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L’ostéoporose est-elle mortelle ?


L’ostéoporose est-elle mortelle ?

Prévenir ou guérir

Résumé :

L’ostéoporose diminue fortement l’espérance de vie en raison, notamment, des conséquences des fractures. Les traitements médicaux permettent de faire face à l’urgence et diminuent les risques de fractures, au prix d’effets secondaires parfois importants chez une petite minorité de malades. Plutôt que « guérir », mieux vaut donc prévenir très tôt en renforçant son ossature (calcium, magnésium, vitamine D, sel et exercice physique)…

Des perspectives glaçantes…

Tout le monde sait que l’on peut mourir des conséquences d’une ostéoporose.

Par exemple, nous savons que les suites d’une fracture de la hanche sont gravissimes.

Une fraction importante de personnes ayant subi une fracture de la hanche (très souvent liée à une ostéoporose) décède rapidement : 1 femme sur 5 et 2 hommes sur 5 décèdent dans l’année qui suit cette fracture selon une étude de 2013.

En outre, la durée de vie des fracturés de la hanche est réduite en moyenne de 4 ans pour les femmes et de 5 ans pour les hommes relativement à des populations comparables…

D’autres études ont également montré une diminution significative de l’espérance de vie chez les personnes ayant subi une fracture vertébrale, ou une fracture de l’avant-bras…

Une diminution rapide de la densité osseuse, ou même une densité osseuse faible (ostéopénie), sont également des facteurs ayant un impact négatif sur l’espérance de vie.

Soigner les os poreux…

Il est donc important de traiter les personnes ayant des os fragiles, les personnes atteintes d’une ostéoporose.

Un médecin spécialiste titrait d’ailleurs un de ses articles dans la presse professionnelle : « Ostéoporose : traiter ou faire décéder deux fois plus ».

Certes, les médicaments qui permettent de traiter l’ostéoporose peuvent avoir des effets secondaires fort éprouvants et même très graves. Et il est particulièrement injuste de subir ces effets quand on est sous traitement.

Grandeur et servitude des médicaments

Mais les malades ne sont pas traités pour le simple plaisir de les traiter, pour une volonté de leur faire dépenser leur argent, ou celui de la Sécurité Sociale. Si les médicaments (malgré les inconvénients qu’ils présentent) sont utilisés, s’ils sont autorisés, c’est que leurs bénéfices surpassent leurs inconvénients pour la grande majorité des patients.

Un traitement bien mené va en effet permettre de réduire les risques de fractures. Un traitement bien mené, c’est un traitement ajusté en fonction des tolérances du patient, en fonction de ce que sa biologie accepte et n’accepte pas. C’est un traitement mis en place et ajusté en accord entre le patient et son médecin.

C’est en effet sur le critère de réduction des risques de fractures que les médicaments sont homologués : les études réalisées montrent des réductions de risques d’environ 40%. Une division par deux ou presque, ce qui est loin d’être négligeable.

Ce n’est certes pas la panacée, et les médicaments ne vont pas permettre au patient de guérir, c’est-à-dire de récupérer des os en parfait état : le patient aura des os consolidés, un peu comme un mur que l’on aurait renforcé en y ajoutant du ciment et des étais…

Les faiblesses seront réduites, mais ne seront pas éliminées…

Le médecin va agir comme un réparateur d’urgence (pour éviter les aggravations brutales). Il ne peut pas agir comme un architecte qui a tout son temps pour restaurer un bâtiment ancien…

Prévenir plutôt que guérir

C’est pour cela que nous avons tous intérêt à nous y prendre à l’avance, pour éviter d’être contraint dans une situation d’urgence. Car dans de telles circonstances, il faut prendre des décisions douloureuses mais indispensables, compte tenu de l’état des lieux, compte tenu de l’état du squelette…

Et pour s’y prendre à l’avance, il n’est jamais trop tôt : nous pouvons prendre les bonnes habitudes pour compenser les déficits trop fréquents qui conduisent à l’ostéopénie, puis à l’ostéoporose.

On sait en effet, selon les études de l’ANSES, que :

Les recommandations sont simples : adaptons nos consommations de calcium, de magnésium, de vitamine D, de sel et bougeons-nous !

