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Dépister l’ostéoporose pour mieux nous en protéger

Dépister pour éviter l'ostéoporose - homNesRésumé

L’ostéoporose nous concerne toutes et tous. Il est important de faire le point, notamment avec son médecin et d’envisager un examen simple, court et indolore : l’ostéodensitométrie (DMO). On sera souvent défavorablement surpris par les résultats : ils nous inciteront d’autant plus à adopter les comportements préventifs les plus efficaces pendant qu’il est encore temps.

Toutes les femmes sont concernées (ou presque)

Nous savons que 94% des femmes des grandes villes françaises ont un squelette affaibli (ostéoporose et ostéopénie) à 70 ans et que 30% des femmes de plus de 50 ans sont atteintes d’ostéoporose.

Nous savons qu’une femme sur deux, de plus de 50 ans, se fracturera un os au cours de sa vie, parfois dans des chocs minimes, parfois sans choc (fracture des vertèbres, par exemple), avec les conséquences désastreuses physiques, vitales et financières que cela représente.

Nous savons que l’ostéoporose est une maladie de dégénérescence, une maladie qui s’installe progressivement, en plusieurs dizaines d’années.

Nous savons que, si l’ostéoporose a une certaine dimension héréditaire (on est plus à risque si un de nos parents a été atteint), il est possible d’arrêter l’évolution en cours de route grâce à des comportements protecteurs.

Nous savons même qu’avec de la méthode et de la détermination, il est possible de renforcer son squelette pourvu que l’on s’y prenne à temps.

Pourcentage de femmes blanches américaines ostéoporotiques en fonction de l’âge

Âge

Femmes atteintes d’ostéoporose (%)

50-59 ans

14,80%

60-69 ans

21,60%

70-79 ans

38,50%

80-89 ans

70,00%

Plus de 50 ans

30,30%

Source OMS 1994

Alors qu’attendons-nous ?

Alors qu’attendons-nous pour savoir quelle est notre situation, qu’attendons-nous pour savoir si nos comportements sont protecteurs ou si nous sommes déjà sur la pente glissante de l’ostéopénie et des fractures ?

Il est simple de réaliser un examen qui nous permettra de savoir à peu près où nous en sommes, de savoir si nos os ont commencé à se déminéraliser et s’il est encore temps ou plus que temps de réagir.

Pour autant, malgré le nombre très important de personnes et particulièrement de femmes touchées par l’ostéoporose, la sécurité sociale française ne favorise pas le dépistage en population générale, alors que cela rendrait service à de nombreuses femmes.

En effet, l’examen de dépistage (l’ostéodensitométrie ou DMO pour DensitoMétrie Osseuse), n’est remboursé, en France, que si la maladie est déjà là, autrement dit s’il est déjà bien trop tard pour éviter les problèmes. Jugez-en plutôt :

Prévention : degré zéro !

Pour un premier examen, l’Assurance Maladie française ne rembourse que s’il existe une fracture suspecte ou si une maladie antérieure a entraîné des risques très importants d’affaiblissement osseux. Chez la femme ménopausée, les conditions sont également draconiennes : fracture du col du fémur dans la famille proche, maigreur, ménopause précoce, corticoïde sur longue période à forte dose.

De telles conditions de remboursement passent à côté de l’immense majorité des cas d’ostéopénie : peu graves, on pourrait traiter sous forme de prévention active (alimentation, exercice physique…) afin d’éviter que la situation ne s’aggrave.

Il semblerait que les assurances sociales ne s’intéressent qu’aux cas les plus graves, ceux que l’on ne peut plus traiter qu’avec des médicaments qui permettent de renforcer artificiellement les os pour limiter les risques de fractures.

Il serait pourtant bien plus simple de faire de la prévention dès que les premiers signes d’affaiblissement apparaissent, c’est-à-dire entre 30 et 50 ans suivant les cas, pour arrêter l’évolution défavorable.

Mais Il est vrai que l’état des finances de l’Assurance Maladie est catastrophique, ce qui fait qu’elle se concentre sur les urgences du moment, plutôt que de préparer une bonne santé future.

Pourtant, l’examen d’ostéodensitométrie ne revient qu’à moins de 40 euros (tarif Sécurité Sociale en France : il peut varier selon les cabinets d’imagerie médicale).

L’ostéodensitométrie

L’ostéodensitométrie est l’examen qui permet de mesurer la densité des os dans des endroit vitaux (principalement colonne vertébrale, col du fémur…). Il va permettre de mesurer la minéralisation des os majeurs de notre corps afin de vérifier dans quel état de solidité ils se trouvent.

