Monthly Archives: février 2015


Ce que nous apprend l’ostéoporose des astronautes

Les astronautes, vainqueurs de l'ostéoporose !Résumé :

Lors de leur séjour dans l’espace, l’ossature de nos astronautes se fragilise en une ostéoporose accélérée. La récupération est longue, et pas toujours totale. Pour prévenir et remédier à cette perte osseuse, différentes mesures (médicaments, alimentation, exercices physiques…) ont été testées et sont mises en œuvre (exercice physique).

L’espace du vieillissement réversible

Nos chers astronautes, Claudie ou Jean-Pierre, Michel ou Jean-François, ont eu le grand privilège de faire des séjours dans l’espace qu’ils ont longuement commentés, à l’époque… Ce que tout le monde sait, c’est que ces séjours intenses et enviés entraînent une fonte musculaire et une affaiblissement de l’ossature, une décalcification, en quelques semaines, une sorte de vieillissement accéléré lié à l’absence de pesanteur dans l’espace… (Au passage, si vous vous sentez solidaires des astronautes, vous pouvez rester allongés 24h/24 dans votre lit pendant 30 jours et les conséquences seront tout à fait comparables…) Heureusement pour les astronautes, ce vieillissement est réversible, au moins en partie, car en revenant sur terre, ils retrouvent cette bonne vieille gravité qui contribue à une reminéralisation lente de leur ossature.

Prévenir et guérir l’ostéoporose spatiale

La perte osseuse peut représenter chez les astronautes entre 15% et 30% de la structure de la hanche (les os non porteurs sont moins touchés), un taux comparable à celui que l’on trouve chez les femmes âgées. Les conséquences potentielles sont telles que les services scientifiques cherchent à mettre au point des « contre-mesures » permettant de prévenir les modifications osseuses :

  • A cet effet, des médicaments du type biphosphonates ont été utilisés, avec les inconvénients que l’on connaît et des résultats trop insuffisants pour que l’utilisation ait été généralisée à tous les astronautes. En outre, les canadiens ont testé l’hormonothérapie avec, là encore, des résultats insuffisants.

  • Actuellement sont en cours des études sur les contre-mesures nutritionnelles avec des oméga 3, des oméga 6, de la vitamine K, etc. On prévoit que des études prochaines (2015) testent l’intérêt des antioxydants…

  • Les seules mesures qui ont été généralisées sont liées à l’activité physique. Les astronautes font plus de deux heures d’exercice physique par jour, avec des exercices de résistance nécessitant des pressions importantes au niveau des jambes afin de stimuler les muscles et les os des membres inférieurs. Il a également été démontré que les vibrations, les chocs répétés étaient favorables au ralentissement de la décalcification…

Au moment de leur retour sur terre, même avec les contre-mesures actuelles, il faut compter presque un an (9 à 10 mois) avant que la minéralisation ne revienne à un niveau proche de celle d’origine. La bonne nouvelle est que cette reminéralisation est possible et que l’arrêt des conditions qui ont favorisé la décalcification permet la recalcification.

Prévenir et guérir l’ostéoporose terrestre

De ces expériences, il ressort que nous pouvons retirer les enseignements suivants pour lutter contre l’ostéoporose sur terre. En dehors des mesures concernant l’alimentation (calcium, magnésium, vitamine D), il ressort que l’exercice physique avec vibrations et chocs sur les jambes est un excellent moyen de prévenir l’ostéoporose. La marche rapide et la course à pied (ou même le saut à la corde) sont alors parmi les meilleures activités sportives permettant de nous conserver des os solides. Si en outre, nous ajoutons un sac sur notre dos (sac à dos pour randonnée) ou des paniers à provisions pour faire nos courses, nous aurons mis un maximum de chances de notre côté.

