Monthly Archives: juin 2014

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Sodium et sel : Attention, haute tension !

 

 

Résumé :

Plus nous avons de sodium dans le corps, et plus notre tension artérielle augmente. En effet, pour maintenir la concentration adéquate, le corps va induire une forte sensation de soif et limiter le volume d’eau éliminé. Et nous voilà comme un ballon trop gonflé, avec une tension trop élevée.

 

 

Comme la pauv’té sur le pauv’ monde…

Notre corps est très (trop) avide de chlorure de sodium : dès que notre alimentation en contient, le sel est très rapidement absorbé par les intestins en quasi-totalité. Que l’on soit en déficit de sel ou que l’on soit en surplus. A croire qu’on nous en a longtemps privé (ou que nos ancêtres – Cro-Magnon, Neandertal ou australopithèques – en trouvaient trop peu et devaient absorber ce peu de sel qu’ils rencontraient de peur d’en manquer ensuite). En bref, il n’y a pas de régulation sur l’entrée du sodium dans l’organisme.

 

La grenouille qui voulait…

Mais une fois que tout ce sel est là, dans le corps, il faut le gérer. Or ce brave corps n’accepte que des variations limitées de la concentration en sel dans le sang. Les ajustements se font par trois mécanismes :

  1. en éliminant le sel par les reins dans les urines (processus lent, sur plusieurs jours, qui nécessite de l’eau, beaucoup d’eau),
  2. par transfert d’eau provenant de l’intérieur des cellules des organes vers le sang,
  3. par la soit : quand nous avalons du sel (les cafetiers le savent bien, qui nous donnent gratuitement des amuse-gueules salés), une soif intense se glisse dans votre bouche et sur votre langue… Et nous voilà à boire en bonne quantité : de l’eau (dans le meilleur des cas), des limonades ou de la bière (en été dès qu’il fait chaud)…

 

Des vessies pour les ballons…

L’absorption et la rétention de liquide, dans un corps dont le volume est limité, même s’il peut varier un peu, va entraîner une augmentation de la pression. C’est un peu comme un ballon en caoutchouc ou une chambre à air (en un peu plus compliqué) : si vous la gonflez, le volume augmente, et la pression également. En outre, il semble que le sel augmente la production d’adrénaline qui entraîne la contraction des vaisseaux sanguins…

Si cela se produit de temps en temps, rien de grave… Mais si c’est très courant, si nous mangeons trop salé, notre corps va être en permanence en surpression… D’ailleurs d’innombrables études médicales ont démontré le lien entre hypertension et sodium…

 

Il va falloir changer la pompe…

Ce volume d’eau supplémentaire, comme pour un ballon, comme pour un système de chauffage central, va mettre nos organes à rude épreuve : plus de travail permanent pour le cœur qui va se fatiguer, plus de pression sur nos veines et nos artères qui vont durcir et devenir plus fragiles… sans compter les dégâts du sel sur les reins et sur les os (déminéralisation progressive)…

 

Nous sommes tombés dedans quand nous étions petits…

Bref, une chose est sûre : la plupart d’entre nous consommons trop de sel (sans même nous en rendre compte : il y en a partout, même dans les petits déjeuners sucrés et dans le chocolat…) et il est urgent de réduire…

 

Sources :

Le sel, Consommation et recommandations, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Maisons-Alfort

Health Risks and Disease Related to Salt and Sodium, Ecole de santé publique de Harvard, 2011


Serons-nous tous des dégénérés ?

 

Résumé :

Avec les maladies de dégénérescence, quand les symptômes apparaissent, le corps est déjà gravement atteint (80% de destruction en cas d’attaque cardiaque ou pour Alzheimer). Cela signifie que les soins médicaux ne répareront jamais complètement les dommages irréversibles…

 

De l’infection à la dégénérescence

Nous sommes passés d’une époque où les maladies infectieuses (poliomyélite, tuberculose, diphtérie…) faisaient des ravages (avant la guerre de 1939) à une époque où ce sont les maladies de dégénérescence qui nous détruisent : maladies cardiovasculaires, cancers, démences (dont maladie d’Alzheimer)… Certes, la médecine les maîtrise de mieux en mieux et, pour les deux premières familles, la mortalité a commencé à décroître depuis quelques années.

Toutefois, quand quelqu’un est touché, quand les signes cliniques, les symptômes apparaissent, il est déjà fort tard : la maladie a fait un travail de sape extrêmement lourd. Ainsi, par exemple, pour ce qui concerne l’infarctus cardiaque, la cause la plus fréquente est liée à l’obturation des artères. Des plaques d’athéromes (cholestérol notamment) se sont accumulées sur quelques dizaines d’années et leur épaisseur est telle qu’un petit incident vient bloquer la circulation du sang. Privé d’oxygène, le muscle cardiaque se détruit rapidement.