Sources :

Osteoporosis: Treat or Let Die Twice More Likely, Tuan V Nguyen, Ego Seeman,

Journal of Bone and Mineral Research, Volume 30, Issue 9, pages 1551–1552, septembre 2015

Life Expectancy in Patients Treated for Osteoporosis: Observational Cohort Study Using National Danish Prescription Data, Bo Abrahamsen,Clive Osmond, Cyrus Cooper,

Journal of Bone and Mineral Research, Volume 30, Issue 9, pages 1553–1559, September 2015

Excess mortality attributable to hip-fracture: a relative survival analysis. Frost SA, Nguyen ND, Center JR, Eisman JA, Nguyen TV.

Bone. 2013; 56(1):23–9.

Pongchaiyakul C, Nguyen ND, Jones G, Center JR, Eisman JA, Nguyen TV. Asymptomatic vertebral deformity as a major risk factor for subsequent fractures and mortality: a long-term prospective study. J Bone Miner Res. 2005; 20(8):1349–55.

Nguyen ND, Center JR, Eisman JA, Nguyen TV. Bone loss, weight loss, and weight fluctuation predict mortality risk in elderly men and women. J Bone Miner Res. 2007; 22(8):1147–54.

Browner WS, Seeley DG, Vogt TM, Cummings SR. Non-trauma mortality in elderly women with low bone mineral density. Study of Osteoporotic Fractures Research Group. Lancet. 1991; 338(8763):355–8.

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Vous pouvez contrecarrer les conséquences de l’âge sur votre squelette

Combattre le vieillissementRésumé

Quand nous prenons de l’âge, nos fonctions corporelles se dégradent si nous ne les entretenons pas soigneusement : la fabrication de l’os devient plus difficile, et notre squelette se déminéralise. Nous pouvons contrarier cette dégénérescence en adoptant des comportements protecteurs (alimentation, exercice physique, sobriété, hygiène mentale…) et en augmentant nos apports en calcium, vitamine D, moins efficaces avec le temps.

L’ostéoporose est évitable

Nous savons que les personnes âgées sont plus particulièrement touchées par l’ostéoporose.

Nous savons aussi qu’une étude de 1998 nous a appris que 94% des femmes de plus de 70 ans ont des os fragiles dans les grandes villes françaises.

Nous savons également que certains considèrent (à tort) que l’ostéoporose est une maladie du vieillissement, donc une maladie inévitable.

Nous allons voir que le vieillissement mal piloté peut effectivement entraîner un affaiblissement des os, et que nous pouvons l’éviter par des mesures adaptées.

Des fonctions biologiques à préserver

Avec le temps, un certain nombre d’organes évoluent, des processus biologiques se transforment.

En fait, tout notre corps évolue, toutes nos fonctions se modifient plus ou moins, en partie en fonction de notre héritage génétique, en partie en fonction des contraintes que nous avons subies plus ou moins volontairement.

Cela concerne aussi bien l’absorption intestinale des nutriments indispensables, la production spécifique de certains oligoéléments, le transport et l’utilisation des matériaux d’entretien et de reconstruction, le fonctionnement des cellules qui entretiennent les os, l’excrétion rénale des nutriments solubles…

Du calcium moins bien absorbé

Ainsi, l’absorption des minéraux peut varier considérablement avec le temps. On a montré, dans des expériences relativement récentes, que si l’absorption du magnésium était peu modifiée par l’âge, celle du calcium pouvait diminuer considérablement. Ceci explique, entre autres, pourquoi nos autorités médicales recommandent aux femmes d’augmenter leur consommation de calcium avec l’âge. Il s’agit de compenser la baisse du taux d’absorption par une plus grande quantité absorbée.

Pour autant, les enquêtes nutritionnelles françaises et européennes montrent de puis longtemps que les apports en calcium sont très insuffisants, en particulier chez les plus âgés d’entre nous.

Une insuffisance de production de vitamine D

Les sources alimentaires sont très insuffisantes pour produire la vitamine D nécessaire au bon fonctionnement du corps.

En été, nous pouvons compenser par une exposition suffisante au soleil, mais en hiver, les rayons UVB utiles à la production de vitamine D par la peau sont arrêtés par l’atmosphère.

De plus, comme la peau a tendance à diminuer en épaisseur avec l’âge, la production de vitamine D devient de moins en moins abondante et aboutit à des déficits très importants, et ce d’autant plus que de nombreuses personnes sortent peu, ou évitent de s’exposer au plein soleil…

Des voies de transport obstruées

Même si nous avons peu de mauvais cholestérol, il est très difficile (mais pas impossible) d’empêcher le dépôt de plaques d’athérome sur nos artères : le processus commence dès l’adolescence et perdure toute la vie.

