Monthly Archives: janvier 2016


Comment l’environnement commercial peut nuire à nos enfants, à nos os et à notre santé

Danger santéRésumé

Malgré notre volonté, nos choix sont en partie conditionnés par notre environnement. Celui-ci peut avoir un effet délétère sur nos os, sur notre santé et plus particulièrement encore sur nos enfants. En le sachant, nous sommes plus à même de mettre en œuvre l’alimentation qui nous sera favorable, ainsi qu’à nos enfants : le régime crétois. Mais il ne se fera pas tout seul : il faut le décider, l’organiser et le mettre en œuvre pour notre plus grand bien !

Nous mangeons en fonction de ce que nous trouvons…

Nous savions déjà que la qualité de l’alimentation a un impact fort sur la santé des enfants. En particulier, sur leur embonpoint et sur la solidité de leur os. De nombreuses études l’ont démontré de manière évidente (cf. sources, ci-dessous).

Ce qui est encore plus intéressant, c’est que des études récentes démontrent que les conditions d’accès à des aliments de qualité ont un impact très fort sur la santé des enfants.

Moins c’est cher, plus nous en mangeons…

Ainsi, une étude de 2005 a démontré que plus le prix des fruits et légumes était bas, plus les enfants avaient un poids favorable, et plus les prix augmentaient, et plus ils prenaient du poids. Inversement, le poids des enfants évolue dans le sens contraire du prix de la viande… Il s’agissait d’une étude menée sur de jeunes enfants, suivis entre l’entrée en crèche et l’entrée en école primaire.

Une autre étude montrait que les adolescents qui consomment des en-cas rapides achetés (fast food) atteignaient des poids excessifs comparés à ceux qui consomment des repas préparés à la maison.

Le développement osseux de nos enfants en dépend

Une étude britannique publiée en 2015 nous rappelle en outre que les conséquences délétères de l’environnement ont également un impact significatif sur la solidité des os de nos enfants.

Ainsi, 1107 enfants ont été suivis de la naissance jusqu’à l’âge de 4 à 6 ans et deux mesures de densité minérale osseuse ont été réalisées.

Les variations de densité osseuse étaient très importantes à la baisse ou à la hausse en fonction de l’environnement commercial présent autour du lieu d’habitation des enfants : les environnements les plus chargés en restaurants rapides (fast food) étaient ceux qui entraînaient des densités osseuses inférieures en moyenne. A l’inverse, une forte densité de magasins d’alimentation bien pourvus en produits frais et de qualité était favorable à la densité osseuse.

Nos choix nécessitent une volonté sans faille

Même si nous mêmes et nos enfants ont une certaine marge de liberté volontaire dans nos choix alimentaires, il en ressort que nos choix sont également dépendants des influences des proches (famille, pairs…), des conditions physiques (cantines, magasins, restaurants…) et de l’environnement sociétal (média, publicité, normes culturelles et sociales)…

Certes, cela semble évident, quand on le présente comme cela. Néanmoins, il est fréquent que nous l’oubliions. Dans le feu de l’action, dans les choix rapides que nous avons à faire pour décider quand, quoi et où nous allons manger, nous oublions souvent une partie de nos bonnes résolutions (du jour de l’an, en particulier) pour aller au plus simple, au plus commode et au plus familier…

Décidons vraiment de manger « crétois »

Tout ceci nous rappelle que notre environnement commercial n’est pas forcément aussi favorable à notre santé (et à celle de nos enfants) que nous pouvons le souhaiter. Il est important d’en prendre conscience et de faire en sorte de combattre la facilité en privilégiant les approvisionnements facilitant un régime méditerranéen et, encore mieux, un régime crétois. Nous en avons déjà parlé.

Tout cela va sans dire, c’est vrai. Mais cela va encore mieux en le disant et en en étant pleinement conscient.

Sources :

Body mass index in elementary school children, metropolitan area food prices and food outlet density, R. Sturm, , A. Datar

Public Health, Volume 119, Numéro 12, Decembre 2005, Pages 1059–1068

Association of Consumption of Fried Food Away From Home With Body Mass Index and Diet Quality in Older Children and Adolescents, Elsie M. Taveras, Catherine S. Berkey, Sheryl L. Rifas-Shiman, David S. Ludwig, Helaine R.H. Rockett, Alison E. Field, Graham A. Colditz, Matthew W. Gillman

Pediatrics, Octobre 2005, VOLUME 116 / Numéro 4

Individual and Environmental Influences on Adolescent Eating Behaviors, Mary Story, Dianne Neumark-Sztainer, Simone French

Journal of the American Dietetic Association, Volume 102, numéro 3, Supplement, Mars 2002, Pages S40–S51

Greater access to fast-food outlets is associated with poorer bone health in young children, C. Vogel , C. Parsons, K. Godfrey, S. Robinson, N. C. Harvey, H. Inskip, C. Cooper, J. Baird

Osteoporosis International, pp 1-9, 12 Octobre 2015


Pourquoi Sa Majesté Britannique veut donner de la vitamine D à toute sa population

Vitamine D R-URésumé

Le Ministère de la Santé britannique a commandé un rapport à un Comité de médecins experts en nutrition et santé publique.Le projet préconise la vitamine D pour toute personne âgée de plus d’un an. Il s’agit de lutter contre l’ostéoporose, l’ostéomalacie, des douleurs et faiblesses musculaires ainsi que le rachitisme chez les enfants. Qu’attendons-nous pour étudier la question et adopter une mesure simple et efficace de prévention ?