Cette minéralisation est notamment constituée de phosphore, magnésium et, bien évidemment, calcium. Et c’est effectivement le manque de calcium qui va entraîner, dans l’immense majorité des cas, une déminéralisation et une plus grande fragilité osseuse.

L’examen se fait dans un laboratoire d’imagerie médicale équipé d’un appareil de DMO. Il se fait allongé, il prend environ un quart d’heure et est totalement indolore. Il ne nécessite aucune préparation spécifique, si ce n’est la prise de rendez-vous, bien sûr.

En fonction de la densité restante des os, le médecin établira un diagnostic de densité normale, d’ostéopénie (début d’affaiblissement osseux), d’ostéoporose (affaiblissement marqué), voire même ostéoporose sévère (avec fractures)…

L’examen peut également être complété par un calcul spécifique (FRAX) intégrant différents paramètres spécifiques à chaque personne (y compris les résultats de DMO) et permettant de calculer le risque de fracture à 10 ans de chacun d’entre nous.

Être acteur de sa prévention

Compte tenu du fait que beaucoup d’entre nous seront touchés par un affaiblissement osseux, il est très pertinent d’en parler à son médecin pour vérifier avec lui si nous sommes concernés par l’ostéoporose ou par l’ostéopénie…

Avant de lui en parler, il est important de rassembler des éléments permettant d’éclairer la situation :

  • cas de fractures (fémur, vertèbres) dans votre famille ou pour vous,

  • tassement vertébral (diminution de taille) dans votre famille ou pour vous,

  • traitements par médicaments fragilisant les os (particulièrement les corticoïdes),

  • ménopause précoce pour vous ou dans votre famille,

  • anorexie ou forte maigreur y compris dans le passé,

  • problèmes d’équilibre et chutes éventuelles,

  • problèmes de thyroïde (y compris dans la famille),

  • consommation d’alcool ou de tabac (y compris dans le passé),

  • alimentation et notamment apports en calcium (beaucoup de régimes alimentaires entraînent des déficits supplémentaires en calcium),

  • apport en vitamine D (la quasi-totalité de la population européenne est en déficit)…

Le cas échéant, votre médecin pourra décider de vous prescrire un examen pour faire le point avec vous sur votre situation osseuse.

Si la question vous importe vraiment, vous pouvez éventuellement insister auprès de lui et même vous faire faire l’examen sans remboursement (dans ce cas, renseignez-vous sur les prix pratiqués par le centre d’imagerie médicale : ils peuvent varier en fonction des diplômes des médecins qui pratiquent les examens.

Conclusion

L’ostéoporose nous concerne presque tous à un âge plus ou moins avancé de notre vie.

Elle peut démarrer très tôt, dans certaines familles ou avec certains traitements médicaux ou certains régimes alimentaires pauvres en nutriments indispensables aux os.

Il est possible de ralentir l’évolution, voire même de renforcer ses os si l’on adopte les bons comportements protecteurs.

Plus on s’y prend tôt, et plus ces comportements sont faciles à adopter et plus ils sont efficaces.

Pour savoir où chacune ou chacun de nous en est, il est important de faire le point, notamment avec son médecin.

A partir d’un certain âge, et particulièrement à la ménopause, il est important d’envisager de faire une ostéodensitométrie (DMO).

En fonction des résultats, qui sont souvent moins favorables qu’on ne le croit, car l’ostéoporose se développe sans symptômes pendant des dizaines d’années, on sera d’autant plus incité à mettre en œuvre les comportements préventifs :

Prenons soin de notre squelette : c’est lui qui soutient tout notre corps et tout notre esprit !

Sources

Patricia Dargent-Molina, Données épidémiologiques concernant l’ostéoporose, Médecine thérapeutique, vol. 10, n° 6, novembre-décembre 2004

Prise en charge de l’ostéodensitométrie, L’Assurance, Maladie, 31 mars 2017

Pam Daniels, What you need to know about bone mass density tests, Michigan State University Extension, 31 juillet 2017

Pr Francis Berenbaum et le Dr Mickael Rousière, Ostéoporose, Inserm, avril 2016

Éric Lespessailles, François-Emery Cotté, Christian Roux, Patrice Fardellon, Florence Mercier, Anne-Françoise Gaudin, Revue du Rhumatisme, Volume 76, N°7, Juillet 2009, Pages 685-692