreuses (22%) à estimer qu’elles ont des risques de fracture supérieurs à ceux des autres femmes.

D’autres études ont d’ailleurs montré que des femmes qui avaient subi une fracture de fragilité ne faisaient pas clairement le lien avec l’ostéoporose dont elles souffraient pourtant.

Il semble que, dans l’esprit de nos contemporaines australiennes, les fractures et l’ostéoporose n’aient pas grand-chose à voir ensemble… Comme si l’ostéoporose était une sorte de fragilité théorique, alors que les fractures sont le résultat d’un concours de circonstances malheureux.

Conclusion

Certains comportements préventifs contre l’ostéoporose ont beaucoup progressé depuis quelques années.

Cela montre que progressivement, nous nous sentons de plus en plus concernés par la probabilité d’une telle maladie.

Pour autant, l’ostéoporose reste, pour la majorité des adultes, une maladie théorique d’affaiblissement des os.

En pratique, nous ne faisons pas le lien entre cette maladie et les risques de fracture qui y sont liés.

De manière surprenante, les personnes qui se sentent concernées par les risques d’ostéoporose ne se sentent pas plus concernées que les autres par les risques de fractures.

De ce fait, la prévention des fractures, qui à un certain stade implique un traitement médical, se fait mal.

Compte tenu des inconvénients de ces traitements, il vaut mieux, bien sûr, éviter d’en arriver là…

La prévention progresse, et c’est une bonne chose !

Toutefois, la prévention est encore quelque peu anarchique. Rares, en effet, sont les personnes qui mettent en œuvre de manière systématique toutes les bonnes pratiques :

Sources :

Concern and Risk Perception: Effects on Osteoprotective Behaviour, A. L. Barcenilla-Wong, J. S. Chen, and L. M. March, Journal of Osteoporosis, Volume 2014 (2014), Article ID 142546, 10 pages

“Vitamin D with calcium reduces mortality: patient level pooled analysis of 70,528 patients from eight major vitamin D trials” L. Rejnmark, A. Avenell, T. Masud et al., The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, vol. 97, no. 8, pp. 2670–2681, 2012.

“An evidence-informed strategy to prevent osteoporosis in australia an outline of the building healthy bones throughout life white paper,” P. R. Ebeling, R. M. Daly, D. A. Kerr, and M. G. Kimlin, Medical Journal of Australia, vol. 198, supplement 1, no. 2, pp. 90–91, 2013.