L’Os : structure minérale ou tissu vivant ?
Et pourquoi cette erreur change complètement notre façon de comprendre l’ostéoporose, le vieillissement et la solidité des vertèbres…
L’ostéoporose : un béton qui vieillit mal ?
Lorsque l’on pense à ses os, on imagine parfois une charpente rigide, solide, presque immuable.
Une sorte de « béton » biologique à base de calcium.
Quelque chose, donc qui ressemble davantage à de la pierre qu’à du vivant.
C’est ce qui m’est apparu parfois en discutant avec des personnes soucieuses de leur santé osseuse.
Cette représentation semble logique.
Après tout, lorsque nous regardons un squelette dans un musée, une radiographie ou un schéma anatomique, nous voyons des structures blanches, dures et minérales.
Une sorte de marbre de très haute qualité, pourrait-on dire.
Et nous entendons souvent parler d’« usure », de « décalcification » ou encore de « fragilité osseuse ».
Peu à peu, une idée peut alors s’installer, puis s’imposer :
Les os seraient des structures minérales qui se détériorent progressivement avec l’âge.
Pourtant, biologiquement, cette vision est profondément fausse.
Un os vivant n’est pas une pierre.
Ce n’est surtout pas un matériau inerte.
C’est un tissu complexe, organisé, vivant, irrigué.
Il est peuplé de cellules spécialisées…
De ce fait, il est capable de s’adapter en permanence à ce que nous faisons, mangeons, pensons et vivons.
Comprendre cette réalité change tout.
Cela change notre compréhension de
- l’ostéoporose,
- du vieillissement,
- ce qui renforce réellement les vertèbres.
Et cela permet enfin de poser la bonne question :
Quels signaux biologiques envoyons-nous chaque jour à notre squelette ?
Le grand malentendu : imaginer l’os comme un matériau inerte
Lorsque l’on casse une branche morte, elle ne se répare pas.
Lorsqu’un morceau de craie s’effrite, il ne se reconstruit pas.
Lorsqu’une pierre s’abîme, elle reste abîmée.
Les objets inertes subissent.
Ils ne réagissent pas, ne s’adaptent pas, ne communiquent pas.
Or beaucoup de personnes appliquent inconsciemment cette logique à leurs os.
Elles imaginent que leurs os s’usent progressivement au fil des années comme les pièces d’une machine.
Dans cette vision simplifiée :
- l’âge détruit les os ;
- le calcium les reconstruit ;
- la densité osseuse résume tout.
Cette manière de voir est séduisante parce qu’elle paraît simple.
Mais le vivant fonctionne rarement de manière simple.
Un os n’est pas un objet.
Un os est un tissu vivant.
Et un tissu vivant possède une propriété extraordinaire :
il peut se modifier lui-même.
Un tissu vivant qui se renouvelle sans cesse
À cet instant précis, alors que vous lisez ces lignes, votre squelette est en train de se transformer.
Pas dans quelques années.
Pas dans quelques mois.
MAINTENANT !
Partout dans votre organisme, des millions de micro-zones osseuses (les fameux osteions) sont engagées dans un processus permanent de démolition et de reconstruction.
Ce phénomène porte un nom :
le remodelage osseux.
Contrairement à ce que l’on imagine souvent, le squelette adulte n’est jamais terminé.
Il est continuellement entretenu.
Comme une ville qui rénoverait sans cesse ses bâtiments.
Certaines portions de tissu osseux sont retirées.
D’autres sont reconstruites.
D’autres encore sont renforcées ou réorganisées.
Ainsi, l’os que vous possédez aujourd’hui n’est déjà plus exactement celui que vous aviez il y a quelques années.
Votre squelette est en perpétuel devenir.
Les trois grandes familles de cellules qui construisent l’os
Cette activité permanente repose sur une remarquable équipe de spécialistes.
Les ostéoclastes : les démolisseurs
Les ostéoclastes retirent les portions anciennes ou endommagées du tissu osseux.
À première vue, cela peut sembler inquiétant.
En effet, pourquoi détruire de l’os ?
Tout simplement parce qu’aucune rénovation n’est possible sans éliminer les parties à remplacer.
Ces cellules jouent donc un rôle indispensable.
Sans elles, le squelette accumulerait progressivement des défauts.
Les ostéoclastes démontent donc le vieil os défectueux pour laisser la place aux cellules bâtisseuses.
Les ostéoblastes : les bâtisseuses
Une fois le terrain préparé, les ostéoblastes interviennent.
Leur mission consiste à fabriquer un nouvel os.
Elles produisent notamment la matrice osseuse qui servira ensuite de support à la minéralisation.
Ce sont elles qui participent directement à la construction du tissu osseux neuf.
Les ostéocytes : les chefs d’orchestre
Les ostéocytes sont probablement les cellules osseuses les plus fascinantes.
Enfermées au cœur même du tissu osseux, elles forment un immense réseau de communication.
Elles surveillent les contraintes mécaniques, détectent les déformations, évaluent les besoins d’adaptation.
Elles transmettent ensuite des signaux biologiques aux autres cellules.
En quelque sorte, elles permettent à l’os de « sentir » son environnement.
