Diviser par 2 l’âge de nos vieux os

Diviser par 2 l’âge de nos vieux os

Résumé

En vieillissant, nos cellules sénescentes perturbent gravement le fonctionnement de nos organes et de nos os. L’élimination de ces cellules sénescentes semble rajeunir de 50% les êtres vivants et rallonger l’espérance de vie de 20% tout en étant en bien meilleure forme. Des recherches sont en cours, notamment à l’institut Pasteur, pour appliquer tout cela aux êtres humains dans les 5 ans qui viennent. Mais d’ici là, il convient de prendre soin de nous pour faire de vieux os solides…

Rajeunir de 50%

C’est tellement important que l’Institut Pasteur de Paris y travaille depuis plusieurs années et pourtant, la plupart d’entre nous l’ignorons !

Des expériences récentes ont été faites dans de nombreux laboratoires sur des souris.

Et ces expériences ont permis de les faire rajeunir de 50%, environ.

C’est-à-dire que des souris vieillissantes âgées de deux ans (poil terne et gris, fourrure pelée, faible énergie) ont pu être ramenées dans l’état de souris d’un an (en pleine forme, très actives, poils noir et brillant, fourrure complète…).

Et l’impact de ces expériences sur leur squelette ostéoporotique a été spectaculaire : elles ont rapidement récupéré des os solides.

Comment cela est-il possible ?

Comme vous le savez, quand nous vieillissons, le corps fonctionne un peu (voire beaucoup) moins bien : nous absorbons moins bien les nutriments (calcium, acides aminés, magnésium…), ils sont plus de mal à traverser les parois des vaisseaux sanguins, l’inflammation chronique augmente…

Par des comportements protecteurs, il est possible d’améliorer le fonctionnement de notre corps, même en étant âgé (des personnes de 90 ans sont capables de renforcer leur squelette), mais cela a des limites.

Cela a des limites car, en vieillissant, nos plus vieilles cellules (les cellules sénescentes) fonctionnent plus mal. Et elles envoient des signaux chimiques et hormonaux qui perturbent le fonctionnement de notre métabolisme, y compris celui de nos os.

Une accumulation d’anomalies

Ce qu’il faut savoir, c’est que nos cellules sont issues de cellules-souches, et elles se reproduisent une soixantaine de fois, environ. Lorsqu’elles atteignent cette soixantaine de fois, un certains nombre d’anomalies que le corps n’a pas su réparer se sont accumulées. Normalement, ces cellules endommagées doivent mourir : soit elles s’autodétruisent (ce que l’on appelle l’apoptose), soit elles sont détruites par le système immunitaire. Mais quand on vieillit, le nombre des cellules vieillissantes et en mauvais fonctionnement augmente. D’où tous les problèmes qui se multiplient avec l’âge.

Un coup de jeune extraordinaire

On se doutait de tout cela depuis très longtemps, mais des expériences réalisées voici moins d’une dizaine d’années ont mis en évidence l’importance des troubles occasionnées par les cellules vieillissantes, ce que l’on appelle les cellules sénescentes.

On s’est donc rendu compte qu’en éliminant les cellules sénescentes, non seulement on écartait de nombreuses maladies de dégénérescence (l’ostéoporose donc, de nombreuses fibroses, l’athérosclérose, certaines dégénérescences des neurones y compris Alzheimer, les problèmes rénaux et cardiovasculaires…), mais également on redonnait un coup de jeune extraordinaire (environ 50%), et on rallongeait l’espérance de vie d’environ 20%.

Si ces premiers résultats obtenus sur des souris se confirment sur les êtres humains, cela signifie que notre état de forme à 60 ans serait équivalent à celui d’une personne de 30 ans, que notre espérance de vie serait d’environ 95 ans (contre 80 actuellement) avec des infirmités liées à l’âge en très grande diminution.

Des recherches très actives

De nombreux laboratoires se sont donc lancés pour trouver des molécules que l’on appelle des sénolytiques (elles détruisent les cellules sénescentes). Les essais sont en cours sur des molécules naturelles (la piperlongumine, par exemple), sur de vieux médicaments (metformine…), sur des médicaments plus récents (Dasatinib) ou sur de nouvelles molécules spécifiques…

La course est lancée depuis environ 5 ans et compte tenu de la durée de mise au point courante de nouveaux traitements, il faudrait encore environ 5 ans avant que les premiers traitements autorisés ne soient disponibles pour tous.

C’est bien long à attendre quand on est déjà touché par une des maladies mentionnées, mais cela vaut la peine de prendre soin de soi quand il est encore temps, pour être dans un bon état de santé, en grande forme et bien vivant, quand ces traitements auront été validés et seront vraiment au point.

Dans quelques années, les premiers traitements vont donc apparaître. Ils seront sans doute encore imparfaits, coûteux et désagréables à prendre.

Mais petit à petit, les chercheurs amélioreront les molécules, les recommandations, les traitements qui deviendront plus efficaces, moins chers, et faciles à utiliser.

Tout cela peut sembler trop beau pour être vrai. Et pourtant, les expériences en cours sont de plus en plus concluantes. Gardez un œil là-dessus (les sénolytiques) : vous risquez d’avoir de sacrées surprises, bientôt !

Conclusion : la prévention pour être fin prêt(e)s !

Et pour être en excellente forme osseuse, pour prévenir l’ostéoporose et l’ostéopénie, il convient dès à présent :

C’est dès aujourd’hui que nous préparons notre santé de demain.

Sources :

Reason, Reporting on the 2018 International Cellular Senescence Association Meeting, Fight Aging!, Round Rock, 12 septembre 2018

Yingying Wang et alii, Discovery of piperlongumine as a potential novel lead for the development of senolytic agents, AGING (Albany NY), 19 novembre 2016

Ming Xu, Senolytics improve physical function and increase lifespan in old age, Nature Medicine, volume 24, pages 1246–1256 (9 juillet 2018)

Mikhail V Blagosklonny (2013) Selective anti-cancer agents as anti-aging drugs, Cancer Biology & Therapy, 14:12, pages 1092-1097, 27 novembre 2013

Nicolas Martin, Jean-Marc Lemaître, Olivier Bischof, Vieillissement cellulaire : la fontaine de jouvence ?, La Méthode scientifique, France-Culture, 10 septembre 2018

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