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Comment renforcer ses os et ses cartilages : la preuve par l’animation !

Résumé

Arte illustre dans une courte vidéo l’impact positif de la course à pied sur les cartilages et sur les os. Les bénéfices de la course à pied ont été étudiés par les médecins depuis plus de trente ans. Bref, n’hésitez plus à courir !

Grande nouvelle : réjouissez-vous !

ARTE a publié une magnifique petite vidéo (1 mn 30 sec) expliquant « quels sont les effets du footing sur le corps ».

Par une animation au graphisme soigné et à la mise en mouvements quelque peu saccadée, il est possible d’assister à l’alimentation en nutriments des cartilages et à leur renforcement ainsi que de comprendre comment les os peuvent gagner en solidité et en résistance.

Bref, comme on vous le dit depuis des mois, il est possible de prévenir l’ostéoporose (ainsi que l’arthrose)…

Encore faut-il apporter à ses cartilages et à ses os les éléments de nutrition et de réparation dont ils ont besoin, et particulièrement du calcium, de la vitamine D et du magnésium… dont nous manquons tous ou presque.

Des objections dans la salle !

Je vois tout de suite quelques esprits chagrins qui haussent les épaules et froncent les sourcils. Pour eux, il s’agit là d’une vue d’artiste : s’il fallait croire tout ce que raconte la télévision, on finirait avec un cerveau atrophié…

Faites-vous vous-même votre idée !

Regardez déjà cette charmante vidéo…

…Et voici les preuves scientifiques !

La petite vidéo d’ARTE est confirmée par de nombreuses études bio-médicales réalisées depuis plus d’une vingtaine d’années.

Ainsi, une étude de suivi longitudinal réalisée pendant 9 ans a comparé des coureurs et des non-coureurs de 50 à 70 ans initialement. Elle a montré que les coureurs avaient une densité osseuse plus élevée que les non-coureurs tant au début de l’étude qu’à la fin de l’étude. La même étude avait montré que les coureurs avaient des cartilages des genoux plus épais que les non-coureurs.

Une autre étude a montré que des coureurs (hommes ou femmes) de 50 à 72 ans avaient une densité osseuse 40% plus importante que des non-coureurs comparables.

Cela va d’ailleurs dans le sens d’études réalisées sur des animaux : on a montré sur des lapins et sur des chiens que les cartilages d’articulations bloquées artificiellement s’abîmaient en raison du manque d’apports en nutriments que permet le mouvement et la compression des cartilages. Le mouvement entretient et renforce les cartilages !

Conclusion :

Les conclusions sont évidentes : pour se forger des os solides, pour avoir des genoux fonctionnels longtemps, vous pouvez profiter des joies de la course à pied autant que vous le souhaitez.

Pour moi, c’est deux ou trois fois par semaine, selon les périodes.

Venez avec moi !

Et bien sûr, faites le au soleil (vitamine D), mangez des laitages (calcium) et buvez des eaux magnésiennes !

Sources :

Videman, T. (1982). The effect of running on the osteoarthritic joint: an experimental matched-pair study with rabbits. Rheumatology and Rehabilitation, 21(1), 1-8.

Kiviranta, I., Tammi, M., Jurvelin, J., Saamanen, A. M., & Helminen, H. J. (1988). Moderate running exercise augments glycosaminoglycans and thickness of articular cartilage in the knee joint of young beagle dogs. Journal of Orthopaedic Research, 6(2), 188-195.

Lane, N. E., Bloch, D. A., Hubert, H. B., Jones, H., Simpson, U., & Fries, J. F. (1990). Running, osteoarthritis, and bone density: initial 2-year longitudinal study. American Journal of Medicine, 88(5), 452-459.

Lane, N. E., Bloch, D. A., Jones, H. H., Marshall, W. H., Jr., Wood, P. D., & Fries, J. F. (1986). Long-distance running, bone density, and osteoarthritis. JAMA, 255(9), 1147-1151.


Quand la panacée contre l’ostéoporose sera-t-elle disponible ?