Avec le temps, nos artères sont plus ou moins encombrées, plus ou moins épaissies, ce qui rend difficile le transport et la livraison des matériaux d’entretien et de reconstruction à l’intérieur de nos os, et en particulier du calcium et de la vitamine D.

Les bâtisseuses d’os se fatiguent…

Le fonctionnement des ostéoblastes (les cellules qui fabriquent l’os) devient plus difficile à partir de 50 ans, environ. Deux familles de causes sont connues : d’une part, des modifications du microenvironnement des ostéoblastes (notamment la concentration en hormones et en facteur de croissance), et d’autre part des mécanismes intrinsèques liés aux dysfonctionnements internes et progressif des cellules. Toutefois, l’évolution individuelle des cellules est loin d’être identique, et si certaines cellules peuvent avoir rapidement des dysfonctionnements, d’autres peuvent fonctionner de manière très efficace beaucoup plus longtemps…

Les reins font des erreurs !

Avec le temps, les reins fatigués ont tendance à éliminer trop rapidement le calcium qui circule dans le sang, ce qui laisse moins de calcium pour la reconstitution des os. Pour compenser, le corps peut procéder soit par une absorption accrue de calcium dans les aliments (s’il y en a suffisamment), soit par une utilisation du calcium emmagasiné dans les os (ce qui accélère l’ostéopénie, puis l’ostéoporose). Comme nous avons déjà vu que les apports de calcium dans l’alimentation étaient trop faibles et que l’absorption diminuait avec l’âge, il est évident que le déficit s’aggrave avec le temps…

En outre, pour que la vitamine D soit parfaitement utilisable par le corps, il est nécessaire qu’elle soit hydroxylée par les reins. Or, avec l’âge, ceux-ci peuvent devenir paresseux et transforment de moins en moins de vitamine D, et ce d’autant plus qu’il manque de la matière première (puisque nous sommes tous en déficit en automne et en hiver)…

Prenons soin de nous

Ainsi donc, progressivement, le corps mal entretenu utilise de moins en moins bien des matériaux qui lui sont fournis en quantité de plus en plus faible.

Les remèdes sont pourtant simples :

  • si l’on a quelques années devant soi (et c’est le cas de l’immense majorité d’entre nous), il est temps de commencer à mettre en place des mécanismes de protection de nos fonctions vitales en adoptant une nutrition adaptée (proche du régime crétois), et de l’exercice physique, en supprimant la fumée (et particulièrement le tabac) et en limitant drastiquement l’alcool, et surtout en prenant particulièrement soin de son hygiène mentale…
  • pour tous, il conviendra également de veiller à des apports suffisants de calcium (de magnésium) et de vitamine D, en se rappelant que plus l’âge avance, plus il est important d’y faire attention, car ils sont moins bien utilisés, et qu’il est donc important d’en fournir un peu plus que beaucoup trop peu, comme c’est le cas pour la grande majorité d’entre nous.

Sources :

The effect of aging on intestinal absorption and status of calcium, magnesium, zinc, and copper in rats: a stable isotope study.

Coudray C, Feillet-Coudray C, Rambeau M, Tressol JC, Gueux E, Mazur A, Rayssiguier Y

Journal of Trace Elements in Medicine and Biology : Organ of the Society for Minerals and Trace Elements (GMS) [2006, 20(2):73-81]

Senescence-associated intrinsic mechanisms of osteoblast dysfunctions.

Kassem M1, Marie PJ.

Aging Cell. 2011 Apr;10(2):191-7.

Calcium and vitamin D nutrition and bone disease of the elderly.

Gennari C1.

Public Health Nutr. 2001 Apr;4(2B):547-59.


10.000 personnes suivies : quelles leçons en tirer pour la santé de nos os ?

Résumé

Depuis 1948, la santé de 10.000 personnes est analysée très finement. Un article récent tire des conclusions quant à la santé de nos os. Il suggère de favoriser les fruits et les légumes, les produits de la mer, certains produits laitiers bien choisis (yaourts) : vivent les régimes crétois et méditerranéens !

Les os et l'alimentation

L’étude de FRAMINGHAM

Connaissez-vous la petite ville de Framingham, aux Etats-Unis ?

Elle compte 70.000 habitants et se situe dans le Massachussets à 30 km à l’ouest de Boston.

Cette ville est particulièrement intéressante. En effet, c’est là que depuis 1948, la santé d’une partie de la population est suivie de manière très précise. Il s’agit de comprendre les facteurs qui aggravent les maladies de dégénérescence, en général. Et particulièrement, les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose.

