Monthly Archives: septembre 2015


Pourquoi l’inflammation chronique est l’ennemie de nos os

cheveux de feuRésumé :

L’inflammation chronique fait le lit de l’ostéoporose, comme celui d’autres maladies de dégénérescence. S’il convient, bien sûr, de soigner les maladies à l’origine d’une inflammation passagère ou chronique, nos comportements (exercice, sommeil, alimentation, hygiène mentale…) ont également un impact déterminant, particulièrement quand nous prenons de l’âge…

L’inflammation fragilise les os

Depuis quelques années, des articles scientifiques montrent que plus le niveau d’inflammation d’un organisme est élevé, plus le risque de fracture ostéoporotique existe.

Mais qu’entend-on par inflammation ?

Quand on s’est foulé la cheville ou que l’on a été piqué par un insecte, le corps répond par une inflammation. En médecine, il s’agit de la réponse du corps (humain en particulier) à une agression impliquant rougeur, gonflement, chaleur, douleur et difficulté de fonctionnement.
Le « mécanisme » biologique consiste à faire gonfler les vaisseaux sanguins (d’où la rongeur et le gonflement des tissus) à proximité de l’agression pour accélérer les réactions de réparation (qui fonctionnent mieux si la température est plus élevée et si les produits de réparation sont en quantité importante). Le gonflement entraîne logiquement une plus grande difficulté de la cheville à se mouvoir et une douloureuse compression des tissus.

Utile à court terme, dangereuse à long terme

Ainsi, les inflammations sont fort utiles, à l’origine : il est important que le corps se mobilise pour se réparer quand il est agressé, que les tissus distendus de la cheville foulée se remettent en place, que les bactéries et les virus qui nous assaillent soient détruits…
Par contre, il y a problème quand l’inflammation perdure très longtemps, quand l’intervention d’urgence ne se termine jamais : certaines cellules impliquées dans les mécanismes inflammatoires (les macrophages, sortes de globules blancs) produisent des toxines (en particulier des dérivés réactifs de l’oxygène comme les radicaux libres) qui endommagent les cellules et tissus proches…

A long terme, les inflammations chroniques font le lit des cancers, de l’athérosclérose… et aussi de l’ostéoporose (et de l’ostéopénie).
En effet, plusieurs études récentes ont montré que des personnes âgées ayant un niveau inflammatoire élevé (caractérisé par des marqueurs inflammatoires en concentration élevée dans le sang) avaient des risques de fractures 2 à 5 fois plus élevés que des personnes du même âge avec des niveaux inflammatoires normaux.

D’où viennent ces inflammations chroniques ?

Les causes peuvent être multiples, liées en particulier à toutes sortes de pathologies chroniques, que le corps n’arrive pas à surmonter : maladies auto-immunes (arthrite, lupus, psoriasis…), infections chroniques, conséquences d’opérations et en particulier de transplantation…
Le vieillissement est également une cause d’inflammation : un certain nombre de cellules fonctionnent moins bien et produisent des radicaux libres qui vont endommager les tissus avoisinants.
Le patient peut aussi avoir un impact important par ses comportements : épuisement, anorexie, obésité, taux de cholestérol élevé, hypertension, tabac, alcool, malnutrition…

Que peut-on faire ?

Si l’on est malade, il convient en premier lieu de se soigner pour revenir à un état de bonne santé. C’est évident, et c’est la première question à traiter…
Par contre, un certain nombre de causes d’inflammation chronique relèvent, au moins en partie, de traitements comportementaux sur lesquels nous pouvons agir :
notre poids (revenir à un poids normal : IMC < 25),
– notre sommeil (autour de 8 h par jour),
notre alimentation (régime méditerranéen ou régime crétois par exemple),
– notre tension mentale et psychologique (être en paix avec soi-même et avec les autres),
– nos émotions négatives (qui peuvent induire des comportements défavorables notamment dans l’alimentation et le sommeil),
notre activité physique (qui contribuera aussi à renforcer nos os)…
Ce qui nous renvoie à la série de dix articles écrits sur la santé durable…

Soyons notre meilleur(e) ami(e) !

Bref, à long terme, notre équilibre de vie joue un rôle important sur l’état inflammatoire de notre corps, et donc sur la porosité (ostéoporose) et sur la fragilité (oestéopénie) de nos os.
Cultivons notre plaisir de vivre en prenant soin de nous-même, en étant notre meilleur(e) ami(e) !

Sources :

Inflammatory markers and risk of hip fracture in older white women: the study of osteoporotic fractures, Barbour KE1 et alii, J Bone Miner Res. 2014 Sep;29(9):2057-64

Inflammatory Markers and the Risk of Hip Fracture: The Women’s Health Initiative, Barbour Kamil E. et alii., J Bone Miner Res. 2012 May; 27(5): 1167–1176.

