Les 5 pièges qui trompent notre corps et nous trompent


Les 5 pièges qui trompent notre corps et nous trompent

Résumé :

Si notre corps, avec l’habitude et une bonne écoute, peut nous donner des indications majeures sur la meilleure façon de développer notre capital santé (notre santé durable), il est muet devant d’innombrables risques pour différentes raisons : 1) absence ou faiblesse des symptômes prédictifs, 2) évolution lente (et habituation), 3) délais entre effet et cause, 4) causes multiples 5) nouveaux risques… Au-delà de l’écoute active de son corps dont l’utilité est forte (mais qui est insuffisante), il convient d’utiliser d’autres moyens pour piloter la consolidation de notre santé durable : connaissances théoriques, bonnes pratiques, examens biologiques de contrôle…

Le Super Pouvoir que je voudrais avoir…

J’entends souvent des personnes qui me disent qu’elles sentent ce qui est bon pour elles, qu’en étant à l’écoute de son corps, qu’en se connaissant bien, on sait ce qui est bon pour soi…

Je me suis longtemps senti dans une position de novice par rapport à des expert(e)s : pour ce qui me concerne, j’ai un mal certain à relier clairement et indiscutablement ce que je ressens et ce que je pratique (nourriture, activités…).

En fait, plusieurs raisons limitent notre capacité à nous gérer complètement et efficacement en ressentant et en interprétant précisément ce que nous dit notre corps :

  1. absence ou faiblesse des symptômes prédictifs,

  2. évolution lente (et habituation),

  3. délais entre effet et cause,

  4. causes multiples,

  5. nouveaux risques…

Reprenons encore une fois l’exemple du déficit de calcium…

  1. Absence ou faiblesse des symptômes prédictifs,

Nous avons déjà vu précédemment que le calcium intervient dans de nombreux processus biochimiques du corps à court (contraction musculaire, influx nerveux par exemple) et à long terme (constitution des os et des dents…)… En cas de léger « déficit » de calcium, dans un premier temps, le corps va en puiser plus dans les aliments et en éliminer moins par les urines. Sans conséquence sensible, donc. Si le déficit s’aggrave, comme le calcium est indispensable à de nombreuses fonctions vitales à court terme, le corps va aller puiser dans les réserves des os, contribuant à les fragiliser. Les fonctions vitales à court terme vont continuer à fonctionner correctement et, de ce fait, le corps n’enverra pas de message de détresse.

  1. Évolution lente (et habituation),

Progressivement, les os font s’affaiblir, les vertèbres vont se tasser… et dans les 2/3 des cas, aucune douleur ne sera ressentie : la taille de la personne va diminuer doucement et très lentement…

  1. Délais entre effet et cause,

Cette évolution lente et souvent insensible se fait sur plusieurs dizaines d’années de déficit en calcium et en vitamine D, déficit qui a souvent démarré dans la jeunesse, voire l’adolescence et l’enfance.

  1. Causes multiples,

Le déficit en calcium peut être dû à un déficit en absorption (absence de produits laitiers par choix ou par intolérance digestive pour certains produits). Il peut-être dû à une élimination trop importante par les urines (régime trop salé ou trop carné). Il peut provenir des grossesses et des périodes d’allaitement (pendant lesquelles les besoins en calcium sont plus élevés). Il peut provenir d’un déficit de fixation (manque de vitamine D, en hiver particulièrement), etc….

  1. Nouveaux risques…

L’utilisation de certains médicaments (certaines classes de diurétiques, en particulier) va entraîner une élimination supplémentaire de calcium dans l’urine. Une modification du régime alimentaire (accroissement de la consommation de céréales complètes, par exemple) va entraîner une diminution de l’absorption du calcium par les intestins, entraînant un déficit (particulièrement si la consommation était en limite basse antérieurement).

Conclusion

Après avoir donc démontré que les sensations, le ressenti étaient insuffisants pour piloter un apport durablement sain de calcium (nous pourrions faire une démonstration comparable en matière de cholestérol et autres tri-glycérides), il convient d’admettre que nous devons passer par d’autres voies complémentaires pour développer notre santé durable. C’est donc tout l’intérêt de savoir à quoi sert le calcium dans le corps (connaissances théoriques), comment en métaboliser des doses adéquates (connaissances pratiques) et comment vérifier que la métabolisation se fait bien (mesures biologiques)…

CQFD : Ce Qu’il Fallait Démontrer

Source :

Le calcium, Présentation, sources alimentaires et besoins nutritionnels, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Maisons-Alfort

Vitamine D, Présentation, sources alimentaires et besoins nutritionnels, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Maisons-Alfort

Pharmacologie, Service de pharmacologie Pr. Philippe Lechat, Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie, Paris, 2006

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