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Comment détruire son squelette avec la vitamine A

Vitamine A & Ostéoporose - homnes.comRésumé :

La vitamine A est indispensable à notre vue et à notre santé. Mais dès que l’on dépasse les doses, elle devient très rapidement toxique. En particulier pour les os, même avec des doses relativement faibles. Puis, avec des doses plus importantes, pour le fœtus (femme enceinte), le foie, le métabolisme du cholestérol… Il est donc important de limiter drastiquement la supplémentation en vitamine A, les huiles de poisson et les foies d’animaux. Les précurseurs de la vitamine A (caroténoïdes) n’ont pas les mêmes inconvénients : on les trouve en abondance dans certains fruits et légumes colorés.

Des déficits rares en Europe

Comme toutes les vitamines, la vitamine A est indispensable pour notre santé, et particulièrement pour nos yeux (vue), pour notre peau, notre système immunitaire… En cas de déficit en vitamine A, nous risquons des troubles de la vision (photophobie, cécité crépusculaire) et même de devenir aveugle… Nous avons tous vus les images affreuses d’enfants aveugles dans les pays en voie de développement où les carences en vitamine A sont souvent importantes…

En outre, la vitamine A joue une fonction essentiellement dans le développement de l’embryon (femme enceinte) et du nourrisson. En cas de déficit, de nombreux problèmes de croissance sont associés, incluant des malformations diverses (yeux, poumons, système cardiovasculaire, système rénal)…

Bref, ce sont des cas graves, courants dans certains pays en voie de développement, mais heureusement très rares dans les pays européens…

Des excès trop fréquents

En fait, ce qui menace un certain nombre d’entre nous, ce sont plutôt des excès de vitamine A.

Car si les apports moyens journaliers sont proches des recommandations pour une grande partie d’entre nous, certaines personnes ont des apports extrêmement élevés sans même le savoir, sans même le vouloir, sans même s’en rendre compte.

Comment est-ce possible ? C’est ce que nous allons voir dans quelques lignes…

Des risques significatifs liés aux excès…

Avant cela, voyons immédiatement ce que nous risquons si nous consommons trop de vitamine A…

L’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire nous apprend que ces excès de vitamine A peuvent entraîner :

  • des maux de têtes, des douleurs osseuses et articulaires, des nausées, un dessèchement de la peau,
  • une toxicité pour le foie pouvant entraîner fibroses et cirrhoses,
  • des problèmes du métabolisme du cholestérol (augmentation du mauvais cholestérol dans le sang),
  • des malformations des enfants à naître (fœtus),
  • des problèmes de surpression intracrânienne chez les nourrissons…

En outre, et c’est pour cela que nous en parlons ici, les excès de vitamine A entraînent des problèmes du métabolisme osseux…

Des risques pour les os

Différentes études réalisées dans les années 1990 sur des populations importantes de femmes ont montré que les risques de fractures augmentaient en même temps que la consommation de vitamine A. Les femmes qui prenaient les doses les plus importantes de vitamine A avaient des risques de fractures presque doublés par rapport à la population féminine moyenne.

Les médecins expliquent cela par deux causes complémentaires :

  • une forme de vitamine A stimuler le développement des cellules qui déconstruisent les os (ostéoclastes) et ralentit le développement des cellules qui bâtissent les os (ostéoblastes),
  • une autre forme de vitamine A entraîne des interactions avec la vitamine D et entrave son action sur la régulation du calcium.

Bref, la vitamine A en trop forte dose favorise la résorption osseuse et diminue la croissance osseuse : elle accroît donc les risques d’ostéoporose.

Comment faire alors pour éviter de s’intoxiquer à la vitamine A

Il faut savoir que la vitamine A existe sous différentes formes que notre corps est capable d’utiliser et notamment le rétinol, l’acétate de rétinyl, le palmitate de rétinyl (origine animale).

La vitamine A se dissout dans les huiles et les graisses (liposoluble) et est absorbée dans l’intestin grêle. Elle est ensuite stockée dans des gouttelettes lipidiques des cellules stellaires du foie avant d’être distribuée aux cellules du corps par l’intermédiaire de la circulation générale.

Les sources de vitamine A les plus importantes sont les huiles de foie (par exemple : huile de foie de morue) et dans une moindre mesure les foies d’animaux. C’est logique puisque c’est l’organe qui stocke la vitamine A.

On en trouve aussi sous forme de suppléments dans des complexes multi-vitaminés, mais également dans des aliments enrichis.

Les limites maximales

Compte tenu des différents risques mentionnés, les services de santé européens ont émis des limites supérieures à ne pas dépasser pour la consommation de vitamine A que l’on trouvera dans les tableaux ci-dessous.

