Monthly Archives: octobre 2015


Pourquoi la santé de nos os dépend de celle de nos artères…

Résumé :

La santé cardiovasculaire a un impact de long terme sur la santé de nos os. Si nos artères sont bouchées, sclérosées, les nutriments et les matériaux nécessaires à l’entretien et à la réparation de nos os arrivent mal et les déchets sont trop peu évacués. Bref, nos os ont eux aussi l’âge de nos artères…

 

 

 

 

 

Des observations convergentes…

Les corrélations, c’est-à-dire les liens statistiques entre risque cardio-vasculaire et ostéoporose sont connus depuis des dizaines d’années. On sait qu’une personne atteinte d’ostéoporose a très souvent un risque accru d’accident vasculaire cérébral. On sait également que les personnes artéritiques (souffrant d’une maladie des artères) sont plus souvent ostéoporotiques que les autres. On a également observé que, dans les têtes de fémur ostéoporotiques, les petites artères (artérioles) souffrent de lésions d’artérosclérose.

Comme le dit le professeur Laroche du CHU de Toulouse : « Toutes les études épidémiologiques sont concordantes : les malades ayant une artériopathie sont fréquemment ostéoporotiques ».

 

Des explications plausibles

Les explications données par les scientifiques pour ces observations relèvent de deux ordres :

  • D’une part, l’athérosclérose entraîne une obstruction des minuscules vaisseaux sanguins qui alimentent les os. Cette obturation limite les apports des nutriments et des matériaux d’entretien et de remodelage des os (sucres, protéines, oxygène, calcium, magnésium, vitamine D…). En outre, elle ralentit l’évacuation des déchets et des « gravats » produits par le catabolisme osseux.
  • D’autre part, il apparaît, d’après les expériences réalisées, que des niveaux élevés de lipides ou de cholestérol (graisses) dans le sang entraînent :
    • une calcification des vaisseaux sanguins
    • ainsi qu’une baisse de la reconstruction osseuse (inhibition de la différenciation ostéoblastique).

 

Convergences

Il apparaît ainsi que la santé cardiovasculaire est un élément essentiel de la bonne santé générale et durable du corps humain. On vient de voir que la santé cardiovasculaire a un impact fort sur la santé des os. Les médecins ont également mis en évidence qu’elle favorise la santé du cerveau (démences et Alzheimer), la santé des cartilages (arthrose), la santé des muscles (sarcopénie), etc.

Il n’y a aucun mystère derrière cela : quand les vaisseaux sanguins sont rétrécis ou bouchés, tous les organes en subissent les conséquences et finissent par dégénérer.

 

Que faire ?

On sait qu’il est possible de faire régresser la plaque d’athérome qui encombre les vaisseaux sanguins, notamment par des traitements de statines (médicaments pour baisser la cholestérolémie). Toutefois, entre le moment où l’on a commencé à accumuler les plaques d’athérome (cela se produit dès l’adolescence) et le moment où les vaisseaux sanguins sont nettoyés et propres, des dégâts en partie irréversibles ont déjà pu se produire.

Comme toujours, en matière de santé, il vaut mieux prévenir que guérir.

Il va s’agir de garder un taux de cholestérol total fort bas (<1,60 g/l selon le Dr Roizen), un taux de bon cholestérol élevé (>0,55 g/l selon le Dr Roizen), une pression artérielle basse (<120/80 mm de mercure selon le Dr Roizen)…

A cet effet, tout l’arsenal pour la prévention cardiovasculaire est à notre disposition :

  • le régime crétois (avec quelques améliorations du côté des lipides et des laitages),
  • l’exercice physique régulier,
  • une bonne hygiène mentale et relationnelle…

Vous trouverez tous les détails dans la série des 10 articles de suggestions pour une « grande forme & santé durable »…

 

Conclusion

La santé cardiovasculaire est à la base du bon fonctionnement de l’ensemble de notre corps et en particulier, de notre squelette. Pour prévenir l’ostéopénie et l’ostéoporose, pour une meilleure santé osseuse, il convient de soigner, de prendre soin de nos artères…

Il convient aussi d’avoir des apports suffisants en calcium, en magnésium, en vitamine D et de pratiquer des activités physiques en charge et avec chocs

Mais, cela, vous le saviez déjà…

 

Sources :

Artériosclérose et ostéoporose, Michel Laroche

Revue du Rhumatisme Monographies 04/2013; 80(2):132–135.