Cibles des nouveaux médicaments de l'osRésumé

De nouveaux médicaments sont en préparation et devraient aboutir dans les années qui viennent. Ils favorisent la construction osseuse ou limitent la destruction. Ils ne seront pas la panacée universelle puisqu’ils auront, comme tout médicament, des effets secondaires… Plutôt que de compter sur eux, faites vous une belle ossature grâce à des comportements préventifs adaptés !

De nouveaux mécanismes d’action

Plusieurs nouveaux médicaments viennent d’être commercialisés ou sont en préparation pour soigner l’ostéoporose. Ils agissent une fois qu’elle est déjà là, bien installée, pour consolider ce qui est déjà fort endommagé, consolider les ruines. Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de la prévention des maladies de dégénérescence en général et de l’ostéoporose en particulier.

Ces nouveaux médicaments procèdent par des voies différentes des médicaments actuels : ils visent soit à ralentir la destruction des os par les ostéoclastes, soit à renforcer l’action des ostéoblastes.

Un remaniement osseux permanent

Tour EiffelLes ostéoclastes sont ces petites cellules osseuses chargées de démolir la structure osseuse. Leur action est contrebalancée, normalement, par l’action d’autres cellules qui construisent et reconstruisent l’os en permanence : les ostéoblastes.

Quand tout va bien, ce qui est rarement le cas puisque presque 95% des femmes de 75 ans et plus ont des os affaiblis (ostéopénie et ostéoporose), en France… Bref, quand tout va bien, les actions des ostéoblastes et des ostéoclastes s’équilibrent dans un remaniement permanent de la structure osseuse pour la raffermir et l’adapter aux contraintes changeantes de la vie… C’est un peu comme le service d’entretien de la tour Eiffel qui démonte (ostéoclastes) en permanence certaines poutres métalliques anciennes pour les remplacer (ostéoblastes) par de nouvelles poutres mieux adaptées…

Les médicaments traditionnels

Les médicaments actuels insèrent des minéraux difficilement délogeables de la structure osseuse (biphosphonates et ranélate de strontium), ou accélèrent la synthèse des os (modulateurs sélectifs des récepteurs d’oestrogènes et parathormone), avec les effets secondaires déjà mentionnés…

Les nouveaux médicaments

Les nouveaux médicaments sont au nombre de trois : le dénosumab, les antisclérostines, les inhibiteurs de la cathepsine K…

  • Le dénosumab (dénomination commerciale Prolia) est un anticorps qui va se fixer sur une molécule émise par les ostéoblastes empêchant les ostéoclastes de recevoir l’ordre de fonctionner, de se former et de survivre : ils ralentissent la résorption osseuse. Ce médicament vient en relais des biphosphonates quand ils ne sont plus tolérés par le malade. Ils ont différents effets secondaires, comme notamment, des infections et des douleurs diverses, voire même (rarement néanmoins) une certaine fragilisation de certains os. Il s’administre sous forme d’injection sous-cutanée semestrielle.
  • Les inhibiteurs de la cathepsine K bloquent une enzyme nécessaire à la résorption osseuse. Des essais à grande échelle sont en cours et les conclusions sont attendues pour la fin 2020.
  • Les antisclérotines sont en cours de développement (disponibles vers 2020). Ils visent à supprimer les messages limitant la formation osseuse, envoyés par certaines cellules du tissu osseux (ostéocytes). Ils permettraient d’augmenter fortement la formation osseuse.

Conclusion

Si le dénosumab est déjà disponible, ce n’est pas la panacée universelle contre l’ostéoporose, puisqu’il est considéré comme apportant un bénéfice supplémentaire mineur par rapport aux biphosphonates et que ces effets secondaires sont non négligeables.

Les autres futurs médicaments sont encore trop mal connus pour pouvoir déterminer précisément leurs limites d’emploi, ni même leur intérêt thérapeutique comparés aux médicaments actuels.

Nous en saurons plus dans quelques années…

En attendant, faites vous de beaux os en pratiquant une prévention active !

Sources :

Ostéoporose : vers de nouveaux traitements

Didier Rodde, EGORA, 20 10 2014

PROLIA

Haute Autorité de Santé, 14 12 2011

Category: Ostéoporose