Un tissu vivant doit être nourri
Un tissu vivant doit être entretenu.
Il a besoin :
- d’oxygène,
- de nutriments,
- d’éliminer ses déchets…
Il a aussi besoin de communiquer avec le reste du corps.
Pour cela, il doit être vascularisé, irrigué par le sang.
C’est précisément le cas de l’os.
Contrairement à l’image de matériau minéral figé que beaucoup s’en font, le tissu osseux est traversé par un réseau complexe de vaisseaux sanguins.
Ces vaisseaux apportent :
-
- l’oxygène ;
- les acides aminés ;
- les minéraux ;
- de nombreuses hormones ;
- les vitamines ;
- les cellules immunitaires ;
- d’innombrables messagers biologiques.
Sans cette circulation permanente, aucun remodelage ne serait possible.
Aucune réparation ne serait possible.
Aucune adaptation ne serait possible.
L’os est donc profondément connecté au reste du vivant.
L’os écoute ce que nous faisons
Lorsque j’ai commencé à étudier sérieusement la physiologie osseuse, l’une des choses qui m’a le plus surpris est que l’os n’est pas seulement capable de se reconstruire.
Il est capable d’écouter, de sentir…
C’est probablement l’une des propriétés les plus extraordinaires du squelette.
L’os n’est pas seulement vivant.
Il est également sensible à son environnement.
Chaque fois
- que vous marchez, vos os reçoivent des informations.
- qu’un muscle se contracte, vos os reçoivent des informations.
- que vous montez un escalier, portez une charge ou changez de posture, vos os reçoivent des informations.
Ces informations ne sont pas des pensées.
Ce sont des contraintes mécaniques.
Et le tissu osseux est capable de les transformer en réponses biologiques.
Ce mécanisme est appelé mécanotransduction.
Autrement dit :
l’os transforme des signaux mécaniques en signaux biologiques.
Ce principe est fondamental.
Il explique pourquoi le squelette peut devenir plus robuste lorsqu’il est correctement sollicité.
Et il explique également pourquoi il peut s’affaiblir lorsqu’il ne reçoit plus suffisamment de stimulation.
Une leçon spectaculaire : l’immobilité fragilise rapidement l’os
Imaginez deux personnes.
La première marche chaque jour, monte des escaliers, porte parfois des charges et jardine régulièrement.
La seconde reste alitée plusieurs semaines après une hospitalisation.
Leurs os ne reçoivent pas les mêmes informations.
Et c’est précisément là que commence l’histoire.
Si l’os était réellement une pierre, l’immobilité ne devrait pas poser de problème.
Pourtant, la réalité est tout autre.
Lors d’un alitement prolongé, d’une immobilisation par plâtre ou d’un séjour dans l’espace, la perte osseuse peut être rapide.
Pourquoi ?
Le squelette reçoit alors un message implicite :
« Cette structure n’est plus utilisée autant qu’avant. »
L’organisme adapte alors progressivement ses investissements biologiques.
Le tissu osseux se modifie.
La masse osseuse peut diminuer.
La résistance peut diminuer.
Cette réalité montre à quel point l’os est dynamique.
Une pierre ne réagit pas à l’inactivité.
Un tissu vivant, si.
Les muscles et les os : un partenariat indissociable
On parle souvent des muscles d’un côté et des os de l’autre.
En réalité, ils forment un système étroitement lié.
À chaque contraction musculaire, une traction s’exerce sur l’os.
Ces forces constituent une partie essentielle des signaux que reçoit le squelette.
Ainsi, lorsqu’une personne perd de la masse musculaire avec l’âge, les conséquences dépassent largement la seule force physique.
Les informations mécaniques transmises à l’os diminuent également.
Cette relation aide à comprendre pourquoi la santé musculaire joue un rôle si important dans la santé osseuse.
Un squelette solide et une musculature fonctionnelle évoluent souvent ensemble.
L’os n’est pas fait uniquement de minéraux
Lorsque l’on évoque l’os, le calcium monopolise souvent l’attention.
Bien sûr, le calcium est important, indispensable, même.
Mais réduire l’os au calcium serait aussi réducteur que de réduire une maison à ses briques.
Une maison a également besoin :
-
-
-
- d’une structure ;
- de poutres ;
- de fondations ;
- d’assemblages.
-
-
L’os possède lui aussi une architecture complexe.
Une partie essentielle de cette architecture repose sur une matrice organique riche notamment en collagène.
Cette matrice contribue à la résistance et à la souplesse relative du tissu osseux.
Sans elle, l’os ne serait pas simplement moins dense.
Il serait mécaniquement différent.
Comprendre cela permet déjà de dépasser une vision exclusivement minérale de la santé osseuse.
L’inflammation chronique concerne aussi le squelette
Lorsque l’on parle d’inflammation, beaucoup pensent aux articulations douloureuses ou aux infections.
Pourtant, l’inflammation chronique de faible intensité influence également de nombreux tissus de l’organisme.
Le tissu osseux n’échappe pas à cette règle.
Les cellules osseuses vivent dans un environnement biologique façonné par :
-
-
-
- les hormones ;
- les cytokines ;
- les médiateurs inflammatoires ;
- les signaux métaboliques.