Préoccupé par la vitamine D

Le Ministère de la Santé britannique s’interroge depuis des années sur la question des apports en vitamine D. Aussi, en 2010, il a commandé un rapport à un Comité d’Experts, le Comité Scientifique Consultatif sur la Nutrition (SACN). Il s’agit d’examiner les connaissances scientifiques sur les liens entre le niveau sanguin de vitamine D et un certain nombre de maladies (santé des muscles et du squelette, maladie cardiaque, diabète de type 1, cancer, sclérose multiple).

Un projet de rapport a été publié en juillet 2015 destiné à entamer un débat et à recueillir les avis et suggestions d’amélioration des recommandations. Une nouvelle version du rapport, le rapport définitif, devrait être publié en mai 2016. Il intégrera les remarques issues du débat national.

Un rapport pédagogique

Dans un premier temps, le rapport rappelle :

Le rapport mentionne ensuite les objectifs de l’étude : vérifier si les recommandations actuelles sont cohérentes avec les modes de vie, en prenant en compte les concentrations sanguines réelles, les concentrations sanguines souhaitables, les liens entre la concentration sanguine et les états de santé dans les différentes âges de la vie, la contribution solaire à la production cutanée de vitamine D (et les risques liés au soleil), les risques liés à l’excès de vitamine D…

Le rapport indique que :

  • la concentration sanguine de vitamine D évolue avec les saisons car la peau ne produit de vitamine D ni en automne, ni en hiver : au Royaume-Uni, la production recommence à partir du mois de mars pour s’arrêter au mois d’octobre ;
  • de faibles concentrations sanguines de vitamine D sont associées au rachitisme (défaut de minéralisation) chez les enfants, à l’ostéomalacie (rachitisme de l’adulte) chez les adultes, à des risques de chutes et de fractures plus élevés chez les personnes âgées, à des faiblesses musculaires ;
  • les études réalisées sur les liens entre vitamine D et d’autres questions de santé (santé orale, santé reproductive, cancer, maladies cardiovasculaires, hypertensions, infections, maladies auto-immunes, DMLA : dégénération maculaire liée à l’âge = un problème grave de vision, santé neuropsychologique) ne permettent pas de tirer de conclusions définitives ;
  • il existe des incertitudes sur le seuil de concentration sanguine recommandée à retenir pour la vitamine : entre 20 et 30 nmol/l de 25(OH)D, ce qui a conduit à retenir le seuil de 25 nmol/l.

Pour ce qui concerne les excès de vitamine D, le rapport indique que ce qui est à craindre est une hypercalcémie (excès de calcium sanguin) car aucune autre conséquence négative de la vitamine n’est correctement documentée. Les risques de toxicité apparaissent au-delà de 300 nmol/l de 25(OH)D.

Les recommandations finales du projet de rapport

Finalement, le rapport préconise que le niveau cible de vitamine D sanguine soit de 25 nmol/l de 25(OH)D, ce qui implique un apport oral journalier estimé à 10 microgrammes/jour de vitamine D pour les personnes de plus de 1 (un) an (y compris les femmes enceintes ou allaitantes, y compris les personnes ayant des peaux sombres) et à 8,5-10 microgrammes/jour pour les enfants moins d’un an. Ces recommandations sont valables tout au long de l’année que ce soit en hiver (peu de soleil) ou en été (plus de soleil).

Il ne s’agit là que des conclusions provisoires. Il est vraisemblable qu’elles évolueront peu, d’ici au mois de mai 2016.

Nous vous tiendrons au courant.

Conclusion

La situation de la population française, canadienne ou belge est-elle vraiment différente de la situation britannique ? Certes, nous avons un peu plus de soleil, en moyenne, car le nord de la France, la Belgique et le Canada ont des conditions d’ensoleillement fort proches de celles du sud de l’Angleterre. Certes, notre alimentation est différente, mais nous mangeons sans doute moins de poisson que les britanniques… Une partie importante de la population française a une peau plus foncée que la population britannique, nécessitant une exposition solaire plus intense.

Pour autant, une grande partie d’entre nous reçoit fort peu de soleil aux heures où les rayons UVB sont efficaces au printemps et en été : nous nous protégeons du soleil avec des crèmes et des maquillages, ou il nous arrive souvent de ne pas sortir au soleil de midi quand nous travaillons ou même quand nous ne travaillons pas…

Le soleil est un facteur de vieillissement de la peau dont il est nécessaire de tenir compte dans nos choix.

Bref, il semble que la position du Comité sur l’Alimentation nous concerne tous, nous aussi.

Pensons à être plus vigilants sur nos apports de vitamine D pendant les saisons moins ensoleillées au minimum, et idéalement toute l’année.

Sources

Draft Vitamin D and Health report, Professor Hilary Powers, Scientific Advisory Committee on Nutrition, Londres, 2015