Âge (années)

Limite maximale d’équivalent rétinol (ER) en mcg/jour

1 – 3 ans

800 mcg/jour (ER)

4 – 6 ans

1.100 mcg/jour (ER)

7 – 10 ans

1.500 mcg/jour (ER)

11 – 14 ans

2.000 mcg/jour (ER)

15 – 17 ans

2.600 mcg/jour (ER)

Adultes

3.000 mcg/jour (ER)

Femmes ménopausées

1.500 mcg/jour (ER)

En outre, il est particulièrement recommandé aux femmes enceintes ou à celle qui veulent concevoir un enfant d’éviter la consommation de foie pour éviter les surdosages en vitamine A.

Les recommandations d’apports

En France, les apports nutritionnels conseillés sont de 800 mcg (microgrammes)/jour d’équivalent Rétinol pour l’homme, 600 mcg/jour pour la femme et de 450 à 550 mcg/jour pour les enfants selon l’âge.

L’ANSES indique qu’il est conseillé d’en absorber environ 60% sous forme de caroténoïdes (un des précurseurs de la vitamine A).

Il est d’ailleurs fort intéressant de noter que nous pouvons apporter une très grande partie, la majorité d’ailleurs, de nos besoins sous forme de précurseurs de la vitamine A. En effet, le corps humain est capable de le transformer en tant que de besoin et les risques liés à des surdosages sont très faibles, dans les conditions habituelles de consommation.

L’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire n’a d’ailleurs pas fixé de limite supérieure à la consommation de béta-carotène (une forme de provitamine A), tout en signalant que les fumeurs pouvaient se mettre en danger en en prenant sous forme de suppléments.

Conclusion

Sans même nous en rendre compte, nous risquons de mettre notre santé osseuse à long terme en péril en croyant bien faire.

La vitamine A se cache en effet sous de multiples formes dans des aliments courants et dans des suppléments qui semblent anodins.

Ainsi, les personnes qui prennent de la vitamine D sous forme d’huile de foie de morue (par exemple), consomment sans le savoir des doses très importantes de vitamine A directement assimilables.

Les personnes qui mangent des foies animaux y compris des foies de poissons consomment de fortes quantités de vitamine A.

Cette consommation de foie est d’ailleurs déconseillée aux femmes qui portent des enfants ou souhaitent en avoir.

Compte tenu des risques que la vitamine A à trop forte dose entraîne pour les os, nous aurons soin de :

  • limiter nos apports de vitamine A,
  • limiter la consommation de foie,
  • éviter la consommation d’huile de foie de poisson,
  • favoriser la consommation de sources végétales de provitamine A (carottes, épinards, salades à feuilles vert sombre, patate douce, potiron, et autres légumes).

Et ces recommandations de consommations de légumes rejoignent, une nouvelle fois, les recommandations d’alimentation méditerranéenne, favorable à la santé des osseuse!

Prenons soin de nous : nous en valons la peine !

Sources :

Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, Tolerable upper intake levels for vitamines and minerals, février 2006.

Vitamine A & caroténoïdes provitaminiques, ANSES, Maisons-Alfort, 14/04/2016


Comment une mauvaise micro-circulation peut détruire nos os

microcirculation et ostéoporoseRésumé :

Les troubles de la circulation sanguine entraînent une mauvaise irrigation sanguine des capillaires (minuscules vaisseaux sanguins qui alimentent tous nos organes). Quand la microcirculation est déficiente, les nutriments et l’oxygène n’arrivent pas, et les déchets s’accumulent. Nos organes s’endommagent petit à petit : cœur, cerveau, cartilages et bien sûr os… Des mesures simples peuvent permettre de faciliter la circulation. Par chance, ces mêmes mesures sont favorables à nos os ! Quand nous prenons soin de nos artères, nous repoussons l’ostéoporose.

La logistique interne de notre corps

Nous savons tous que notre cœur est une pompe puissante et (presque) infatigable qui aspire le sang dans les veines et le pousse dans les artères.

Nous savons également, car nous vu cela quand nous étions sagement assis sur les bancs de l’école… nous savons également que les artères se divisent en artérioles, qui se divisent en capillaires qui se réunissent en veinules, qui s’assemblent en veines.

C’est un peu comme un réseau routier : les autoroutes se transforment en nationales, qui se divisent en départementales, qui permettent de rejoindre de nouvelles nationales, pour déboucher sur d’autres autoroutes…

Le sang, avec tout ce qu’il contient, tous les nutriments, toutes les cellules immunitaires, les globules rouges, le plasma et les ions, les hormones et les enzymes, le sang va circuler dans tout notre système cardiovasculaire pour nourrir nos organes. Un peu comme un flot de camions qui livrent des usines, des entrepôts et des magasins…

Inversement, nos organes vont déverser dans le sang tous les déchets qui les encombrent et qui vont être éliminés au passage des reins, du foie, des poumons… Un peu comme un camion-benne qui emporte les déchets en décharge…

Je simplifie…

Et notre corps va fonctionner harmonieusement… En général…

Quand tout va bien…

Un trafic problématique

Parce qu’en fait, nous avons parfois (souvent) des mauvaises habitudes. Des mauvaises habitudes alimentaires, des mauvaises habitudes de sédentarité, de la tension psychologique…

Et tout cela va créer des embouteillages dans notre système cardiovasculaire. En fait, c’est même pire que des embouteillages : ce sont des rétrécissements de chaussées, des chutes d’arbres, des travaux, des ornières… Et tous ces problèmes vont ralentir et parfois arrêter la circulation du sang dans certaines petites parties de notre corps…

Différents troubles peuvent donc perturber la microcirculation du sang dans les capillaires, c’est-à-dire dans les vaisseaux sanguins les plus fins qui permettent les échanges entre les cellules et le sang. Ces perturbations peuvent provenir de l’amont (artères), de l’aval (veines) ou des capillaires eux-mêmes.