Inflammatory markers and incident fracture risk in older men and women: the Health Aging and Body Composition Study, J Bone Miner Res. 2007 Jul;22(7):1088-95.

Inflammation–cancer link confirmed, Nature Reviews Immunology 2008;8(7):494

Evolutionary medicine and chronic inflammatory state—known and new concepts in pathophysiology, Straub Rainer H., J Mol Med (Berl). 2012 May; 90(5): 523–534.


Comment le calcium alimentaire diminue les risques de coliques néphrétiques

Résumé :

Une fraction importante de la population a des risques forts de calculs rénaux. Heureusement, le calcium alimentaire permet de diminuer ces risques. Pour cela, mangez du lait, buvez beaucoup d’eau, limitez le sel, les aliments riches en oxalate et les protéines animales, éliminez les sodas…

 

Une douleur épouvantable

Calculs rénaux hLes calculs rénaux peuvent entraîner d’épouvantables coliques néphrétiques, des saignements, des nausées et l’obstruction des uretères… Ils touchent environ 10% de la population et plus particulièrement les hommes (13%) que les femmes (7%). Et le pire, c’est que la moitié des personnes qui ont eu des calculs en auront encore…

Comment faire pour les éviter, comment faire pour que cela ne se reproduise pas ?

 

Du calcium pour protéger ses reins

La bonne nouvelle est que les personnes qui consomment le plus de calcium alimentaire (c’est-à-dire le calcium qui est intégré dans les aliments) sont beaucoup moins touchées par les calculs (50% de risque en moins environ). Ainsi, quand vous vous protégez contre la dégénérescence des os, contre l’ostéoporose, vous protégez vos reins en même temps.

Pourquoi cela ?

Les calculs sont formés pour la plus grande partie d’oxalate de calcium. L’oxalate est une des composantes naturelles de nombreux aliments végétaux comme les épinards, la rhubarbe, les noix, le son… Quand on consomme du calcium en même temps que des oxalates, la cristallisation de l’oxalate de calcium se fait en priorité dans les intestins qui les éliminent directement. En cas d’insuffisance de calcium dans l’alimentation, les oxalates passent dans le sang : ils s’y lient avec le calcium sanguin et sont éliminés par les reins. En cas de conditions défavorables, les oxalates se cristallisent et s’accumulent sous forme de petits cailloux dans les reins, qui n’arrivent plus à les éliminer…

 

Et les suppléments en calcium ?

Des études ont été faites sur de grandes populations : elles ont montré que les personnes prenant des suppléments en calcium étaient un peu plus sujettes aux calculs que celles prenant du calcium alimentaire. Les médecins estiment que c’est en grande partie lié au fait que ces personnes prennent souvent les suppléments en dehors des repas : ainsi, une plus grande proportion d’oxalate peut passer dans le sang…

 

D’où viennent les calculs ?

Comme pour beaucoup de problèmes de santé, il y a une dimension héréditaire dans la formation de calculs : si des membres de votre famille proche sont touchés, vous êtes plus à risque, vous avez plus de risques.

Les personnes qui boivent peu ont également plus de risques : la concentration des oxalates dans les urines est plus forte, l’élimination des urines est moins rapide et la cristallisation se fait plus facilement.

Une consommation élevée de protéines entraînent la formation d’acide urique, qui favorise la formation des calculs.

Une consommation élevée de sel entraîne une rétention d’eau et augmente la concentration des urines.

La consommation de fructose est un élément défavorable : beaucoup d’aliments en contiennent car il a un goût beaucoup plus sucré que le saccharose.

 

Comment les éviter ?

  1. Consommer des quantités importantes de calcium alimentaire (mangez du lait), et si vous prenez des suppléments, prenez-les pendant les repas (du midi et du soir généralement) et prenez des suppléments qui se dissolvent facilement dans le système digestif.
  2. Limitez (sans éliminer) la consommation de protéines animales.
  3. Evitez de multiplier les aliments riches en oxalates (épinards, rhubarbe, noix, son de blé, oseille, betteraves, blettes, thé…), qui apportent, par ailleurs, de multiples bienfaits culinaires et sanitaires.
  4. Limitez la consommation de sel (et en particulier de sel caché dans les plats préparés) et, à cet effet, utilisez des condiments végétaux (poivre, safran, herbes de Provence, piments…).
  5. Evitez les sodas et les aliments sucrés au fructose.
  6. Buvez beaucoup d’eau (1,5 à 2 litres par jour), et pensez à utiliser des eaux minéralisées (en calcium en particulier)…

 

Source :

Lowering the Chance of Getting Another Calcium Kidney Stone : A Review of the Research for Adults

John M. Eisenberg Center for Clinical Decisions and Communications Science.

Baylor College of Medicine, Houston, Texas

U.S. National Library of Medicine, 2013