L’étude longitudinale sur l’Ostéoporose

L’étude « Framingham » sur l’ostéoporose a été réalisée à partir d’un échantillon de plus de 10.000 personnes de 26 à 96 ans. Elle a permis de mieux comprendre quels sont les aliments qui protègent notre ossature et nous évitent l’ostéoporose et l’ostéopénie. La mesure de la santé osseuse a été faite sous forme de densité minérale osseuse, qui n’est pas le seul paramètre de la solidité osseuse, mais en reste le principal.

Un article scientifique rédigé par plusieurs médecins de l’école de santé publique de Harvard en donne les enseignements principaux.

Ils traitent des fruits et des légumes (et leurs nutriments : vitamine C, caroténoïdes, folates et vitamine B12, vitamine K, potassium, magnésium et régimes alimentaires alcalins), des fruits de mer (acides gras oméga-3), des produits laitiers et de leurs protéines, des boissons alcoolisées (bière et silicium, vin et resvératrol), des familles de régimes alimentaires et de l’effet génétique de la nutrition…

Les conclusions sont souvent très nuancées… et nous allons voir les principaux enseignements que l’on peut en tirer.

Vivent les fruits et les légumes !

Pour les fruits et légumes, l’article confirme leur intérêt pour la santé osseuse en raison de leur contenu en nutriments favorables.

Ainsi, la vitamine C apparaît avoir un effet positif sur la santé des os, et cet effet se ferait sentir y compris au-delà des recommandations officielles (cela concerne aussi les recommandations françaises 110 mg/j qui sont déjà supérieures aux recommandations américaines).

Les résultats sur les caroténoïdes suggèrent un effet positif sur les os avec un effet particulièrement probant pour le lycopène.

Sur le plan osseux (l’article ne traite que de cela), les folates et la vitamines B12 ne semblent pas avoir d’effet mesurable.

Toujours sur le plan osseux, la vitamine K (ou plutôt les vitamines K) n’a, au mieux, qu’un effet modeste.

Le potassium et le magnésium ont un effet significatif et positif sur la santé osseuse. L’article signale toutefois qu’une surcharge en potassium peut entraîner une rétention du calcium par les reins.

Pour ce qui concerne l’acidité du régime alimentaire, les auteurs écrivent prudemment que, à l’exception des hommes âgés, la charge acide alimentaire n’a pas d’impact sur la santé osseuse.

Consommez beaucoup de produits marins !

L’étude a montré que les personnes qui consomment du poisson plus de trois fois par semaine amélioraient leur santé osseuse en quatre ans alors que ceux qui en consommaient moins perdaient de la densité osseuse.

Le rôle des acides gras polyinsaturés semble complexe avec des effets différents suivant les sexes, qui nécessitent des études complémentaires pour analyser le bon rapport nécessaire entre les oméga-3 et les oméga-6 qui semblent tous nécessaires à des doses adéquates à affiner.

Choisissez soigneusement vos produits laitiers (et préférez les yaourts)…

Les personnes qui consomment des laitages en général ont presque deux fois moins de fractures que celles qui n’en consomment pas.

Les preuves de l’intérêt du lait liquide pour les adultes semblent peu convaincantes aux auteurs.

Par contre, les personnes qui consomment des yaourts tendent à renforcer certains os, alors que la crème aurait tendance à en affaiblir d’autres.

Ce qui est fort intéressant, c’est que ces résultats convergent avec ceux de l’étude suédoise publiée en octobre 2014 dans le British Medical Journal (suivi de la santé osseuse et générale de 100.000 personnes sur 10 à 20 ans) et dont nous avons précédemment rendu compte dans un autre article.

Les protéines : ni trop, ni trop peu, mais avec du calcium !

L’étude de Framingham a montré une association entre faible consommation de protéines et perte osseuse.

Les auteurs indiquent que « les résultats suggèrent que de plus grandes consommations de protéines sont favorables à la densité osseuse et protègent contre les risques de fractures les adultes qui ont un apport de calcium adéquat ». Il est donc important d’avoir à la fois des apports suffisants en protéines et en calcium.

Les boissons alcoolisées

Il est apparu que l’effet favorable du silicium (que l’on trouve dans la bière, mais également dans l’eau et dans beaucoup d’autres aliments comme les pommes, et certains céréales complètes comme le riz, le blé ou l’avoine…) sur les os était significatif.

