Ce que nous apprend l’ostéoporose des astronautes


Ce que nous apprend l’ostéoporose des astronautes

Les astronautes, vainqueurs de l'ostéoporose !Résumé :

Lors de leur séjour dans l’espace, l’ossature de nos astronautes se fragilise en une ostéoporose accélérée. La récupération est longue, et pas toujours totale. Pour prévenir et remédier à cette perte osseuse, différentes mesures (médicaments, alimentation, exercices physiques…) ont été testées et sont mises en œuvre (exercice physique).

L’espace du vieillissement réversible

Nos chers astronautes, Claudie ou Jean-Pierre, Michel ou Jean-François, ont eu le grand privilège de faire des séjours dans l’espace qu’ils ont longuement commentés, à l’époque… Ce que tout le monde sait, c’est que ces séjours intenses et enviés entraînent une fonte musculaire et une affaiblissement de l’ossature, une décalcification, en quelques semaines, une sorte de vieillissement accéléré lié à l’absence de pesanteur dans l’espace… (Au passage, si vous vous sentez solidaires des astronautes, vous pouvez rester allongés 24h/24 dans votre lit pendant 30 jours et les conséquences seront tout à fait comparables…) Heureusement pour les astronautes, ce vieillissement est réversible, au moins en partie, car en revenant sur terre, ils retrouvent cette bonne vieille gravité qui contribue à une reminéralisation lente de leur ossature.

Prévenir et guérir l’ostéoporose spatiale

La perte osseuse peut représenter chez les astronautes entre 15% et 30% de la structure de la hanche (les os non porteurs sont moins touchés), un taux comparable à celui que l’on trouve chez les femmes âgées. Les conséquences potentielles sont telles que les services scientifiques cherchent à mettre au point des « contre-mesures » permettant de prévenir les modifications osseuses :

  • A cet effet, des médicaments du type biphosphonates ont été utilisés, avec les inconvénients que l’on connaît et des résultats trop insuffisants pour que l’utilisation ait été généralisée à tous les astronautes. En outre, les canadiens ont testé l’hormonothérapie avec, là encore, des résultats insuffisants.

  • Actuellement sont en cours des études sur les contre-mesures nutritionnelles avec des oméga 3, des oméga 6, de la vitamine K, etc. On prévoit que des études prochaines (2015) testent l’intérêt des antioxydants…

  • Les seules mesures qui ont été généralisées sont liées à l’activité physique. Les astronautes font plus de deux heures d’exercice physique par jour, avec des exercices de résistance nécessitant des pressions importantes au niveau des jambes afin de stimuler les muscles et les os des membres inférieurs. Il a également été démontré que les vibrations, les chocs répétés étaient favorables au ralentissement de la décalcification…

Au moment de leur retour sur terre, même avec les contre-mesures actuelles, il faut compter presque un an (9 à 10 mois) avant que la minéralisation ne revienne à un niveau proche de celle d’origine. La bonne nouvelle est que cette reminéralisation est possible et que l’arrêt des conditions qui ont favorisé la décalcification permet la recalcification.

Prévenir et guérir l’ostéoporose terrestre

De ces expériences, il ressort que nous pouvons retirer les enseignements suivants pour lutter contre l’ostéoporose sur terre. En dehors des mesures concernant l’alimentation (calcium, magnésium, vitamine D), il ressort que l’exercice physique avec vibrations et chocs sur les jambes est un excellent moyen de prévenir l’ostéoporose. La marche rapide et la course à pied (ou même le saut à la corde) sont alors parmi les meilleures activités sportives permettant de nous conserver des os solides. Si en outre, nous ajoutons un sac sur notre dos (sac à dos pour randonnée) ou des paniers à provisions pour faire nos courses, nous aurons mis un maximum de chances de notre côté.

Source :

Emission radiophonique sur France-Culture

Révolutions médicales par René Frydman

Leçons scientifiques et médicales des vols spatiaux

Invité(s) :

Anne Pavy-Le Traon, neurologue

Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des Sciences de la Vie au CNES

Thierry Pozzo, spécialiste en neurosciences

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