Pour les cancers, ils sont liés, entre autres, à des accumulations d’erreurs de codage des cellules liées à des contacts avec des toxiques sur des périodes importantes : quelques dizaines d’années pour le tabac ou pour l’alcool (qui n’est pas directement cancérigène, mais dont les métabolites générés par le foie sont cancérigènes).

Pour la maladie d’Alzheimer ordinaire (non précoce), on sait par exemple, que les tous premiers signes biologiques (sans qu’aucun problème ne soit visible ni pour le malade, ni pour son entourage) apparaissent 20 à 30 ans avant la maladie : le cerveau va se détruire progressivement et les premiers troubles n’apparaîtront que quand 80% du cerveau sera détruit.

Le diabète de type 2 est en très grande partie lié à un empoisonnement des cellules par le sucre. Après quelques dizaines d’années d’un régime comprenant trop de sucres rapides, les cellules ne réagissent plus correctement à l’insuline et l’excès de sucre dans le sang va en outre entraîner des dégradations progressives de tous les organes.

 

Des temps biologiques longs

On voit que les maladies de dégénérescence impliquent des développements très longs dans le temps (dans la plupart des cas courants) avant que les troubles n’apparaissent de manière visible pour le malade.

Si des soins médicaux sont possibles, les dommages sont en grande partie irréversibles (pas totalement heureusement), et le malade ne pourra quasiment jamais récupérer certaines facultés perdues. Pourtant, il aurait été possible de prendre des mesures protectrices pour éviter et prévenir ces maladies.

Compte tenu des périodes longues pendant lesquelles ces maladies se préparent, la prévention peut démarrer à tout moment, et elle sera d’autant plus efficace qu’elle aura démarré tôt…

Si la prévention est enclenchée après l’incidence de la maladie, cela permettra de limiter les risques de rechute (régime alimentaire spécifique pour les cardiaques, par exemple).

Si la prévention est enclenchée avant l’incidence, elle permettra de diminuer la probabilité de la maladie. Elle sera d’autant plus efficace qu’elle aura débuté tôt et qu’elle aura été de niveau suffisant : il vaut mieux arrêter de fumer à 30 ans que de continuer jusqu’à 40 ans. Et il est encore plus efficace de ne jamais avoir fumé…

 

Des risques familiaux

Une indication (imprécise) pour savoir quels sont ses risques personnels est d’étudier de quelles maladies les membres de sa famille (frères et sœurs, parents, grand-parents…) ont plus particulièrement souffert… Il est alors possible de prendre des mesures de prévention de ces risques familiaux (sachant néanmoins que ce ne sont pas les seuls).

Mais tout ceci nous renvoie au pilotage de notre « grande forme et santé durable » que nous reverrons dans un article ultérieur.

Source :

« Le carnet de santé de la France », Pr Jean de Kervasdoué, Rémi Pellet, chez Economica


Tout ne va pas si mal dans le petit monde des minéraux

 

Les minéraux sans problèmes de déficit

 

 

Résumé :

Si nous manquons très fréquemment de certains minéraux importants, il en est d’autres où les déficits sont beaucoup plus rares. Ils sont néanmoins majeurs pour notre forme et notre santé : il s’agit notamment du sodium, du chlore, du potassium, du phosphore, du molybdène, du manganèse…

 

 

Au-delà du CHON

Pour fonctionner ou pour construire sa structure, le corps a besoin de très nombreux atomes dont les principaux sont le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote : rappelez-vous de CHON, le vieil acronyme que l’on utilisait en cours de sciences naturels, devenus SVT depuis quelques années.

Notre corps a besoin d’autres atomes en beaucoup plus petites quantités : calcium, cuivre, chlore, chrome, fer, fluor, iode, magnésium, manganèse, molybdène, phosphore, potassium, sélénium, sodium, zinc…

Enfin, dans la famille des éléments traces, certains sont particulièrement dangereux quelque en soit la dose : les études n’ont pas permis de trouver de concentration favorable ni pour le mercure, ni pour le plomb, ni pour le cadmium…

 

Des minéraux en quantités suffisantes…

Si nous avons déjà amplement parlé des risques de déficits qui existent pour certains d’entre eux (risques importants de déficits pour le calcium, le fer, l’iode et risques significatifs pour le chrome, le cuivre, le fluor, le magnésium, le sélénium et le zinc), il est intéressant de savoir qu’il est rarement de manques avec quelques minéraux courants comme le sodium et le chlore (les deux constituants du sel de table), le manganèse, le molybdène, le phosphore et le potassium.