Les études menées sur le vin rouge montrent un effet positif limité à une consommation modérée, et lié au resvératrol (je rajouterai, à titre personnel, qu’on le trouve également dans le raisin, le jus de raisin, les raisins secs, le cacao, la canneberge, l’arachide, la rhubarbe, la mûre, la grenade…).

Régimes alimentaires : toujours le régime méditerranéen !

Les études ont classifié les régimes alimentaires en 6 catégories (1 – viande, laitages et pain, 2 – viandes et préparations sucrées, 3 – préparations sucrées, 4 – alcool, 5 – sucreries, 6 – fruits, légumes et céréales) et ont montré la supériorité du régime 6 – fruits, légumes et céréales pour la santé osseuse.

Par ailleurs, la viande rouge et les plats industriels fragilisent les os aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Et la nutrigénétique ?

Il s’agit d’étudier comment le patrimoine génétique d’une personne influence la réponse à son alimentation et peut entraîne des problèmes de santé.

Il est apparu que selon le profil génétique, le calcium, la vitamine B et les lipides pouvaient avoir des effets différents…

Les auteurs concluent que « la nutrition va également devenir personnalisée, en fonction des caractéristiques génétiques ».

Conclusion

Les auteurs concluent que « différentes études ont prouvé l’intérêt des fruits et légumes, des produits de la mer, de certains produits laitiers, et de boissons alcoolisées, avec modération, sur la santé osseuse ».

Bref, vive le régime crétois en particulier et les régimes méditerranéens qui sont très proches de ces recommandations !

Nous le savions déjà et les études les plus structurées le confirment.

Nous voilà nantis des meilleures recommandations scientifiques existantes sur la prévention alimentaire de l’ostéopénie et de l’ostéoporose : PROFITONS-EN !!!

Source :

Dietary Approaches for Bone Health: Lessons from the Framingham Osteoporosis Study,

Shivani Sahni, Kelsey M. Mangano, Robert R. McLean, Marian T. Hannan, Douglas P. Kiel

Current Osteoporosis Reports, Août 2015, Volume 13, N° 4, pp 245-255

Milk intake and risk of mortality and fractures in women and men: cohort studies

K. Michaëlsson et alii

BMJ 2014;349:g6015

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Diminuez l’inflammation chronique (et renforcez vos os et votre santé) !

Résumé

Nous savons que l’inflammation chronique détruit nos os progressivement. Si certaines causes sont liées à des maladies ou des accidents, d’autres, nombreuses sont à notre discrétion : hygiène mentale, alimentation méditerranéenne, exercice physique régulier

Inflammation (causes & conséquences)

Une inflammation délétère à long terme

Il nous arrive régulièrement d’avoir des symptômes d’inflammation passagère suite, par exemple, à une piqûre de moustique : rougeur, chaleur, douleur, raideur… C’est un très bon signe, indiquant que notre corps réagit pour détruire des éléments qui lui sont néfastes. Comme des pompiers qui viennent éteindre un incendie, ou une chaleur qui vient sécher une inondation…

A long terme, si l’inflammation ne passe pas (piqûre de tique, par exemple), cela signifie que notre corps n’arrive pas à faire face à une agression. La persistance d’un tel état d’urgence va entraîner des dégâts importants liés aussi bien à la cause de l’inflammation qu’à l’inflammation elle-même : si l’incendie dure longtemps, si les pompiers n’arrivent pas à faire face, le feu fera de grands dégâts et l’eau des pompiers également.

Cette inflammation va faire le lit des maladies de dégénérescence en général, et en particulier de l’ostéopénie et de l’ostéoporose…

Ce qui cause l’inflammation

L’inflammation peut donc venir de causes externes (une blessure, un corps étranger comme une écharde ou certaines poussières, des radiations, une infection, des produits chimiques, des toxines, l’alcool, le tabac…) ou de causes internes (dérèglement immunitaire, tension psychologique, cellules grasses, métabolisme…)…

Certaines maladies et certains problèmes médicaux vont pouvoir être réglés plus ou moins rapidement avec l’aide de notre médecin.

Par contre, il est de nombreuses causes que nous pouvons traiter nous-mêmes en les évitant ou en les minimisant, ce qui va nous permettre de ramener les marqueurs de l’inflammation à des niveaux aussi faibles que possible (ils ne seront jamais nuls).