 

Circulation intra-osseuse et affections osseuses, M. Laroche,

La Lettre du Rhumatologue – n° 301 – avril 2004, page 51

 

« Links between cardiovascular disease and osteoporosis in postmenopausal women: serum lipids or atherosclerosis per se? » Y. Z. Bagger, H. B. Rasmussen, P. Alexandersen, T. Werge, C. Christiansen, L. B. Tankó, PERF study group

Osteoporosis International, Avril 2007, Volume 18, numéro 4, pp 505-512,

 

« Role of Lipids in Osteoporosis, Farhad Parhami, Alan Garfinkel, Linda L. Demer ,

Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology. 2000; 20: 2346-2348

 

Lee CW et coll.: Comparison of Effects of Atorvastatin (20 mg) Versus Rosuvastatin (10 mg) Therapy on Mild Coronary Atherosclerotic Plaques (from the ARTMAP Trial). Am J Cardiol 2012; 109: 1700–1704.

 

« Real Age », Dr Michael F. Roizen, chez Thorsons


Pourquoi il vaut mieux nous occuper nous-même de nos vieux os !

Qui veut aller loin ménage son ossatureRésumé :

Les comparaisons internationales montrent que les perspectives françaises de santé des os sont effarantes (la situation est encore pire en Belgique) : risques de fractures des plus élevés, défauts de prise en charge, référentiel de traitement insuffisant, indicateurs de qualité défaillants… Bref, les soins ne sont pas au rendez-vous, mais la prévention, fort simple, est à notre portée, dès maintenant. Occupons nous en nous-même !

Si nous voulons souffrir….

Nous savions déjà que 94% des femmes de plus de 70 ans avaient des os fragiles (ostéoporose, ostéopénie), que la plupart des médicaments utilisés pour soigner l’ostéoporose ont des effets secondaires redoutables et que les perspectives étaient effroyables en raison du vieillissement de la population.

Nous savions aussi que nous pouvons faire en sorte de protéger la solidité de nos os et d’être les premiers acteurs de notre santé osseuse.

Nous savons maintenant, grâce à une étude internationale, que si nous ne nous occupons pas nous-mêmes de notre santé osseuse dès aujourd’hui, il faut nous attendre à souffrir très rapidement.

Une étude effarante !

La Fondation Internationale sur l’Ostéoporose effectue régulièrement des études sur la prise en charge de l’ostéoporose et sur la santé des os des populations des grandes régions du monde.

A ce titre, l’Europe (UE) fait partie des zones régulièrement analysées par des spécialistes du domaine.

La dernière étude examine la situation de la santé osseuse dans les différents pays européens.

Pour la France, si un certain nombre de points semble favorable, des éléments majeurs de la situations sont catastrophiques.

…nous allons souffrir !

Ainsi, les risques de fractures de la hanche des femmes françaises de plus de 50 ans sont classés parmi les plus élevés de toute l’Union Européenne.

En France, en 2010, il y a eu près de 260.000 fractures de toutes sortes en une seule année chez les femmes de plus de 50ans.

Ceci signifie que la grosse majorité des femmes risque une fracture au cours de leur vie après 50 ans.

De plus, le pourcentage de la population souffrant d’ostéoporose sans bénéficier d’aucun traitement a été estimé à 43% chez les femmes et 26% chez les hommes. Ces chiffres montrent un défaut très important de prise en charge des malades par les institutions sanitaires et le système de santé français.

En outre, les orientations de la politique de santé osseuse et les indicateurs de qualité utilisés ont été jugés comme très insuffisants par les spécialistes chargés de l’étude.

Une conclusion terrifiante attendue

Les rédacteurs de l’étude concluent que : « Malgré le coût élevé de l’ostéoporose, le déficit substantiel de traitement et l’augmentation prévue du fardeau économique lié au vieillissement des populations, l’utilisation de la prévention pharmacologique de l’ostéoporose est nettement moins qu’optimale, ce qui suggère qu’un changement de politique de santé concernant la maladie est justifié. »

Prenons-nous en main

Bref, à l’instar d’autres maladies de dégénérescence (cancer, Alzheimer, athérosclérose, arthrose…) le système de santé a et aura bien des difficultés à nous libérer des tourments de l’ostéoporose.

Il est plus que temps de nous prendre en main pour nous faire de vieux os solides !

Nous savons que nous pouvons nous faire des os solides, durablement :

  • par une consommation suffisante de
    • calcium (nous en manquons presque tous, et particulièrement les femmes de plus de 50 ans),
    • magnésium (la majorité de la population est en déficit),
    • vitamine D (la quasi-totalité d’entre nous en manquons, particulièrement en automne et en hiver),
  • par de l’exercice physique en charge et avec chocs, dans la mesure de nos capacités…

Faisons danser la vie nous-même !

