Monthly Archives: mars 2017


Ce que nous apprend l’ostéoporose des astronautes

Les astronautes, vainqueurs de l'ostéoporose !Résumé :

Lors de leur séjour dans l’espace, l’ossature de nos astronautes se fragilise en une ostéoporose accélérée. La récupération est longue, et pas toujours totale. Pour prévenir et remédier à cette perte osseuse, différentes mesures (médicaments, alimentation, exercices physiques…) ont été testées et sont mises en œuvre (exercice physique).

L’espace du vieillissement réversible

Nos chers astronautes, Claudie ou Jean-Pierre, Michel ou Jean-François, ont eu le grand privilège de faire des séjours dans l’espace qu’ils ont longuement commentés, à l’époque… Ce que tout le monde sait, c’est que ces séjours intenses et enviés entraînent une fonte musculaire et une affaiblissement de l’ossature, une décalcification, en quelques semaines, une sorte de vieillissement accéléré lié à l’absence de pesanteur dans l’espace… (Au passage, si vous vous sentez solidaires des astronautes, vous pouvez rester allongés 24h/24 dans votre lit pendant 30 jours et les conséquences seront tout à fait comparables…) Heureusement pour les astronautes, ce vieillissement est réversible, au moins en partie, car en revenant sur terre, ils retrouvent cette bonne vieille gravité qui contribue à une reminéralisation lente de leur ossature.

Prévenir et guérir l’ostéoporose spatiale

La perte osseuse peut représenter chez les astronautes entre 15% et 30% de la structure de la hanche (les os non porteurs sont moins touchés), un taux comparable à celui que l’on trouve chez les femmes âgées. Les conséquences potentielles sont telles que les services scientifiques cherchent à mettre au point des « contre-mesures » permettant de prévenir les modifications osseuses :

  • A cet effet, des médicaments du type biphosphonates ont été utilisés, avec les inconvénients que l’on connaît et des résultats trop insuffisants pour que l’utilisation ait été généralisée à tous les astronautes. En outre, les canadiens ont testé l’hormonothérapie avec, là encore, des résultats insuffisants.

  • Actuellement sont en cours des études sur les contre-mesures nutritionnelles avec des oméga 3, des oméga 6, de la vitamine K, etc. On prévoit que des études prochaines (2015) testent l’intérêt des antioxydants…

  • Les seules mesures qui ont été généralisées sont liées à l’activité physique. Les astronautes font plus de deux heures d’exercice physique par jour, avec des exercices de résistance nécessitant des pressions importantes au niveau des jambes afin de stimuler les muscles et les os des membres inférieurs. Il a également été démontré que les vibrations, les chocs répétés étaient favorables au ralentissement de la décalcification…

Au moment de leur retour sur terre, même avec les contre-mesures actuelles, il faut compter presque un an (9 à 10 mois) avant que la minéralisation ne revienne à un niveau proche de celle d’origine. La bonne nouvelle est que cette reminéralisation est possible et que l’arrêt des conditions qui ont favorisé la décalcification permet la recalcification.

Prévenir et guérir l’ostéoporose terrestre

De ces expériences, il ressort que nous pouvons retirer les enseignements suivants pour lutter contre l’ostéoporose sur terre. En dehors des mesures concernant l’alimentation (calcium, magnésium, vitamine D), il ressort que l’exercice physique avec vibrations et chocs sur les jambes est un excellent moyen de prévenir l’ostéoporose. La marche rapide et la course à pied (ou même le saut à la corde) sont alors parmi les meilleures activités sportives permettant de nous conserver des os solides. Si en outre, nous ajoutons un sac sur notre dos (sac à dos pour randonnée) ou des paniers à provisions pour faire nos courses, nous aurons mis un maximum de chances de notre côté.

Source :

Emission radiophonique sur France-Culture

Révolutions médicales par René Frydman

Leçons scientifiques et médicales des vols spatiaux

Invité(s) :

Anne Pavy-Le Traon, neurologue

Guillemette Gauquelin-Koch, responsable des Sciences de la Vie au CNES

Thierry Pozzo, spécialiste en neurosciences


Les 5 règles pour optimiser votre consommation de sel

Limiter le selRésumé :

Pour une meilleure santé et une bonne prévention, vous avez décidé de diminuer votre consommation de sel. Comment faire ? En s’inspirant des recommandations de Harvard : consommer beaucoup de fruits et légumes, utiliser des graisses et des huiles saines, bien choisir vos plats, rééduquer vos papilles gustatives, traquer le sel caché…

Vous avez pris votre décision…

Ça y est !