Ce que nous pouvons faire nous-même

  • Prendre soin de sa santé psychologique : les tensions, le mal-être sont la cause directe de comportements néfastes (alimentation défavorable, manque de sommeil par exemple). Il convient d’apprendre à être son meilleur ami et de se réconcilier avec la vie, avec soi-même, avec ses proches…
  • Pratiquer de l’exercice physique régulièrement : un entraînement physique ou sportif régulier va entraîner une diminution des marqueurs de l’inflammation aussi bien chez les personnes en bonne santé que chez ceux qui souffrent de maladies inflammatoires (ces bénéfices ne s’obtiennent qu’à moyen terme. Dans un premier temps, à court terme, quand le corps n’est pas entraîné, il pourra y avoir augmentation des signes d’inflammation).
  • Veiller à son alimentation : il s’agit de
    • limiter (voire éliminer) les aliments à indice glycémique élevé (ce qui correspond à peu près aux sucres rapides et particulièrement le fructose) : l’hyperglycémie entraîne une inflammation du corps qui devient préjudiciable quand elle est souvent répétée.
    • consommer suffisamment d’oméga 3 : nous avons besoin d’un équilibre entre entre les lipides de type oméga 3 et de type oméga 6, or nous consommons souvent trop peu d’oméga 3 (poissons gras, huile de colza, huile de noix…) pour contrebalancer l’effet des oméga 6.
    • limiter (voire éliminer) les graisses saturées et hydrogénées : elles entraînent une inflammation du corps aussi bien à l’intérieur du système digestif (qu’elles endommagent donc) que dans les cellules grasses.
    • limiter (voire éliminer) le lait non fermenté : s’il n’est pas fermenté, le lait contient des molécules inflammatoires et oxydantes qu’il perd après fermentation (les yaourts maigres ou le fromage blanc allégé, par exemple ne contiennent pas de graisses saturés, ni d’inconvénients inflammatoires ou oxydants).
    • diminuer (voire éliminer) la consommation d’alcool : la dégradation de l’alcool par le foie entraîne la formation d’acétaldéhyde qui provoque ensuite une inflammation des tissus dans lesquels le sang l’entraîne, c’est-à-dire l’ensemble du corps, squelette compris.
  • Eliminer le surpoids et surtout l’obésité : les cellules grasses sont une source de marqueurs inflammatoires (C’est une façon pour le corps de favoriser une destruction des lipides).
  • Veiller à sa santé : en traitant rapidement les problèmes inflammatoires que nous pouvons avoir, en faisant les dépistages et bilans de santé réguliers que nous propose notre médecin…

Conclusion :

Une alimentation de type méditerranéen, associée à une excellente hygiène mentale et de l’exercice physique vont nous permettre de ramener l’inflammation chronique de notre corps à son minimum possible compte tenu de notre métabolisme spécifique.

Nos os, notre ossature en particulier, et notre corps tout entier en général, nous en sauront particulièrement gré en nous offrant un meilleur fonctionnement à plus long terme.

Prenons soin de nous !

Sources :

Ploeger, HE; Takken, T; de Greef, MH; Timmons, BW; De Greef, M. H.; Timmons, B. W. (2009). « The effects of acute and chronic exercise on inflammatory markers in children and adults with a chronic inflammatory disease: a systematic review ». Exercise immunology review 15: 6–41

Xu, H.; Yang, Qing; Tan, Guo; Yang, Daseng; Chou, Chieh J.; Sole, Jason; Nichols, Andrew; et al. (2003). « Chronic Inflammation in Fat Plays a Crucial Role in the Development of Obesity-Related Insulin Resistance ». J Clin Invest 112 (12): 1821–1830

van Dijk, S. J; Feskens, E. J.; Bos, M. B; Hoelen, D. W.; Heijligenberg, R.; Bromhaar, M. G.; de Groot, L. C.; de Vries, J. H.; Muller, M.; Afman, L. A (14 October 2009). « A saturated fatty acid-rich diet induces an obesity-linked proinflammatory gene expression profile in adipose tissue of subjects at risk of metabolic syndrome ». American Journal of Clinical Nutrition 90 (6): 1656–1664.

Evolutionary medicine and bone loss in chronic inflammatory diseases—A theory of inflammation-related osteopenia, Rainer H. Straub, Maurizio Cutolo, Roberto Pacifici, Seminars in Arthritis and Rheumatism, October 2015 Volume 45, Issue 2, Pages 220–228

Milk intake and risk of mortality and fractures in women and men: cohort studies,
K. Michaëlsson et alii, BMJ 2014;349:g6015