Iode : rapprochez vous de la mer !

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Résumé

La moitié de la population française manque d’iode. Indispensable à la vie, son déficit entraîne des troubles du développement, un ralentissement du métabolisme, des troubles de l’humeur… On trouvera de l’iode dans les produits de la mer (poisson notamment) et les laitages.

 

 

L’auxiliaire de la thyroïde

Plus de la moitié de la population française manque d’iode. Les hormones thyroïdiennes (notamment thyroxine et triiodothyronine), formées avec de l’iode, sont absolument indispensables à la vie. En effet, elles interviennent, avec d’autres hormones, dans un grand nombre de processus vitaux : la croissance, le rythme cardiaque, la température corporelle, le métabolisme énergétique…

 

Le crétin des Alpes…

Ainsi, la carence en iode peut avoir des conséquences particulièrement graves sur le développement du corps et du cerveau des enfants et entraîner des retards mentaux très importants : le crétinisme. Le « crétin des Alpes » était d’ailleurs un malade de cette carence, en raison d’un déficit d’iode alimentaire. L’iode, qui vient de la mer pour l’essentiel, est un élément rare sur la terre : il est apporté par les pluies. Plus on s’éloigne des mers (zones centrales des grands continents ou certaines régions montagneuses) et plus les quantités d’iode dans l’alimentation locale sont faibles.

 

…et le goitre américain…

En cas de moindre déficit en iode, la glande thyroïde se met à grossir pour tenter d’utiliser plus efficacement le peu d’iode dont elle dispose, provoquant un goitre à la base antérieure du cou. Ces goitres étaient à l’origine du problème des cols de chemise de l’armée américaine lors de la guerre de 14. Comme les soldats du middle west avaient des goitres en raison d’un manque d’iode, les chemises militaires qui avaient été taillées en fonction des mensurations des soldats de la côte Est étaient trop petites du cou et les soldats des états centraux ne pouvaient fermer les cols…

 

De si petites doses !

Les quantités d’iode nécessaires sont en fait très petites : 150 microgrammes/jour pour les adultes, 200 microgrammes/jour pour les femmes enceintes ou allaitantes… On trouve de l’iode dans les produits de la mer (400 microgrammes environ pour 100 g de poisson) algues comprises, dans les laitages (qui peuvent représenter 20% de l’apport journalier et dans les fruits et légumes). Dans de nombreux pays, le sel de table est enrichi en iode selon des prescriptions déjà anciennes de l’OMS. Il y a d’ailleurs un problème de cohérence à compléter son ingestion en iode par l’utilisation de sel (NaCl) dans la mesure où la grande majorité de la population consomme beaucoup de sel et que les autorités sanitaires recommandent et tentent d’en limiter fortement l’utilisation…

 

A piloter de manière précise entre déficit et excès

Le régime alimentaire a une influence importante sur l’absorption intestinale de l’iode qui est freinée par de nombreux minéraux (calcium, magnésium, fer, fluor, nitrate…) et beaucoup de végétaux (choux, crucifères, maïs, haricots, bambou…). Il est alors fort utile de mesurer la quantité journalière éliminée par les urines, l’OMS ayant défini la limite basse à 100 microgrammes/24h d’excrétion.

 

Il est à noter que les excès d’iode entrainent des perturbations du fonctionnement de la thyroïde. L’autorité européenne de sécurité alimentaire a fixé la dose journalière maximale à 600 microgrammes pour les adultes, y compris pour les femmes enceintes ou allaitantes.

 

Sources :

Iode Fonctions, sources alimentaires, et besoins nutritionnels, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Maisons-Alfort

Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, Tolerable upper intake levels for vitamines and minerals, février 2006.

Category: Minéraux

2 responses

  1. RM dit :

    Très bon blog ! Et a ce propos, je me suis posé cette question en le parcourant : comment peut-on manquer d’iode alors que l’on ingère trop de sel (iodé, non ?) ?

    • admin dit :

      Effectivement, le sel de table peut contenir de l’iode… C’est une possibilité laissée par la réglementation sanitaire française, mais ce n’est pas une obligation : tous les sels de table ne contiennent pas d’iode.
      En outre, l’essentiel de la consommation de sel, en France, vient du sel ajouté dans la fabrication des aliments. Et la réglementation interdit l’ajout d’iode dans ce type de sel.
      Bref, si l’on utilise du sel de table non iodé, ou si l’on ne sale pas (ou peu) ce que l’on mange, l’apport d’iode lié au sel est faible.

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