Source :

Osteoporosis in the European Union: medical management, epidemiology and economic burden, E. Hernlund & A. Svedbom & M. Ivergård & J. Compston & C. Cooper & J. Stenmark & E. V. McCloskey & B. Jönsson & J. A. Kanis, Arch Osteoporos (2013) 8:136

Osteoporosis in the European Union: a compendium of country-specific reports, A. Svedbom & E. Hernlund & M. Ivergård & J. Compston & C. Cooper & J. Stenmark & E. V. McCloskey & B. Jönsson & J. A. Kanis, Arch Osteoporos (2013) 8:137


Pourquoi promouvoir la santé osseuse de vos enfants et descendants ?

 

5 générations 2

Résumé

Nous transmettons à nos enfants des gênes et des habitudes qui peuvent fragiliser leurs os à long terme. En leur apprenant très tôt les comportements préventifs et protecteurs, nous les protégeons durablement, ainsi que nos petits enfants, arrière-petits enfants…

Un cadeau empoisonné…

La presque totalité des femmes souffre de faiblesse osseuse à 70 ans : nous l’avons déjà vu précédemment. Mais la déminéralisation est progressive et, le plus souvent, relativement lente : une majorité des femmes est déjà fragilisée 20 ou 30 ans avant, c’est-à-dire vers 40 ou 50 ans.

Nous savons également que les facteurs familiaux sont importants : si un de nos proches parents a souffert d’ostéoporose, nos risques sont élevés d’aboutir à une situation comparable.

Cette transmission entre génération est liée à plusieurs facteurs :

  • des causes génétiques,
  • des causes comportementales…

La génétique

Dans le corps humain, par exemple, il peut exister plusieurs formes de récepteurs de la vitamine D. Certains sont moins efficaces que d’autres. En fonction de ceux que nous ont transmis nos ancêtres, nous serons plus ou moins susceptibles de bien utiliser la vitamine D.

Mais nos gênes ont aussi une influence sur la structure de nos os, sur la qualité des cellules de nos os, sur la réparation de nos os, etc.

Le comportemental

Nos parents nous ont transmis des traditions et des habitudes familiales que nous avons conservées ou fait évoluer…

Certains de ces comportements peuvent avoir une incidence sur la solidité de nos os : notre alimentation, nos habitudes sportives, nos habitudes de sorties en plein air, notre rapport aux boissons alcoolisées et au tabac…

Protégeons nos enfants

Bref, si nous sommes nés dans une famille dont les récepteurs à la vitamine D sont moins efficaces ou dont les comportements sont peu protecteurs, nous sommes à risque d’ostéopénie, puis d’ostéoporose…

Et nos enfants également…

Car nous allons leur transmettre notre patrimoine génétique et nos habitudes, au moins en partie…

Par contre, il est établi, comme pour de nombreuses affections, que des comportements protecteurs pourront – le plus souvent – largement compenser des éléments génétiques et nous protéger durablement.

Malheureusement, nos enfants pensent que quand on est jeune, on est éternel…

Ils ne sont pas conscients de la puissance durable de protection et de bien-être qu’ils ont à leur disposition.

Des habitudes à transmettre

Si l’on est conscient de ses propres risques, de ses risques familiaux, des risques de ses enfants, il sera extrêmement favorable de leur transmettre les comportements protecteurs : de cette manière, cela deviendra une habitude pour eux, et non pas une contrainte qu’ils auront du mal à accepter, plus tard.

Des changements raisonnés impulsés par les parents (et les grands-parents) pourront avoir une influence considérable sur la qualité de leur vie : ils nous permettront d’être en grande forme et en bonne santé durablement. C’est d’autant plus important que les petites filles qui naissent aujourd’hui auront une espérance de vie supérieure à 100 ans… et qu’il est important qu’elles soient en forme le plus longtemps possible.

Il est donc important d’en parler, d’agir et de promouvoir activement pour protéger ceux qui nous sont chers…

Source

Génétique de l’ostéoporose, Cohen-Solal M., de Vernejoul M.-C.,

La Revue de médecine interne, 2004, vol. 25, SUP5 (74 p.) (47 ref.), pp. S526-S530

Genetics of osteoporosis, Eisman JA, Endocr Rev. 1999 Dec;20(6):788-804.