-
-
Autrement dit, les os ne sont pas isolés du reste du corps.
Ils participent au même écosystème biologique.
C’est pourquoi la santé osseuse ne peut pas être comprise indépendamment de la santé générale.
Le sommeil : un allié souvent oublié
Le sommeil est rarement cité parmi les piliers de la santé osseuse.
Pourtant, les périodes de repos participent à de nombreux mécanismes de régulation, de récupération et d’équilibre hormonal.
Un tissu vivant a besoin de temps pour se réparer, s’adapter et, ensuite, se réorganiser.
L’os ne fait pas exception.
Cela ne signifie pourtant pas qu’une bonne nuit de sommeil suffira à résoudre tous les problèmes osseux.
Mais cela rappelle une réalité essentielle :
la santé osseuse dépend de l’ensemble du mode de vie, pas d’un seul facteur isolé.
Quatre erreurs qui empêchent souvent de comprendre l’ostéoporose
Erreur n°1 : réduire le problème au calcium
Le calcium est nécessaire, indispensable : nous l’avons déjà signalé.
Mais il n’est qu’un acteur parmi beaucoup d’autres.
La physiologie osseuse implique également :
-
-
- de nombreux minéraux ;
- les protéines ;
- les hormones ;
- l’activité physique ;
- la masse musculaire ;
- la vitamine D, ainsi que de nombreuses autres vitamines ;
- l’inflammation ;
- le sommeil ;
- le remodelage osseux lui-même.
-
Erreur n°2 : croire que la densité résume toute la solidité osseuse
La densité minérale osseuse apporte une information utile.
Mais elle ne résume pas à elle seule la qualité d’un os.
L’architecture interne, l’organisation du tissu, la qualité de la matrice organique ainsi que de nombreux autres paramètres participent également à la résistance osseuse.
Erreur n°3 : penser que le repos protège toujours les os
Le repos est parfois indispensable.
C’est d’ailleurs pendant les périodes de récupération après l’effort que l’os peut se renforcer.
Sans récupération (et sans stimulation), l’os se fragilise.
Mais l’immobilité prolongée constitue un signal biologique particulier.
Car le squelette a besoin d’un certain niveau de stimulation mécanique pour maintenir ses capacités d’adaptation.
Erreur n°4 : chercher une cause unique
Le vivant fonctionne en réseaux.
La santé osseuse dépend simultanément :
-
-
- de la nutrition ;
- du mouvement ;
- du système hormonal ;
- de la qualité musculaire ;
- de l’inflammation ;
- du sommeil ;
- de nombreux autres facteurs.
-
En effet, chercher une explication unique conduit souvent à passer à côté de l’essentiel.
Ce que change réellement cette nouvelle vision
Si l’os était une pierre, la question principale serait sans doute :
Comment donc empêcher cette pierre de s’user ?
Mais si l’os est un tissu vivant, la question devient tout autre.
Elle devient alors :
Comment créer un environnement favorable à son adaptation ?
Cette différence paraît subtile.
Elle est en réalité immense.
Car elle déplace notre regard.
Nous ne parlons plus seulement de perte osseuse.
Nous parlons – bien évidemment – de biologie.
Nous ne parlons plus seulement de minéraux.
Nous parlons aussi de signaux.
Nous ne parlons plus seulement d’âge.
Nous parlons d’adaptation, en effet.
Conclusion provisoire
Plus j’étudie la physiologie osseuse, plus je suis frappé par une caractéristique du vivant :
rien n’est réellement figé.
Pas même ce qui nous paraît le plus solide.
Nous imaginons souvent nos os comme une structure immuable.
En fait, la biologie nous montre exactement l’inverse.
Ainsi, la solidité naît du changement permanent.
Conclusion : os vivant et ostéoporose
Savoir et bien comprendre l’os comme un tissu vivant transforme profondément notre manière de voir l’ostéoporose, le vieillissement ainsi que la solidité des vertèbres.
Car, au fond, l’os ressemble davantage à un arbre qu’à une statue.
Cette comparaison peut sembler étrange.
Pourtant elle est beaucoup plus proche de la réalité biologique.
Car un tissu vivant ne répond pas uniquement au temps qui passe.
Il répond surtout aux informations qu’il reçoit.
À travers :
-
-
- le mouvement,
- les muscles,
- la nutrition,
- le sommeil,
- l’environnement biologique dans lequel il évolue.
-
Ainsi, l’os écoute continuellement notre mode de vie.
La question n’est donc peut-être pas seulement :
« Mes os vieillissent-ils ? »
Mais plutôt :
« Quels signaux biologiques leur envoyons-nous chaque jour ? »
Et c’est probablement à partir de cette question que commence une véritable compréhension de la physiologie osseuse.
Pour faire le point sur votre situation, vous pouvez commencer par demander le petit livret gratuit ci-dessous.
Bonne lecture et faites donc de vieux os… bien solides !
Oui, je veux recevoir mon livret :
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Et je serai tenu(e) au courant des nouveaux articles.
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Reminéraliser nos os à tout âge de manière naturelle !!!
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