Parmi ces troubles, on trouve l’athérosclérose qui concerne les artères, les acrosyndromes (comme la maladie de Raynaud) qui concernent les capillaires, les varices et les thromboses qui concernent les veines.

Des problèmes divers…

Des artères

Nous savons que l’athérosclérose nous guette tous. Elle commence dès l’enfance, quand les premiers dépôts de cholestérol se font sur les parois des artères…

Dans les cas les plus graves, l’athérosclérose va boucher les artères coronaires, les vaisseaux sanguins qui alimentent le cœur. Et quand le débit de sang devient trop faible, le cœur se fatigue… et finit par flancher…

Cela peut aussi se produire dans les artères qui alimentent le cerveau, dont nous savons qu’il consomme 20% de toute l’énergie utilisée par notre corps, alors qu’il ne pèse que 2% de notre poids. Quand les artères sont bouchées, le cerveau se dégrade… et cela favorise les démences, dont la maladie d’Alzheimer…

En fait, l’athérosclérose ne concerne pas que les grosses artères : elle concerne tout le réseau artériel, jusqu’aux artérioles qu’elle bouche méchamment, les empêchant d’amener le sang, l’oxygène, les nutriments d’arriver au bon endroit. De même, les déchets, par manque d’irrigation, ne seront pas évacués… et les zones desservies vont commencer à dépérir.

Des capillaires

Les problèmes liés aux capillaires (acrosyndromes) concernent principalement les mains et les pieds et rarement les autres organes. Par chance, nos os principaux ne risquent pas grand-chose de ce côté-là.

Des veines

Pour ce qui concerne les veines, les varices sont dues à des dommages aux petits clapets qui empêchent le sang de repartir en arrière. Cela va entraîner un reflux, une mauvaise circulation sanguine et un gonflement des tissus, endommageant progressivement les jambes. C’est souvent le début d’une aggravation de la mauvaise circulation sanguine débouchant sur l’insuffisance veineuse chronique…

La thrombose est une affection grave nécessitant une intervention médicale d’urgence pour traiter le bouchon (caillot) qui s’est formé dans une veine et qui risque d’aller boucher les poumons.

Quand nous entretenons notre circulation, nous entretenons notre squelette

La mauvaise nouvelle, c’est que nous voyons donc que notre circulation sanguine est soumise à de multiples risques, hélas !

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de prévenir ces maladies pour éviter qu’elles ne surviennent ou les traiter rapidement.

Comment faire pour éviter ces troubles ?

Pour ce qui concerne l’athérosclérose, qui concerne les artères, les causes en sont le tabac, le diabète, le surpoids (et particulièrement l’obésité), l’hypertension, l’hypercholestérolémie. Très souvent des mesures de bonne hygiène de vie, notamment alimentaire, d’exercice physique permettront d’améliorer considérablement la situation.

Pour ce qui concerne les varices, les causes facilement traitables en sont la sédentarité, le surpoids, le tabac, l’inflammation… D’où l’intérêt des mesures précédemment mentionnées pour une bonne hygiène de vie.

Bénéfice supplémentaire, ces mesures qui sont indirectement favorables à nos os par l’amélioration de la circulation sanguine, sont également directement favorables puisqu’elles font partie des 7 clefs pour la santé de nos os.

Bingo : en prenant soin de nos artères, nous repoussons l’ostéoporose !

Conclusion

En fait, la biologie (et le corps humain) sont bien faits…

Quand nous prenons soin d’un organe spécifique, il peut y avoir des retombées directes et positives sur d’autres organes.

En luttant contre l’inflammation chronique, contre l’excès de mauvais cholestérol, contre la sédentarité, contre le surpoids nous protégeons notre système circulatoire et ainsi, indirectement, tous les organes de notre corps.

Et de manière directe, cela contribue aussi à lutter contre l’ostéoporose.

Cela ne nous dispense pas toutefois, de veiller à nos apports en calcium, en magnésium, en vitamine D, en protéines, à notre digestion

Et ce d’autant plus que cela nous permettra de faire de vieux os agréablement !

Sources :

Pr John DE VOS, CAPILLAIRES SANGUINS, Unité de Thérapie Cellulaire, CHU de Montpellier, Institut de recherche en biothérapie, octobre 2012, 28 pages

Maladies des veines, maladies des artères, maladies de la microcirculation, Service d’angiologie Policlinique, CHU de Vaud, Lausanne, 2014