Source :

Emission radiophonique sur France-Culture

Révolutions médicales par René Frydman

Leçons scientifiques et médicales des vols spatiaux

Invité(s) :

Anne Pavy-Le Traon, neurologue

Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des Sciences de la Vie au CNES

Thierry Pozzo, spécialiste en neurosciences

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Les six troubles immunitaires dus au déficit en magnésium

Magnésium & immunitéRésumé :

Les déficits en magnésium sont courants en France et ont un impact sur notre système immunitaire. Des études biologiques ont montré les mécanismes précis qui font que ce système fonctionne moins quand il n’a pas assez de magnésium : inflammation, apoptose perturbée, involution du thymus, apprentissage moins efficace du système immunitaire adaptatif…

Trop de déficits entraînant de multiples troubles

Nous savons déjà que le magnésium est un minéral fort important pour notre grande forme et notre santé durable. Il joue en particulier un rôle important dans le fonctionnement du système immunitaire. Explorons ensemble la façon dont le magnésium intervient précisément dans ce fonctionnement, et analysons les conséquences des déficits alimentaires, puisque, comme nous l’avons déjà vu, plus de 65% des femmes manquent de magnésium en France.

De nombreuses études biologiques et médicales

Compte tenu de l’importance quantitative du magnésium dans le corps (c’est le second plus important cation présent dans les cellules), ce métal a fait l’objet de nombreuses études publiées dans la presse scientifique médicale. Les études ont mis en évidence les très larges fonctions du magnésium, dont, notamment : la structure des acides nucléiques (ADN et ARN), le contrôle de l’activation ou l’inhibition des enzymes, la modulation de la prolifération cellulaire, la progression et la différenciation du cycle cellulaire…

Dans le domaine de l’immunité, le magnésium intervient dans de multiples domaines dont : la synthèse des immunoglobulines (protéines impliquées dans la reconnaissance, la liaison et l’adhésion des cellules), l’adhérence des cellules immunitaires, la destruction immunitaire des cellules…

Des perturbations dans les compartiments clefs du système immunitaire

De manière plus spécifique, le magnésium intervient dans la réponse inflammatoire de la façon suivante. Un déficit en magnésium induit une production accrue de cytokines (molécules de signalisation cellulaire) pro-inflammatoires intervenant quelques jours après le début du déficit. Entre autres problèmes, une des conséquences de ces réactions est une stimulation des phénomènes d’athérosclérose, dont on connaît les risques…

Par ailleurs, le déficit en magnésium est accompagné de l’activation de globules blancs (macrophages et neutrophiles) et de cellules endothéliales contribuant à la production de cytokines pro-inflammatoires. En outre, on observe également une perturbation du nombre et des fonctions des granulocytes (catégorie de globules blancs), entraînant notamment une augmentation de l’oxydation des lipides dont on sait l’importance dans l’intégrité des parois cellulaires.

En outre, il apparaît que les déficits en magnésium entraîne une perturbation de l’apoptose (auto-destruction cellulaire programmée) ce qui implique à la fois la survie de cellules pathologiques et à la fois la destruction prématurée de cellules fonctionnelles, avec les troubles que cela implique pour les cellules voisines et les organes auxquelles elles appartiennent.

De plus, le manque de magnésium est impliqué dans l’accélération de l’involution (décroissance progressive avec l’âge) du thymus, un organe impliqué dans la maturation des lymphocytes (immunité cellulaire).

On a repéré également des troubles du fonctionnement de la rate en cas de manque de magnésium, rate qui est impliquée dans le contrôle des infections par bactéries et notamment les pneumocoques et les méningocoques.

Enfin, dans un délai très court d’un ou deux jours, on a observé qu’un déficit débutant en magnésium modifiait l’expression des gênes dans les lymphocytes T, dont on sait qu’ils sont à la base du bon fonctionnement du système immunitaire secondaire, c’est-à-dire le système immunitaire adaptatif, celui qui se perfectionne avec le temps en fonction des pathogènes qu’il a appris à reconnaître.

Conclusion

Il apparaît donc que les observations générales que l’on peut faire d’une plus grande fragilité face aux infections en cas de manque de magnésium ne sont pas qu’une vue de l’esprit. Des études précises menées depuis plusieurs dizaines d’années ont permis progressivement de mieux expliquer les mécanismes biologiques précis en cause et de comprendre leurs implications.

Tout ceci confirme que le corps humain est un système précis qui fonctionne d’autant mieux qu’on lui fournit le bon carburant de la bonne qualité, autrement dit une alimentation adaptée et variée.

Source :

European Journal of Clinical Nutrition (2003) 57, 1193–1197. doi:10.1038/sj.ejcn.1601689 « Possible roles of magnesium on the immune system » M Tam1, S Gómez2, M González-Gross2 and A Marcos2