 

…dont l’utilité est majeure

Et ce n’est pas parce qu’ils ne servent à rien et sont totalement inutiles. On trouvera dans le tableau ci-dessous quelques exemples des fonctions physiologiques de ces minéraux courants :

 

MINÉRAL Exemple de fonctions
Chlore Équilibre osmotique, transport CO2, métabolisme gastrique, etc…
Manganèse Structure squelettique, collagène, métabolismes du glucide et du cholestérol…
Molybdène Métabolisme de l’azote, constituant d’enzymes métaboliques, etc…
Phosphore Structure squelettique, fonctionnement des nerfs et muscles, énergie, etc…
Potassium Équilibre hydrique cellulaire, influx nerveux et contraction musculaire, etc…
Sodium Équilibre hydrique, pression artérielle, équilibre acido-basique, etc…

 

 

Bref, vous voyez qu’ils sont intégrés dans des fonctions biologiques majeures et même vitales et il se trouve que nous avons la chance d’en avoir suffisamment (et même trop pour le sodium). Comme quoi, la nature est (parfois) bien faite !

Source :

Rapport du Comité d’experts spécialisé « Nutrition Humaine » de l’Afssa sur l’enrichissement des aliments courants en vitamines et minéraux : conditions pour un enrichissement satisfaisant pour la nutrition et la sécurité des consommateurs, AFSSA – CES Nutrition Humaine, 8 novembre 2001

Category: Minéraux

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Entre trop peu et beaucoup trop : la juste dose !

 

 

Effets biologiques des oligoélémentsRésumé :

Trop peu d’un nutriment essentiel, résulte d’abord en malaises, puis en maladie, voire plus grave. A contrario, trop du même nutriment, peut entraîner des conséquences comparables ! Les services de sécurité alimentaire ont donc défini des ANC et des AMT pour la plupart des nutriments…

Une courbe éclairante, voire lumineuse !

Le livre « Les oligoéléments en médecine et biologie » fait apparaître une courbe très éclairante quant aux bienfaits et aux risques liés aux minéraux essentiels, courbe dont vous trouverez une copie ci-dessous.

Cette courbe illustre le fait que, pour la plupart des minéraux, il existe un apport quotidien variant dans des limites plus ou moins étroites (parfois très étroites, comme pour le sodium), permettant un fonctionnement optimal du corps humain. Ainsi, en-deçà ou au-delà de ces apports, des désordres importants voire létaux (mortels) peuvent apparaître en fonction du degré de sensibilité de chaque minéral.

 

 

On voit ainsi qu’un fonctionnement optimal du corps implique une précision certaine dans les apports de nutriments. Certes, le corps est capable, le plus souvent, de s’adapter, dans une certaine mesure à de légers manques : sinon il n’y aurait jamais de déficit, ni d’intoxication. Cette adaptation passe, en cas de léger déficit, par une certaine augmentation de l’absorption. Elle se fait, en cas de légers surplus en diminuant l’absorption. Au-delà, et rapidement, le fonctionnement du corps se dégrade progressivement.

 

En cas d’installation de déséquilibre, le corps va passer progressivement, et souvent insensiblement,

  • d’une situation d’excellent fonctionnement,
  • à une certaine adaptation,
  • à un fonctionnement sous-optimal non ressenti et nécessitant la mobilisation de ressources plus importantes (les minéraux sont des catalyseurs),
  • à des troubles plus ou moins nets entraînant des malaises et des signes de dysfonctionnement légers,
  • à des troubles graves touchant de plus en plus de processus vitaux…

 

Comme pour la plupart des malades chroniques, les symptômes repérables par la personne concernée n’apparaissent que tardivement alors que des dégâts importants auront commencé. Ainsi, en cas de déficit de calcium, le corps compense en prélevant dans le squelette. Pour assurer le bon fonctionnement des processus vitaux à court terme, il détruit progressivement la solidité à long terme des os, faisant le lit de l’ostéoporose. Ainsi, également, un surplus en sodium (sel de table) auquel nous sommes presque tous confrontés, entraîne d’une part une surcharge des reins, d’autre part une surcharge du cœur (pression artérielle en hausse) et des troubles divers comme une diminution de l’absorption du calcium, des maux de tête plus fréquents notamment…

 

 

 

Référence : CHAPPUIS, Philippe (coordinateur), « Les oligoéléments en médecine et biologie », Lavoisier Tech & Doc, Paris, 1991, 684 pages