Protéger son squelette à la ménopause

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Protéger son squelette à la ménopause

Résumé

Une expérience menée tout récemment a montré que des femmes en cours de ménopause pouvaient conserver leur densité osseuse grâce à des exercices physiques adaptés. Cela montre une nouvelle fois l’importance de la stimulation physique de la croissance de l’os dans la stratégie de prévention de l’ostéoporose. La prévention intelligemment menée, ça donne des résultats significatifs !

Difficile ménopause

Nous savons toutes (et tous) que la ménopause est une période difficile de la vie des femmes.

La ménopause correspond à la période où les règles des femmes s’arrêtent en général (il y a des exceptions) vers la fin de la quarantaine ou le début de la cinquantaine voire plus tard…

Elle peut être caractérisée par un ralentissement progressif des règles, des ballonnements et de la constipation, de la fatigue, des changements d’humeur, des insomnies…

Elle entraîne également une dégradation de la santé cardiovasculaire, et de la santé osseuse…

C’est à ce moment que la personne en cours de ménopause risque de perdre une fraction importante de sa minéralisation osseuse, entraînant un début d’ostéopénie, pouvant glisser par la suite vers l’ostéoporose.

Une ménopause simulée

L’École de Médecine de l’Université du Colorado à Denver a décidé d’étudier s’il était possible de mettre en œuvre des comportements qui permettent de pallier à ces évolutions délétères…

Aussi, le Docteur Wendy Kohrt a mis en place un panel de 4 groupes physiologiquement comparables de femmes volontaires afin de mesurer l’impact de différents comportements. Les effets de la ménopause ont été simulés par une suppression temporaire des fonctions ovariennes.

  • Le 1° groupe de femmes ne modifiait pas ses comportements habituels (groupe contrôle),
  • Le 2° groupe de femmes pratiquait de l »exercice physique de musculation,
  • Le 3° groupe de femmes recevait un traitement d’hormones féminines (oestrogènes),
  • Le 4° groupe de femmes pratiquait de la musculation et recevait un traitement d’oestrogènes.

 

Les résultats : échec à l’ostéoporose

Les chercheurs ont mesuré les paramètres physiologiques de ces femmes avant et après les traitements proposés.

Ils ont constaté que les femmes du 1° groupe (groupe contrôle) avaient un métabolisme plus lent, une augmentation de la masse grasse abdominale, une diminution de la masse musculaire et une diminution de la minéralisation osseuse.

Par contre, il n’y avait pas de changement pour les femmes qui avaient un traitement hormonal à base d’oestrogènes : leur état physiologique restait le même qu’au moment du début de l’expérience.

Enfin, les femmes qui faisaient de l’exercice physique de musculation sans traitement hormonal conservaient leur masse osseuse, alors que leur métabolisme se ralentissait…

 

Un traitement médical et un traitement naturel

Cette expérience illustre donc deux façons de protéger son squelette.

La première consiste à mettre en place un traitement hormonal substitutif. Cela ne peut se faire qu’avec un suivi médical très précis pour vérifier qu’il est bien ajusté à chaque personne et pour effectuer les contrôles réguliers de bonne santé qu’il implique.

Il est donc également possible de protéger son squelette au moment de la ménopause en pratiquant des activités physiques adaptées pour stimuler la minéralisation de l’os. Ces exercices devront être adaptés à la physiologie de la personne (résistance osseuse, état des cartilages, santé cardiovasculaire, équilibre…) qui souhaite les mettre en œuvre et elle pourra se faire accompagner par un spécialiste (rhumatologue, généraliste, kinésithérapeute, etc…), si elle le juge utile.

 

Conclusion

Cette expérience confirme une nouvelle fois l’importance de l’exercice physique dans le maintien d’une bonne condition osseuse, ce que nous avions déjà souligné de multiples fois.

Ce qui est nouveau ici, c’est de montrer que des exercices adaptés permettent de maintenir la densité osseuse même pendant la période du démarrage de la ménopause, qui est souvent une période où la densité osseuse diminue très vite.

Il est important, alors, de bien choisir ses pratiques sportives pour stimuler au mieux son squelette et éviter les accidents, en particulier quand la densité est déjà affaiblie.

Il faudra bien sûr compléter l’exercice physique par un apport soigné des nutriments indispensables pour nourrir ses os (calcium, vitamine D, protéines, magnésium…) et de pratiquer des comportements diminuant l’inflammation.

Prendre soin de son squelette, ça marche et ça donne des résultats : c’est maintenant qu’il faut s’y mettre !

 

 

Source :

Wendy Kohrt, Bioenergetic and metabolic consequences of the loss of ovarian function in women, session « Physiology and Gender: Aging and Senescence », Congrès de la Société Américaine de Physiologie, 1° octobre 2018, Knoxville.

3 responses

  1. Elisabeth dit :

    Bonjour Luc

    Je viens de découvrir votre blog qui me semble remarquable et qui gagnerait à être plus connu, vu le problème qu’il traite. Je faisais des recherches sur les facteurs défavorables à la construction de l’os car je suis à la recherche de solutions complémentaires à ce que je sais déjà, pour la densité osseuse dentaire que je souhaite améliorer en vue de la pose d’implants. Je n’ai vu qu’une infime partie de votre blog pour le moment.
    Je tiens moi-même un blog depuis maintenant plus de 7 ans.

    Elisabeth

    • Homnes dit :

      Bonjour Elisabeth,
      Je vous remercie pour votre commentaire élogieux !
      Le site est très tourné vers la prévention de l’ostéoporose, et donc le renforcement osseux des parties structurales du squelette.
      Un certain nombre de conseils (calcium, vitamine D, protéines, magnésium, diminuer l’inflammation) valent pour toute l’ossature et les autres sont adaptables (exercice physique : il s’agit de stimuler les mâchoires pour donner à l’os le signal de son renforcement).
      J’imagine que vous saviez déjà l’essentiel et que tout ceci contribuera à vous donner encore plus d’énergie pour prendre soin de vous !
      Cela en vaut la peine.
      Bonne continuation !

  2. Elisabeth dit :

    Merci pour la suggestion de stimuler la mâchoire en lui faisant faire de l’exercice ; je n’y avais absolument pas pensé !

    Je vais m’y atteler ! En dehors des périodes où je mange et où ma mâchoire fait déjà de l’exercice.

    D’une certaine façon, cela peut rejoindre aussi le conseil de justement bien mâcher ses aliments, ce qui fait donc d’une pierre deux coups !

    Effectivement, je connaissais déjà les conseils que vous rappelez dans votre réponse.

    Elisabeth

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