Repérer les symptômes de l’ostéoporose et de l’ostéopénie

Repérer les symptômes de l’ostéoporose et de l’ostéopénie

Résumé :

Les symptômes de l’ostéoporose (différentes formes de fractures) apparaissent quand il est très tard… Il vaut mieux envisager des examens avant les problèmes. En amont, il est encore plus utile de s’intéresser aux facteurs de risques pour corriger ceux qui sont modifiables. C’est le début de la prévention : l’adoption des bons comportements qui peuvent nous permettre de faire de vieux os solides, durablement !

Symptômes de l'ostéoporose et de l'ostéopénie

Une maladie de longue haleine

Vous savez que l’ostéoporose guette l’immense majorité des femmes à partir du moment où la cinquantaine est dépassée…

C’est une maladie qui se développe sur plusieurs dizaines d’années. Puis, elle accélère au moment de la ménopause. Et, elle entraîne une désorganisation de la structure osseuse aussi bien sur le plan biologique, que sur le plan minéral.

Pendant très longtemps, les personnes touchées ne sentent rien, ne s’aperçoivent de rien. Notre corps est mal équipé pour repérer les maladies de dégénérescence qui frappent plus spécifiquement les personnes âgées…

La sélection naturelle nous a rendus attentifs aux infections qui peuvent se produire quand nous sommes très jeunes, pour que nous réagissions rapidement. Mais cette sélection a été ingrate avec les personnes plus âgées, les laissant démunies…

Les symptômes de l’ostéoporose sont ainsi fort discrets, la plupart du temps.

Aussi, c’est à nous d’apprendre rationnellement à nous prémunir contre les attaques qui arrivent plus souvent avec l’âge !

Une découverte fortuite

Pour la plupart des personnes diagnostiquées, la découverte est fortuite.

Elle se fait à l’occasion d’une fracture intervenue en raison d’un petit choc, une chute relativement légère, une diminution de taille, une douleur à la colonne vertébrale. Car les symptômes de l’ostéoporose, ce sont les diverses fractures qu’elle entraîne.

Parfois même, certaines fractures sont repérées alors qu’elles sont déjà anciennes : un radiologue se rend compte qu’une vertèbre s’est cassée sans même que le malade, la malade le plus souvent, s’en soit rendu compte.

Car si l’ostéoporose frappe les deux sexes, elle commence par les femmes !

Il arrive aussi qu’un médecin plus au fait de la question décide, au vu d’un ensemble de facteurs de risques, de faire faire des examens qui révéleront une ostéoporose silencieuse. Mais ce n’est pas si fréquent que cela.

Et il arrive encore trop fréquemment que des patients fracturés soient soignés puis renvoyés chez eux, sans que le diagnostic d’ostéoporose ait été porté. Sans que des conseils médicaux et, éventuellement, un traitement adapté aient été proposés.

Des symptômes et des indices de l’ostéoporose

La littérature médicale nous enseigne que les symptômes de l’ostéoporose sont peu nombreux. Il sont principalement les conséquences des fractures que les personnes ayant des os fragiles subissent dans des circonstances banales :

  • une fracture sous un choc relativement faible (une chute chez soi, qui n’entraînerait que des bleus chez une personne en bonne santé osseuse),
  • des douleurs à la colonne vertébrale, qui proviennent de fractures de vertèbres fragilisées par l’ostéoporose,
  • une déformation de la colonne vertébrale, liée là encore à des fractures non douloureuses, dans un premier temps,
  • une diminution de la taille de quelques centimètres (la taille peut diminuer d’une dizaine de centimètres)…

Des “quasi” symptômes de l’ostéoporose très difficiles à repérer…

En théorie, il serait possible de repérer l’ostéoporose sur des radiographies faisant apparaître des os du squelette.

En effet, l’ostéoporose est une fragilisation générale du squelette. Elle concerne de manière plus ou moins importante tous les os.

Ainsi, elle concerne également les mâchoires. Or il se trouve que notre dentiste nous fait assez souvent des radios pour soigner nos dents ou pour vérifier que tout va bien. Il pourrait alors, en théorie, constater une éventuelle déminéralisation osseuse de la mâchoire, et attirer notre attention.

Toutefois, beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte qui rendent difficiles le repérage d’une fragilité osseuse sur de simples radios.