Vous êtes convaincu(e). Après avoir étudié la question de manière précise, vous savez que votre consommation de sel est élevée, très élevée, trop élevée, deux à trois fois trop élevée par rapport aux normes de l’OMS (5 g/j de sel) ou par rapport aux besoins nutritionnels (1,2 à 1,5 g/j de sel selon l’âge). Vous avez décidé de remédier à la situation pour diminuer votre pression artérielle et soulager votre cœur et vos artères, reposer vos reins, diminuer votre risque d’ostéoporose, protéger votre système digestif, améliorer le fonctionnement du système immunitaire…

Il s’agit d’appliquer…

Mais comment faire ?

Le goût du sel a été tellement développé dans nos sociétés, le sel est en telle quantité dans notre alimentation que cela semble une gageure… Nous avions déjà, en partie, traité la question dans un précédent article et il s’agit maintenant de compléter la question en saisissant le prétexte que l’école de santé publique de Harvard a publié, voici quelques semaines, des recommandations sur la question.

Que disent ces sommités que le monde entier leur envie ? Qu’ont-ils de plus à nous apprendre sur la question ? Quelles avancées révolutionnaires vont-ils nous proposer sur la question ?

Les conseils de l’école de santé publique de Harvard

Ils rappellent, tout d’abord, que le sel est un élément essentiel pour la vie : il intervient dans la transmission des flux nerveux, la contraction des fibres musculaires, l’équilibre des fluides dans les cellules. Néanmoins, il est important d’en limiter la consommation.

Les cinq premières recommandations principales consistent à :

  • Avoir une alimentation composée pour moitié de fruits et légumes :
    ils contiennent très peu de sodium et sont souvent une bonne source de potassium, ce qui va contribuer à améliorer le rapport entre le potassium et le sodium dans notre organisme ;

  • Utiliser des graisses et des huiles saines :
    Les produits allégés (sans lipides ou avec peu de lipides) des années 1990 n’étaient pas fondés sur des connaissances suffisantes… Beaucoup de ces produits ont supprimé les bons et les mauvais lipides et, pour que les consommateurs les acceptent, les doses de sucre et de sel ont été augmentées. Il vaut donc mieux éviter les assaisonnements sans lipides et autres produits similaires (mayonnaises et autres sauces allégées par exemple). Votre pression artérielle vous en saura gré.

  • Choisir les bons repas :
    la plupart d’entre nous ressentent peu la différence de goût d’une variation de 25% de la quantité de sel dans un aliment. Certains industriels et certaines chaînes de restaurants réalisent ou ont déjà réalisé de telles diminutions (parfois en une seule fois, parfois progressivement) que leurs clients sont incapables de détecter ;

  • Rééduquer les papilles gustatives :
    il est possible de faire évoluer son sens du goût pour apprécier des aliments moins salés. Une des clefs du succès est de changer progressivement et continûment, plutôt que brutalement en une seule fois. Une astuce consiste, par exemple, à mélanger progressivement (quelques jours ou quelques semaines) de moins en moins de soupe aux légumes normalement salée à de plus en plus de soupe moins salée ;

  • Traquez le sodium caché :
    Les viandes et les volailles « fraîches » et « naturelles » peuvent être, en Amérique du Nord, chargées en saumure (solution salée) sans que l’indication de la teneur en sel figure sur les étiquettes. En outre, certains aliments peuvent être fort salés sans avoir un goût salé : céréales du petit-déjeuner, viennoiseries, boissons énergiques ou boissons pour sportifs… Bref, soyons vigilants !

Bon appétit et excellente santé !

Source :

Conquering your salt habit

Harvard Health Publications

Harvard Medical School

28 février 2015


Comment les cosmétiques détruisent nos vertèbres !

Cosmétiques, maquillage, ostéoporoseRésumé

Les produits avec lesquels nous protégeons notre peau arrêtent les rayons solaires qui produisent la vitamine D. S’il est indispensable de protéger notre peau, il est est également important d’avoir suffisamment de vitamine D pour protéger notre squelette. Il convient alors de compléter nos besoins par des apports suffisants en vitamine D : c’est un pilier majeur de la protection contre l’ostéoporose et nous en manquons presque toutes et tous.

Les rayons UV endommagent notre peau

Notre peau est particulièrement sensible à certains rayonnements du soleil. Il suffit de comparer l’état du dos de nos mains et l’état de l’intérieur de nos bras, juste sous les aisselles. La peau des mains et beaucoup plus mince et beaucoup plus flétrie, souvent, que la peau près des bras.

Nos mains sont soumises, dès que nous sortons, au bombardement des rayons du soleil. Certains de ses rayons ont la capacité de faire vieillir rapidement et prématurément notre peau.

De ce fait, la peau du dos de nos mains devient fine, sèche, tachetée, rugueuse…

Comme nous voulons conserver une peau jeune, nous prenons les mesures adéquates pour nous protéger.

