L’ostéoporose est-elle mortelle ?


L’ostéoporose est-elle mortelle ?

Prévenir ou guérir

Résumé :

L’ostéoporose diminue fortement l’espérance de vie en raison, notamment, des conséquences des fractures. Les traitements médicaux permettent de faire face à l’urgence et diminuent les risques de fractures, au prix d’effets secondaires parfois importants chez une petite minorité de malades. Plutôt que « guérir », mieux vaut donc prévenir très tôt en renforçant son ossature (calcium, magnésium, vitamine D, sel et exercice physique)…

Des perspectives glaçantes…

Tout le monde sait que l’on peut mourir des conséquences d’une ostéoporose.

Par exemple, nous savons que les suites d’une fracture de la hanche sont gravissimes.

Une fraction importante de personnes ayant subi une fracture de la hanche (très souvent liée à une ostéoporose) décède rapidement : 1 femme sur 5 et 2 hommes sur 5 décèdent dans l’année qui suit cette fracture selon une étude de 2013.

En outre, la durée de vie des fracturés de la hanche est réduite en moyenne de 4 ans pour les femmes et de 5 ans pour les hommes relativement à des populations comparables…

D’autres études ont également montré une diminution significative de l’espérance de vie chez les personnes ayant subi une fracture vertébrale, ou une fracture de l’avant-bras…

Une diminution rapide de la densité osseuse, ou même une densité osseuse faible (ostéopénie), sont également des facteurs ayant un impact négatif sur l’espérance de vie.

Soigner les os poreux…

Il est donc important de traiter les personnes ayant des os fragiles, les personnes atteintes d’une ostéoporose.

Un médecin spécialiste titrait d’ailleurs un de ses articles dans la presse professionnelle : « Ostéoporose : traiter ou faire décéder deux fois plus ».

Certes, les médicaments qui permettent de traiter l’ostéoporose peuvent avoir des effets secondaires fort éprouvants et même très graves. Et il est particulièrement injuste de subir ces effets quand on est sous traitement.

Grandeur et servitude des médicaments

Mais les malades ne sont pas traités pour le simple plaisir de les traiter, pour une volonté de leur faire dépenser leur argent, ou celui de la Sécurité Sociale. Si les médicaments (malgré les inconvénients qu’ils présentent) sont utilisés, s’ils sont autorisés, c’est que leurs bénéfices surpassent leurs inconvénients pour la grande majorité des patients.

Un traitement bien mené va en effet permettre de réduire les risques de fractures. Un traitement bien mené, c’est un traitement ajusté en fonction des tolérances du patient, en fonction de ce que sa biologie accepte et n’accepte pas. C’est un traitement mis en place et ajusté en accord entre le patient et son médecin.

C’est en effet sur le critère de réduction des risques de fractures que les médicaments sont homologués : les études réalisées montrent des réductions de risques d’environ 40%. Une division par deux ou presque, ce qui est loin d’être négligeable.

Ce n’est certes pas la panacée, et les médicaments ne vont pas permettre au patient de guérir, c’est-à-dire de récupérer des os en parfait état : le patient aura des os consolidés, un peu comme un mur que l’on aurait renforcé en y ajoutant du ciment et des étais…

Les faiblesses seront réduites, mais ne seront pas éliminées…

Le médecin va agir comme un réparateur d’urgence (pour éviter les aggravations brutales). Il ne peut pas agir comme un architecte qui a tout son temps pour restaurer un bâtiment ancien…

Prévenir plutôt que guérir

C’est pour cela que nous avons tous intérêt à nous y prendre à l’avance, pour éviter d’être contraint dans une situation d’urgence. Car dans de telles circonstances, il faut prendre des décisions douloureuses mais indispensables, compte tenu de l’état des lieux, compte tenu de l’état du squelette…

Et pour s’y prendre à l’avance, il n’est jamais trop tôt : nous pouvons prendre les bonnes habitudes pour compenser les déficits trop fréquents qui conduisent à l’ostéopénie, puis à l’ostéoporose.

On sait en effet, selon les études de l’ANSES, que :

Les recommandations sont simples : adaptons nos consommations de calcium, de magnésium, de vitamine D, de sel et bougeons-nous !

Sources :

Osteoporosis: Treat or Let Die Twice More Likely, Tuan V Nguyen, Ego Seeman,

Journal of Bone and Mineral Research, Volume 30, Issue 9, pages 1551–1552, septembre 2015

Life Expectancy in Patients Treated for Osteoporosis: Observational Cohort Study Using National Danish Prescription Data, Bo Abrahamsen,Clive Osmond, Cyrus Cooper,

Journal of Bone and Mineral Research, Volume 30, Issue 9, pages 1553–1559, September 2015

Excess mortality attributable to hip-fracture: a relative survival analysis. Frost SA, Nguyen ND, Center JR, Eisman JA, Nguyen TV.

Bone. 2013; 56(1):23–9.

Pongchaiyakul C, Nguyen ND, Jones G, Center JR, Eisman JA, Nguyen TV. Asymptomatic vertebral deformity as a major risk factor for subsequent fractures and mortality: a long-term prospective study. J Bone Miner Res. 2005; 20(8):1349–55.

Nguyen ND, Center JR, Eisman JA, Nguyen TV. Bone loss, weight loss, and weight fluctuation predict mortality risk in elderly men and women. J Bone Miner Res. 2007; 22(8):1147–54.

Browner WS, Seeley DG, Vogt TM, Cummings SR. Non-trauma mortality in elderly women with low bone mineral density. Study of Osteoporotic Fractures Research Group. Lancet. 1991; 338(8763):355–8.

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