Ensuite, les dentistes ne sont pas particulièrement formés à une analyse spécifique qui sort de leur champ de compétences.

En outre, si une telle déminéralisation est à peu près visible sur une radio, pour un spécialiste, c’est qu’elle est très avancée…

C’est d’ailleurs pour cela que les spécialistes utilisent des appareils spécialisés pour mesurer la densité osseuse.

La déminéralisation discernable sur une radiographie est un des symptômes de l’ostéoporose, mais ce n’est pas un symptôme précoce.

Bref, si les symptômes de l’ostéoporose existent, ils sont difficiles à repérer et on ne s’en rend compte que quand il est déjà bien tard, trop tard trop fréquemment.

Pratiquer les examens

Alors, pourquoi ne pas faire les examens spécifiques pour repérer au plus tôt les premiers signes biologiques d’un début d’ostéoporose, d’une ostéopénie ?

Comme nous l’avions déjà vu dans un autre article, l’examen de référence est la DMO : la mesure de la densité minérale osseuse.

Il se fait avec un appareil spécialisé qui permet de mesurer de manière assez précise le contenu minéral de nos os.

Cet examen permet de repérer une déminéralisation osseuse, même quand elle est encore faible.

Et quand elle est encore faible, il est possible de réagir rapidement pour l’arrêter et même reminéraliser ses os. Nous l’avons vu récemment.

La difficulté, c’est que cet examen, relativement peu coûteux (à partir de 40 euros, en France), est peu remboursé par la Sécurité Sociale : il faut en effet que des facteurs de risques importants préexistent.

En outre, la situation osseuse peut évoluer rapidement, aux environs de la cinquantaine chez les femmes, au moment de la ménopause.

Alors pourquoi ne pas faire le point régulièrement et évaluer ses propres risques pour mettre en place les comportements protecteurs ?

Repérer les facteurs de risques

Car les facteurs de risques, sont bien connus.

Il y a dix-neuf (19) facteurs de risques principaux.

Ainsi, en fonction du nombre de facteurs de risques qui nous concernent, nous saurons si nous avons intérêt à :

  • en parler avec notre médecin,
  • demander à faire des examens spécifiques (DMO),
  • envisager de changer notre mode de vie,
  • voire nous faire prescrire un traitement adapté.

Car, c’est vrai, nous subissons certains facteurs de risques non modifiables, l’âge, en particulier. Mais d’autres facteurs, très importants, sont modifiables pour éloigner de nous le spectre blafard de l’ostéoporose et des fractures qui l’accompagnent.

Toutefois, s’intéresser aux facteurs de risques, n’est-ce pas déjà entamer une démarche intelligente de prévention ?

N’est-ce pas déjà faire en sorte de mettre toutes les chances de notre côté pour conserver des os solides durablement ?

Conclusion : anticiper les symptômes de l’ostéoporose

Les symptômes de l’ostéoporose sont très discrets : ils ne sont vraiment repérables (sans examens spécifiques) que quand ils ont commencé à faire des dégâts (fractures).

L’examen de référence, la DMO, permet de repérer un début d’ostéoporose beaucoup plus tôt. Les os ont commencé à s’affaiblir, mais il est encore très souvent possible d’améliorer la situation.

Pour s’y prendre encore plus tôt, il convient d’analyser ses facteurs de risque et de corriger ceux qui peuvent l’être facilement.

Mais pour mettre toutes les chances de son côté, il vaut mieux pratiquer une prévention intelligente en :

Différents articles de ce site expliquent tous ces points.

Vous pouvez demander la synthèse : « les 8 clefs pour protéger mes os ».

Prenons soin de nous pour faire de vieux os solides : nous en valons la peine !

Sources :

Tomaszewski T. Assessment of density and mandible bone structure in patients with generic osteoporosis symptoms. Ann Univ Mariae Curie Sklodowska Med. 2002;57(1) 329-341. PMID: 12898941.

Pierre J. Meunier, L’Ostéoporose, 2005, Elsevier Masson

Evaluer son risque individuel d’ostéoporose, 01 juin 2010, Groupe de recherche et d’information sur l’ostéoporose (GRIO)

Prise en charge de l’ostéodensitométrie, L’Assurance Maladie, 9 décembre 2018

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