Notre peau a besoin de protection

Nous nous protégeons les mains, nous nous protégeons les bras, nous nous protégeons le visage.

Nous mettons des crèmes hydratantes et des écrans anti-UV…

Nous faisons attention à éviter de sortir pendant les heures où les rayons du soleil sont les plus brûlants.

Et quand cela est fait régulièrement et longtemps, la différence est extrêmement visible sur notre peau.

Il suffit de comparer les photos non retouchées de quelques personnes connues de 50 ou 60 ans pour constater les différences : c’est extraordinaire !

C’est un peu comme si l’on comparait une statue en marbre poli et une statue en pierre ponce…

Ce qui entraîne un déficit en vitamine D

Pour autant, en prenant grand soin de notre visage, nous faisons subir à notre squelette un déficit en vitamine D.

En effet, notre corps est (en partie) capable de fabriquer la vitamine D dont il a besoin.

A cet effet, il est nécessaire que le précurseur inactif de la vitamine D qui se trouve naturellement dans notre corps (une forme de cholestérol) soit transformé en vitamine D (cholécalciférol).

Cette transformation va se faire sous l’effet des rayons du soleil.

Tous les rayons du soleil ne sont pas efficaces pour effectuer cette transformation : seuls les rayons UVB permettent la réaction.

Or les rayons UVB atteignent difficilement la terre en Europe et en Amérique du Nord : seule une petite partie d’entre eux arrive à traverser toute l’atmosphère. Et cela se produit uniquement quand le soleil est très haut dans le ciel.

Dès que le soleil décline (en automne ou en hiver, ou en dehors des heures « chaudes » au printemps ou en été), les rayons UVB sont arrêtés par les couches d’air supplémentaires qu’ils ont à traverser : ils n’arrivent jusqu’à nous qu’en quantités beaucoup trop faibles pour permettre une production suffisante de vitamine D.

En outre, ces rayons UVB très fragiles sont arrêtés par la moindre vitre, le moindre vêtement un peu épais…

Ils sont également arrêtés par de nombreux composants des produits de maquillage et des crèmes solaires.

Autant dire que nous n’aurons jamais la bonne dose de vitamine D :

Protégeons efficacement notre peau et nos os !

Faut-il pour autant arrêter les soins et les protections pour bénéficier des bienfaits des rayons UVB ?

Si nous arrêtons les protections, les rayons UVB pourront atteindre notre peau au printemps et en été pendant les heures chaudes.

Pour autant, cela ne résoudra pas les problèmes de déficit en UVB en automne et en hiver.

En outre, en nous découvrant, nous allons laisser passer les rayons UVA, qui sont plus puissants que les rayons UVB et qui contribuent très fortement au vieillissement et aux dégâts sur notre peau…

A long terme, nous diminuerons un peu notre déficit en vitamine D une partie de l’année, mais nous ne réglerons pas le problème et nous aurons rapidement une peau en mauvais état..

La solution est alors de protéger notre peau contre les rayons UV (et donc les UVA, et également les UVB) et de faire en sorte d’avoir des apports suffisants de vitamine D sous d’autres formes.

On en trouve de petites quantités dans certains aliments, mais il est difficile d’avoir des apports alimentaires suffisants, qui présentent également des inconvénients de risques d’intoxications…

Il est alors nécessaire de mettre en place une supplémentation intelligente, qui peut se faire par exemple, avec l’aide de votre médecin…

Conclusion

En protégeant notre peau contre le dessèchement, contre les atteintes de l’environnement et du soleil, nous lui permettons de rester de longues années supplémentaires en bon état.

Et pour protéger la solidité de notre squelette, nous devons lui apporter les quantités de vitamine D dont il a besoin et dont la plupart d’entre nous sommes en déficit.

En veillant activement à :

nous pouvons protéger efficacement notre squelette contre l’ostéoporose et l’ostéopénie, et faire durablement de vieux os en grande forme !

Prenons soin de nous !

Sources :

N. Binkley, R. Novotny, D. Krueger, T. Kawahara, Y. G. Daida, G. Lensmeyer, B. W. Hollis, M. K. Drezner, Low Vitamin D Status despite Abundant Sun Exposure, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, Volume 92, Issue 6, 1 Juin 2007, pages :2130-2135.

Webb AR, Kline L, Holick MF, « Influence of season and latitude on the cutaneous synthesis of vitamin D3: exposure to winter sunlight in Boston and Edmonton will not promote vitamin D3 synthesis in human skin. » J Clin Endocrinol Metab 1988;67(2):373-8

Les rayonnements ultraviolets, Ministère de la Santé, Paris, 30 octobre 2014